Bonjour,Je viens de débuter l’ancien français, et j’ai beaucoup de retard car je rentre en licence 3 et je n’en ai jamais fait auparavant. Est-il attendu des étudiants qu’ils traduisent des textes sans aucun dictionnaire ? Cela me paraît très difficile, mais est-ce que cela vous semble normal ?Auriez-vous des conseils pour apprendre à traduire l’ancien français, à reconnaître les mots s’il vous plaît ? Un ouvrage de vocabulaire spécifique à conseiller ?Merci beaucoup Lou.
Doit-on traduire un texte en ancien français sans dictionnaire ?
10 réponses
Je ne suis pas spécialiste, et vous trouverez sans doute plein de choses sur internet, plus ou moins exactes.Je peux vous suggérer, dans un premier apprentissage, le "Dictionnaire de l’Ancien Français" par Algirdas Julien Greimas. Pour aller bien plus avant… vous avez toujours le Godefroy (il a 120 ans…)D’autres sources ici : Dictionnaire ancien français en ligne : langue du Moyen Âge LEXILOGOS
Le Dictionnaire de l’Ancien Français d’Algirdas Julien Greimassans les cours qui vont avec, je me suis un peu cassé le nez dessus. Trop d’interprétations, trop de variantes - selon moi - pour s’y retrouver sans guide. C’est sans doute un outil intéressant pour ceux qui ont étudié l’Ancien Français à un bon niveau. Celui en ligne est peut-être un peu plus accessible, mais personnellement j’ai tendance à surfer d’entrées en entrées par curiosité, ce qui n’est pas très efficace.
La question est surtout de savoir ce que l’on entend par "ancien français", ce qui explique peut-être la remarque "trop d’interprétations, trop de variantes" que je comprends tout à fait. Combien de fois ai-je dû, en paléographie, me tourner vers un dictionnaire pour vérifier que le mot lu existait (ou pas) bel et bien à l’époque du texte !
J’ai signalé le GREIMAS, qui a l’avantage d’être un accessible. Je peux rajouter le GRANDSAIGNES d’HAUTERIVE (j’ignore si on le trouve encore). GODEFROY est un peu à l’ancien français (mais pas d’éditions de poche, vu la taille de la chose !) ce que GAFFIOT est au latin classique, ou BAILLY au grec.
L’important, dans la pratique, à votre niveau et à mon sens, n’est pas vraiment de choisir un dictionnaire particulier : il faut surtout en choisir un qui vous convienne et que vous pouvez apprivoiser rapidement. Oui.. un dictionnaire… cela s’apprivoise : les meilleurs vous donneront tout, pour peu que vous sachiez les paginer dans le bon sens du mot ;-)
Bonsoir,
Merci beaucoup pour cette recommandation de dictionnaire…Je vais m’en procurer un.
Si j’ai bien compris, il ne faut donc pas "apprendre" un dictionnaire mais plutôt bien le connaître et l’apporter le jour de l’épreuve ? Est-ce que les professeurs universitaires l’autorisent généralement ? Merci pour vos indications.
Il vous faut aussi acquérir une grammaire de l’ancien français indispensable pour comprendre les principes de notre ancienne langue ; il en existe plusieurs, de différentes tailles ; il y en a même en ligne, généralement assez anciennes, mais au fond, l’ancien français vu du XIXe siècle n’est pas bien différent de l’ancien français vu d’aujourd’hui. Pour la pratique, je vous recommande d’acheter des éditions bilingues de textes en ancien français ; ça vous habituera à lire beaucoup sans trop de difficultés ; petit à petit, vous vous habituerez à reconnaître les mots qui reviennent souvent. Un dictionnaire reste bien sûr indispensable. Vous en trouverez plusieurs en ligne mais le DMF, accessible par le portail du CNRTL, est très bien.Exemple avec la rubrique "mais" :https://www.cnrtl.fr/definition/dmf/mais1?idf=dmfXrmXmotsgrammaticauxXi;str=0
Je renchéris sur la lecture des éditions bilingues avec la translation en regard du texte original. Gallimard a a publié d’excellentes ces trente dernières années dans La Pléiade, mais bien d’autres éditions savantes ou plus accessibles existent.
Je renchéris sur le renchérissement ;-) Le "problème" de ces éditions est qu’elles relèvent de tirages un peu limités, et ne sont donc pas toujours à des tarifs très attractifs ;-)
La remarque que j’avais faite sur les dictionnaires s’applique également aux grammaires : choisissez-en une, et tenez-y vous (même si vous pouvez en consulter d’autres ponctuellement). Là aussi, il faut "l’apprivoiser" : en comprendre structure et construction, les choix faits dans les index ou mots--clés, etc… Tout cela pour aller plus vite quand on cherche un point précis. A force de la pratiquer… vous saurez immédiatement où chercher quoi ! C’est comme pour les dictionnaires, quand je dis "apprivoiser", il faut bien en comprendre tous les "codes" utilisés (les abréviations, la structure/organisation des différentes entrées, le choix des exemples/citations cités - si c’est un bon ouvrage, ces choix n’ont absolument rien d’anodin - , etc…).
Merci beaucoup pour vos réponses.
Pour la grammaire, je pense utiliser les cours proposés par la professeure de l’université, il me semble qu’elle nous donne toutes les clés essentielles pour réussir. J’ai déjà commencé par revoir les bases par ce biais : flexions des substantifs, différences selon les bases, ce qu’est un cas régime…Cela dit, il serait peut être intelligent de me procurer une grammaire, au moins pour faire des exercices supplémentaires.
Je vais tâcher de lire en ancien français très régulièrement, avec des éditions bilingues, et de me familiariser avec un dictionnaire !
À votre avis, est-ce que six mois sont suffisants pour être capable de traduire des textes simples ? J’avoue que je suis assez inquiète compte tenu des attentes qui me paraissent élevées.
À raison de huit heures de travail par semaine environ durant le semestre, et plutôt cinq durant l’été (pour vous donner une indication réaliste)
A mon avis… (mais je ne suis pas du tout dans ce domaine) : lisez, oui, toujours, et commencez par ce qui vous plaît le plus dans les textes d’ancien français. Et la grammaire choisie, quelle qu’elle soit, feuilletez-la, au gré du vent des vacances : il faut la lire, la relire, mais plutôt, au début, la parcourir, y revenir, piocher dedans…



