Bonjour, j’ai une dissertation de philo à rendre dans 2 semaines, le sujet : Peut-on ne pas désirer rechercher la vérité ?
Je pense devoir davantage m’appuyer sur le lien entre vouloir et vérité, que sur la définition même de la vérité. Si vous avez des idées pour m’aider à nourrir cette dissertation (idée, concepts, thèse de philosophe), c’est avec plaisir. Merci beaucoup !😊
A mon avis, il faut donner plusieurs définitions de la vérité : scientifique, dogmatique, inconnue, nouvelle…
Pensez à Galilée ;-)
@thy07
Attention désirer n’est pas vouloir. En principe le désir à son origine dans un manque.
En outre je ne négligerais pas de cerner au plus près la vérité que nous pourrions désirer. En principe nous recherchons des vérités partielles, pratiques… Mais on peut aussi chercher une vérité sur l’homme, sur sa condition pour donner un sens à sa vie…
Ne néglige pas non plus le "peut-on" : le désir de vérité est-il inné en l’homme ou le résultat d’une éducation ?
Que représente le on ? un individu ? un groupe ?
On peut refuser la vérité pour bien des raisons en particulier parce qu’elle risque de remettre en cause un ordre établi. Quels seraient donc les motifs puissants qui pourraient nous lancer dans cette quête ?
Quel beau sujet !"Peut-on" ; interroge la possibilité de faire quelque chose / "doit-on": s’interroge sur la légitimité de l’acte (l’homme peut réaliser l’acte mais on se demande s’il a le droit de l’accomplir.)Ne pas: deux adverbes qui introduisent une négation totale. L’homme est-il capable de ne pas éprouver un désir lancinant de connaitre la vérité? peut-il le contrôler, le réprimer? Ce désir est-il réfléchi, instinctif ? Qu’est-ce qui le distingue du besoin? Désirer: le désir est différent du besoin. Le désir est un trait définitionnel de l’homme, il est manque ontologique et "conatus", force, faim qui poussent l’homme à agir pour le satisfaire. Mais l’indétermination de l’objet qui peut le combler le rend insatiable. (il suffit de lire la vision de Schopenhauer et de Spinoza pour avoir une idée sur le "désir"). Désir: tendance spontanée et consciente vers une fin avec représentation de cette fin./ Mouvement instinctif qui traduit chez l’homme la prise de conscience d’un manque, d’une frustration. Besoin: naturels et nécessaires, naturels et non nécessaires.(lis Epicure, Lettre à Ménécée) Rechercher: c’est une quête continuelle (attention au préfixe "re" soulignant le mouvement itératif de l’action)La vérité: la valeur généralisante du déterminant défini "la" détermine le sens . Le mot vérité réfère à ce qui est conforme à la réalité/ qui existe dans la vie réelle (elle s’oppose à l’imagination). => elle réfère à ce qui est vrai (ce qui satisfait aux lois de l’esprit et de la raison/ on ne peut douter de sa nature) par opposition à ce qui est faux. => La vérité transcendante (Dieu)/ vérités humaines qui sont relatives La vérité est-elle synonyme de connaissance? Y a-t-il une seule vérité, plusieurs vérités? Connaissance: Acte de la pensée qui saisit un objet par les sens ou non avec implication plus ou moins grande du sujet de la connaissance.Vérité : Connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime.Problématique: l’homme peut-il réprimer son désir de rechercher la vérité? le désir de rechercher la vérité est-il Proposition d’un plan:I- Non nous ne pouvons pas ne pas désirer rechercher la vérité: 1- ce désir est un trait définitionnel de sa nature: Aristote: « Tous les hommes désirent naturellement savoir »2- la vérité donne du sens à son existence :II- Mais ce désir de rechercher la vérité fait le malheur de l’homme:1- La vérité confronte l’homme au tragique de son existence :Œdipe et le poids de la vérité: il a tué son père et a épousé sa mère. (parricide/ régicide/ inceste )2- La vérité révèle à l’homme la multiplicité des vérités :Schopenhauer: la vérité varie selon la subjectivité de tout un chacun « Le monde est ma représentation »III- Substituer l’amour de la vérité au désir de la rechercher:1- via un mouvement ascendant:Platon: les paliers de la connaissance qui passe du sensible vers l’intelligible. (j’espère que je ne dis pas debêtises)2- trouver le juste milieu entre le scepticisme et l’enthousiasme que provoque le désir de rechercher la vérité :Locke: "Celui qui voudrait faire son devoir d’amant de la vérité […] d’abord il ne doit pas aimer une opinion ou la désirer vraie avant de savoir qu’elle l’est" (Conduite, § 10 et 11, p. 46)Attendez les avis des experts.
J’ai cité Galilée… mais n’oublions pas Pascal…
De même que d’autres scientifiques "écartelés" entre la "vérité" que leur impose l’expérience et celle de leurs propres convictions, qui parfois conviennent, qui parfois ne conviennent plus.
C’est effectivement un beau sujet. Il faudra sans doute une référence à Platon et Lucrèce si on s’en tient aux "Anciens"… mais je pense qu’il ne faut pas ne s’en tenir qu’aux "Anciens". Et d’un autre côté, peut-être une ouverture vers cet adage : "toute vérité est-elle bonne à dire" ?