Le poète est souverainement intelligent, il est l’intelligence par excellence

Entraide scolaire

16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour

J’ai un DM sur la citation suivante :

 Dans une lettre (21/01/1856), Baudelaire affirme : « Il y a bien longtemps que je dis que le poète est souverainement intelligent, qu’il est l’intelligence par excellence, - et que l’imagination est la plus scientifique des facultés, parce que seule elle comprend l’analogie universelle, ou ce qu’une religion mystique appelle la correspondance. »

Expliquer et commenter en utilisant des exemples littéraires précis et variés.

J’ai bien compris le principe de correspondance/synesthésie etc cependant je ne sais pas vraiment comment commencer.Je pense citer Correspondances (Baudelaire), Opéra (Cocteau), Crépuscule (Apollinaire).

Si vous avez des pistes/idées n’hésitez pas à les partager.

Merci et bonne journée

Essayez de cerner toutes les implications du sujet, avant de penser à des références précises : cela ne peut que vous nuire, du moins à moyen terme. Baudelaire affirme que le poète est souverainement intelligent parce que son domaine est celui de l’imagination, qui serait la faculté la plus scientifique, en cela qu’elle comprend "l’analogie universelle", que les sciences sont incapables et d’approcher, et encore plus de saisir. Qu’y voyez-vous d’étonnant ? Peut-on, sans justification expresse, faire du poète un scientifique, sauf à profondément retravailler l’idée du scientifique ? Par ailleurs, il ne faut jamais qu’un terme du sujet (en l’occurrence, "correspondance") vous détourne de la structure qui le contient, soit le sujet, la seule dont vous devez vous soucier.

Il faudrait aussi voir comment doit se comprendre le terme "intelligent" et, peut être, revenir à son étymologie.

@Tchanka Bonjour,Baudelaire propose une définition de la poésie en y ajoutant, selon sa manière provocatrice à l’encontre du positivisme bourgeois, une affirmation paradoxale. Il fallait quand même oser rapprocher science avec poésie et religion. Les deux notions que Baudelaire entrechoque sont la rationalité (étroite) et l’intuition (créatrice). Le poète exilé essaie de retrouver le regard même de Dieu avec qui il est en concurrence (souverainement). Il tente de refaire le chemin de la connaissance en sens inverse. D’autres notions sont sous-jacentes : rejet d’une poésie descriptive, formelle, sentimentale ; rencontre subjective et intérieure (mystique) ; dépassement d’une réalité décevante.Un lien qui pourrait donner des idées https://le-souffle-creatif.com/2013/10/l-intuition-et-l-acte-creatif/

> @""#p581356 Essayez de cerner toutes les implications du sujet, avant de penser à des références précises : cela ne peut que vous nuire, du moins à moyen terme. Baudelaire affirme que le poète est souverainement intelligent parce que son domaine est celui de l'imagination, qui serait la faculté la plus scientifique, en cela qu'elle comprend "l'analogie universelle", que les sciences sont incapables et d'approcher, et encore plus de saisir. Qu'y voyez-vous d'étonnant ? Peut-on, sans justification expresse, faire du poète un scientifique, sauf à profondément retravailler l'idée du scientifique ? Par ailleurs, il ne faut jamais qu'un terme du sujet (en l’occurrence, "correspondance") vous détourne de la structure qui le contient, soit le sujet, la seule dont vous devez vous soucier.Merci pour votre réponse. Cependant, je ne comprends pas pourquoi les sciences ne peuvent pas comprendre "l’analogie universelle". Je pensais que les sciences reposaient justement sur des analogies "A est à B ce que C est à D".

Perso, je commencerais, comme sous-entendu un peu plus tôt, par explorer ce que Baudelaire entend par "intelligence".

> @""#p581417 https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/comment/581356#Comment_581356Merci pour votre réponse. Cependant, je ne comprends pas pourquoi les sciences ne peuvent pas comprendre "l'analogie universelle". Je pensais que les sciences reposaient justement sur des analogies "A est à B ce que C est à D".Il ne s’agit pas d’analogie objective et chiffrée mais d’analogie subjective, sensitive. On en revient à l’opposition paradoxale sciences et rationalité VS poésie et imagination.

merci à tous pour vos réponses qui me sont d’une grande aide

Bonjour,"L’analogie universelle", dans l’esprit de Baudelaire, est une référence au monde des idées platoniciennes. C’est la voie qu’il emprunte dans "Correspondances" pour aller au-delà de la réalité sensible. D’où l’usage généralisé des figures d’image, en particulier la métaphore globalisante. https://www.etudes-litteraires.com/baudelaire/

J’avoue avoir du mal à reproblématiser le sujet sans découper la citation (et donc sans oublier des parties). Au niveau du plan, je dois faire trois grandes parties (que je vais reformuler sous forme de trois grandes questions).I. L’intelligence du poète : sur quoi repose-t-elle ?II. L’imagination, la plus scientifique des facultés ?III. ????? (à définir, je ne sais pas encore).

Pour la problématique, la question probable est : La poésie a-t-elle pour fonction de rendre le monde intelligible (en n’oubliant pas de préciser ce que recouvre ce terme) ?

Le plan résultant sera dialectique :

oui et pourquoi

mais avec ses limites

depuis Baudelaire, la poésie devient essentiellement autotélique avec ce regard nouveau.

merci de votre aide ! c’est très intéressant, je n’avais jamais entendu parler d’autotélisme avant !

Oui, c’était très intéressant de spéculer sur ce sujet.

Bonjour, je reviens vers vous car je suis en pleine rédaction de ma composition.

J’ai pu rédiger toute la première partie, sauf que j’arrive à la deuxième et je rencontre quelques difficultés. J’avais fait des recherches mais je me rend compte que mes idées sont plus adaptées à la dernière partie sur l’autotélisme. Je ne vois pas comment montrer les limites…

Bonjour,

Il est difficile de te conseiller sans savoir pour quel niveau tu produis cette dissertation.

J’imagine que c’est en lettres sup.

Quelles sont les limites d’une poésie "intelligente", au sens d’une voie de connaissance ?

D’abord le poète peut appliquer son talent à d’autres domaines que le mystère de l’univers : poésie engagée, lyrisme, jeux langagiers… (mais à mon avis à la limite du hors-sujet)

Plus intéressantes : l’hermétisme intellectuel d’un Mallarmé "Le sens trop précis rature /Tta vague littérature" , Moréas «la poésie symboliste : cherche à vêtir l’Idée d’une forme sensible qui, néanmoins, ne serait pas son but à elle-même, mais qui, tout en servant à exprimer l’Idée, demeurerait sujette, » ce qui suppose « un style archétype et complexe : d’impollués vocables, la période qui s’arcboute alternant avec la période aux défaillances ondulées, les pléonasmes significatifs, les mystérieuses ellipses, l’anacoluthe en suspens, tout trope hardi et multiforme. »

l’académisme symboliste avec la codification des symboles, par exemple le cyprès est lié au cimetière et à la mort…

les analogies déroutantes d’un Rimbaud, Lautréamont (voir la fameuse affirmation : « Beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection »., le surréalisme…

la revendication ,d’un retour à une réalité ordinaire toute simple : Rhéda, Delerme, dans une certaine mesure Ponge…

Merci beaucoup, j’ai pu rédiger ma seconde partie grâce à vos conseils