Bonjour à tousJ’ai une analyse linéaire à faire autour d’une fable : Le renard et les raisins.Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,Mourant presque de faim, vit au haut d’une treilleDes raisins mûrs apparemment,Et couverts d’une peau vermeille.Le Galand en eût fait volontiers un repas ;Mais comme il n’y pouvait atteindre :« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »Fit-il pas mieux que de se plaindre ?J’ai fait un premier travail dessus. Pourriez-vous me dire ce que vous en pensez et m’aider à comprendre là où je sèche un peu ? Merci ;-)Niveau de langageLa fable à pour niveau de langage un langage soutenu car les formes des verbes sont généralement au passé simple et le vocabulaire est assez riche.RegistreCette fable a un registre à la fois comique et pathétique. Construction des phrasesLa longueur des phrases est assez courtes. 12 à 8 syllabes.Étude du vocabulaireLe vocabulaire est assez riche notamment, tout d’abord, avec les mots «Gascon» et «Normand» au vers 1 qui signifient ici dans le texte quelqu’un de vantard, fanfaron et querelleur et quelqu’un de renfermé et rusé. Nous trouvons également dans le vers 2 le mot «treille». Nous avons aussi le mot «Galant». Et pour finir «goujats» Effet sonoreNous pouvons remarquer dans le premier vers une allitération avec le son [s] : «Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand».Alors voilà où j’ai un peu plus de mal : Pourriez-vous m’expliquer :Le découpage du texte ?Le style ?La posture ?Les figures de style ?Les versifications ?Merci à tous ;-)
La Fontaine, Le Renard et les Raisins
9 réponses
La longueur des phrases est assez courtes. 12 à 8 syllabes.
Les phrases sont plus longues car elles peuvent se poursuivre sur plusieurs vers. Ce que tu as noté, c’est la longueur des vers.
Sur le plan de la forme, on peut noter quelques constructions assez rares ou vieillies comme "Certain renard" au lieu de "un certain renard", "il n’y pouvait atteindre" au lieu de "il ne pouvait y atteindre", "fit-il pas" au lieu de "ne fit-il pas".
On peut aussi noter, sur le plan typographique, l’utilisation de majuscules à Renard, Gascon et Normand qu’on ne mettrait plus aujourd’hui.
@soso587
Ta demande est confuse. Que recherches-tu ? Une méthode pour mener une analyse linéaire ? Des pistes préalables ? Un questionnement qui précède l’analyse elle-même ?
Sur tes premières remarques :
Niveau de langage
Je ne retiendrais pas le passé simple, temps ordinaire du récit. En revanche je noterais l’usage du conditionnel passé en lieu et place du conditionnel présent, l’emploi de l’adjectif "vermeille".
Registre
Le registre est certainement comique mais pas du tout pathétique (qui provoque l’apitoiement, les larmes, décrit la douleur).. Sans doute ironique (antiphrase et exagération).
Construction des phrases
Là, il faut aborder la versification (types de vers, présence éventuelle d’enjambements, écarts par rapport à une énonciation prosaïque…)
Étude du vocabulaire
Il faut commencer par les champs sémantiques et réaliser un classement thématique.
Effet sonore
Une allitération plus marquante en M et R :
Mourant presque de faim, vit au haut (hiatus à noter) d’une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Qu’appelles-tu posture ?
Merci à vous pour vos remarques qui m’aident à comprendre un peu mieux l’analyse de cette fable.
Pour la posture Jean-Luc, justement je ne sais pas… c’est un peu brouillon pour moi.
Pourriez-vous m’aider à y voir plus clair pour m’expliquer plus facilement ce qu’est
Le découpage du texte ?
Le style ?
Les figures de style ?
Les versifications ?
Merci pour votre aide précieuse
@soso587 D’abord commencer toute analyse par une caractérisation du texte https://www.etudes-litteraires.com/fiches-methode/caracteriser-texteensuite utiliser une méthode de lecture https://www.etudes-litteraires.com/commentairecomme il s’agit d’une analyse linéaire, le résultat des lectures sera organisé selon un découpage linéaire (et non thématique).Ici, il s’agit d’un apologue (court récit assorti d’une morale explicite ou implicite), donc le découpage est assez évident1 le portrait du personnage2 le décor et la difficulté à résoudre3 la réponse du renard + une leçon de sagesse ambiguë.Le style, ici, doit mettre en valeur l’art du récit. La Fontaine vise à l’essentiel. Les figures de style viennent renforcer le propos. Par exemple les allitérations précédemment citées mêlent le désir des M (moelleux) opposé à la rudesse de la tâche (les R).Pour la versification, regarde https://www.etudes-litteraires.com/versification/vers https://www.etudes-litteraires.com/versification/Ici mélange d’alexandrins (plus solennels) et d’octosyllabes (ces derniers se retrouvent surtout dans le récit lui donnant une certaine vivacité).Pour la posture, je pense qu’il s’agit des intentions de l’auteur. Ici, une volonté didactique selon l’art antique du placere, docere, plaire pour instruire. Note également que La Fontaine ne prend pas position sur l’attitude du renard. Il finit par une interrogation, laissant le lecteur décider : sagesse du renoncement ? manque de courage de celui qui déprécie ce qu’il ne peut atteindre ?
Il n’empêche que le dernier vers n’est pas une interrogation pleine, mais une interrogation rhétorique appelant la réponse "Si, il fit mieux que de se plaindre…"
@Jehan
Pas si évident que ça, cf Perrault dans Parallèles des anciens et des modernes, IVème dialogue
" Quel plaisir ce vers ne fait-il point à l’imagination ! Comme la feinte indifférence que le Renard témoigne pour les fruits où il ne peut atteindre peut venir aussi bien de prudence que de fierté, cette circonstance pouvait-elle s’exprimer plus agréablement et plus poétiquement ? "
La Fontaine suggère que le renoncement est meilleur que la plainte stérile, mais il ne se prononce pas sur l’intention.
Merci pour vos réponses et votre aide.
Je vois que vous avez plus d’expérience littéraire que moi. J’espère moi aussi un jour arriver à vos niveaux.
Nous aussi nous avons appris en notre temps. Aujourd’hui nous sommes heureux de partager ce que nous croyons savoir.



