Bonjour tout le monde
Je suis à la recherche de livres, romans, textes du XVII…qui traitent de ces thématiques : voyage, exotisme, utopie.
Ça sera parfait si le texte/ livre parle de ces trois thématiques.
19 réponses
Bonjour tout le monde
Je suis à la recherche de livres, romans, textes du XVII…qui traitent de ces thématiques : voyage, exotisme, utopie.
Ça sera parfait si le texte/ livre parle de ces trois thématiques.
Du XVIIe ? Plus simple pour le XVIIIe ;-)
Peut-être voir ici :
Voyager dans les récits de voyages imaginaires du XVIIe siècle : pourquoi pas ? | Odysseum (education.fr)
Récits de voyages marchands dans la seconde moiti… – Études littéraires – Érudit (erudit.org)
Bonjour @vemissa Pour les voyages, les incontournables relations de Bernier et Tavernier qui ont inspiré Montesquieu et Voltaire notamment https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bernier_%28philosophe%29 https://www.teheran.ir/spip.php?article1040Ne pas oublier bien sûr Les mille et une Nuits dans la traduction de Galland pour l’exotisme.Pour l’utopie https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cit%C3%A9_du_SoleilPour l’utopie et le voyage imaginaireL’Histoire comique des États et Empires de la Lune (1657) de Cyrano de Bergerac
Sur l’utopie au XVIIe siècle, tu peux trouver des pistes ici : https://shs.cairn.info//revue-dix-septieme-siecle-2010-2-page-335.htmet aussi là : https://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=241J’avoue découvrir ce thème à cette époque. À part peut-être Thomas More, et encore, ses écrits datent du XVIe siècle ! Une intéressante et très détaillée histoire de l’utopie et des phalanstères est disponible au Familistère Godin, à Guise. On peut y passer quelques journées… De plus, le lieu est magnifique.
Bonsoir à vous tous.
Merci beaucoup pour ces suggestions. Il y a des noms et des livres que je découvre pour la première fois. 😊
L’Histoire comique des États et Empires de la Lune (1657) de Cyrano de Bergerac : oui !!! Souvenir ému de cet ouvrage dont un extrait m’a valu un prix au CG 😎
La difficulté pour toi, Vemissa, risque d’être de trouver les textes édités… Mais bon, GALLICA est ton ami !
Bonjourje suis en train de lire le livre de Cyrano de Bergerac, L’Autre Monde ou Les États et Empires de la Lune. Je suis admirative devant la modernité du livre, qui me semble-t-il , est l’un des premiers romans de science-fiction. Bref, il y a un passage qui a attiré mon attention. J’aimerais bien connaitre les marques de l’exotisme dans ce texte:Une de ces bêtes hommes m’ayant saisi par le col, de même que font les loups quand ils enlèvent une brebis, me jeta sur son dos, et me mena dans leur ville. Je fus bien étonné, lorsque je reconnus en effet que c’étaient des hommes, de n’en rencontrer pas un qui ne marchât à quatre pattes.Quand ce peuple me vit passer, me voyant si petit (car la plupart d’entre eux ont douze coudées de longueur), et mon corps soutenu sur deux pieds seulement, ils ne purent croire que je fusse un homme, car ils tenaient, eux autres, que, la nature ayant donné aux hommes comme aux bêtes deux jambes et deux bras, ils s’en devaient servir comme eux. Et en effet, rêvant depuis sur ce sujet, j’ai songé que cette situation de corps n’était point trop extravagante, quand je me suis souvenu que nos enfants, lorsqu’ils ne sont encore instruits que de nature, marchent à quatre pieds, et ne s’élèvent sur deux que par le soin de leurs nourrices qui les dressent dans de petits chariots, et leur attachent des lanières pour les empêcher de tomber sur les quatre, comme la seule assiette ou la figure de notre masse incline de se reposer.Ils disaient donc (à ce que je me suis fait depuis interpréter) qu’infailliblement j’étais la femelle du petit animal de la reine. Ainsi je fus en qualité de telle ou d’autre chose mené droit à l’hôtel de ville, où je remarquai, selon le bourdonnement et les postures que faisaient et le peuple et les magistrats, qu’ils consultaient ensemble ce que je pouvais être. Quand ils eurent longtemps conféré, un certain bourgeois qui gardait les bêtes rares supplia les échevins de me prêter à lui, en attendant que la reine m’envoyât quérir pour vivre avec mon mâle.On n’en fit aucune difficulté. Ce bateleur me porta en son logis, il m’instruisit à faire le godenot, à passer des culbutes, à figurer des grimaces ; et les après-dînées faisait prendre à la porte de l’argent pour me montrer. Enfin le ciel, fléchi de mes douleurs et fâché de voir profaner le temple de son maître, voulut qu’un jour, comme j’étais attaché au bout d’une corde, avec laquelle le charlatan me faisait sauter pour divertir le badaud, un de ceux qui me regardaient, après m’avoir considéré fort attentivement, me demanda en grec qui j’étais. Je fus bien étonné d’entendre là parler comme en notre monde. Il m’interrogea quelque temps ; je lui répondis, et lui contai ensuite généralement toute l’entreprise et le succès de mon voyage. Il me consola, et, je me souviens qu’il me dit :« Eh bien ! mon fils, vous portez enfin la peine des faiblesses de votre monde. Il y a du vulgaire ici comme là qui ne peut souffrir la pensée des choses où il n’est point accoutumé. Mais sachez qu’on ne vous traite qu’à la pareille, et que si quelqu’un de cette terre avait monté dans la vôtre, avec la hardiesse de se dire homme, vos docteurs le feraient étouffer comme un monstre ou comme un singe possédé du Diable. »Il me promit ensuite qu’il avertirait la cour de mon désastre ; il ajouta qu’aussitôt qu’il m’avait envisagé, le cœur lui avait dit que j’étais un homme parce qu’il avait autrefois voyagé au monde d’où je venais, que mon pays était la lune.De quel temple parle-t-il? il est chez le bourgeois.que veut dire le mot "vulgaire" dans ce contexte ? Ce qui est passionnant dans ce texte c’est le jeu de miroir entre Dyrcona et les séléniens: les deux se considèrent avec étonnement. Le regard acquiert une fonction puisqu’il détermine le rapport qu’entretient l’homme avec l’autre différent. peut-on dire qu’il s’agit d’un récit d’aventures ?
Bonsoir Vemissa,Je pense que "vulgaire" a ici son sens étymologique premier : ce qui est relatif "à la foule", populaire.C’est très certainement un récit d’aventures, de la même façon que peuvent l’être les Voyages de Gulliver (1721), Robinson Crusoé (1719), ou encore les Aventures du baron de Münch(h)ausen (vers 1785)… ou plus tardivement les oeuvres de Jules Verne… et, éventuellement mais bien plus antérieurement celles d’Homère (l’Odyssée, l’Iliade) ou de Virgile (l’Enéide). Les experts en discuteront ;-)
Merci Dudule
C’est juste que je lis avec prudence certains mots, concepts…. En tout cas, j’aime bien le texte et le livre. ^_^
Quelle pourrait être la portée philosophique de ce texte ? en a-t-il une ? j’ai l’impression qu’il dénonce un peu la condition des animaux qu’on maltraite.
L’exotisme me semble un prétexte pour dénoncer l’ethnocentrisme de l’homme qui a tendance à regarder d’un œil méfiant tout ce qui est différent.
N’y a-t-il pas de caricature ici ?
J’attends Vos avis.
Il y a très longtemps que j’ai lu ce texte, que j’ai un peu oublié ;-) Mais je pense qu’il n’y a pas vraiment de référence à la condition des animaux (ce n’était pas une priorité de l’époque ;-). Une comparaison entre deux systèmes politiques de gouvernement/gouvernance qui sont "simplement" différents. Par contre, à l’époque, "l’exotisme" a souvent été le prétexte caché et "discret" à la critique des systèmes ou gouvernements en place. Typiquement, Montesquieu et ses Lettres persanes (1721) : Montesquieu a pris grand soin de le faire publier en Hollande… san
@vemissa
Il ne faut pas oublier que Cyrano de Bergerac est un "libertin" philosophique, un esprit qui conteste la doxa chrétienne de son temps. Il le fait par des moyens détournés. C’est un précurseur des "philosophes" du siècle des Lumières. Ses propos sont très subversifs. Il utilise un monde à l’envers comme dans la Planète des singes au XXe siècle. Son but est de relativiser la prétendue supériorité de la race humaine et de réfuter sa position biblique de reine de la création.
Merci @dudule. Merci @Jean-Luc .
J’ai lu quelque part qu’il est un libertin qui prise le matérialisme.
Donc on peut dire qu’il brosse un portrait caricatural de l’homme.
J’ai une autre question : y a-t-il dans ce texte un peu de burlesque ? ( je ne maîtrise pas cette notion. Pourtant j’ai lu plusieurs articles qui la définissent. Mais ce n’est pas clair pour moi).
@vemissa
Oui c’est un portrait caricatural de l’homme.
Le burlesque ou registre contre-épique n’est pas présent dans ce texte. Il s’agit plutôt du registre satirique.
Le burlesque consiste
soit à traiter d’un sujet épique en termes vulgaires,soit à traiter un sujet trivial dans une langue soutenue et pompeuse.@Jean-Luc Qu’en est-il du grotesque?
@vemissa
Pardon; je n’avais pas bien lu.
Le grotesque, qui est multiforme, est (pour simplifier)un mélange de comique ridicule produisant peur et répulsion. Le texte présente bien ces aspects : corps contrefaits, comportements bizarres, jugements à l’emporte-pièce, maltraitance, exploitation perverse de la "monstruosité"…
Merci @Jean-Luc. 🙏🏼
Ne peut-on pas parler d’uchronie dans ce texte?
N’a -t-il pas un coté apologétique?
@vemissa On ne peut pas parler d’uchronie parce qu’il n’y a pas de rattachement à un événement historique avéré. Le principe de l’uchronie est de réécrire l’histoire en lui faisant prendre un tournant fictif. Regarde le lien suivant pour en comprendre la teneur. https://www.etudes-litteraires.com/philip-roth-complot-contre-ameriqueLe côté apologétique est bien présent. Tu as là un précurseur du conte philosophique. Je pense notamment à Micromégas de Voltaire.
Merci beaucoup @Jean-Luc.