Bonjour pouvez vous me dire quelle note j’aurais si j’ai fais ce plan et cette pb au bac aujourd’hui :
Comment ce texte déroute le lecteur ?
1) Une place importante accordée aux forêts
1.1) Une description de la forêt
1.2) La forêt qui éduque les neufs fils
2) Des personnages dont on n’ignore la majorité des choses
2.1) Des héros impersonnels (on ignore leurs nom, leur âge et leurs pensées)
2.2) des personnages qui cohabitent avec la nature au lieu de la dominer
3) une chronologie déconstruite
3.1) un cadre spatio-temporelle floue
3.2) une histoire raconter dans le désordre (on apprend à la fin pourquoi ils vivent dans la forêt…)
Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.
Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles1 que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires2 creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.
La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.
1 Venelles : petits sentiers.
2 Séculaires : qui existent depuis cent ans ou davantage.
Merci de votre aide



