A mon humble avis, je pense que ce que Malraux veut dire par là, c'est que le personnage voit son histoire réduite au contexte du roman, très peu d'antécédents sans rapports sont évoqués généralement. On prend donc différemment les personnes dans un roman que dans la réalité. Le personnage est facile à comprendre puisque peu de données rentrent en compte, la personne possède quant à elle un vécu sur des années entières, et il semble prétentieux que d'affirmer comprendre tout ce que fait et la manière dont cette personne interprète les événements.
Il faudrait selon moi donc, vous pencher plus vers ce qu'amène ces différences de vécu, d'experience pour comprendre le personnage comme notamment l'interprétation différente des propos. Je peux peut-être également ajouter que le personnage a été conçu pour un événement particulier, tout est méticuleusement calculé, après avoir fermé le roman, on sait tout du personnage, du moins le nécessaire pour le comprendre dans le contexte dans lequel il évolue. Ce qui n'est pas le cas de la personne, sur son front n'est pas écrit toute sa vie…
En espérant avoir aidé, et en espérant également ne pas m'être trop trompé si c'est le cas =) Voici juste mon interprétation pour ce sujet.
Pouvez vous donner un plan qui complèterait celui énoncé.
Merci
Jacquot
La souris prise était bien chétive; mais le chat se réjouit même d'une souris maigre. Qu'était-ce que les Thénardier?
Disons-en un mot dès à présent. Nous compléterons le croquis plus tard.
Ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l'ouvrier ni l'ordre honnête du bourgeois.
C'étaient de ces natures naines qui, si quelque feu sombre les chauffe par hasard, deviennent facilement monstrueuses. Il y avait dans la femme le fond d'une brute et dans l'homme l'étoffe d'un gueux. Tous deux étaient au plus haut degré susceptibles de l'espèce de hideux progrès qui se fait dans le sens du mal. Il existe des âmes écrevisses reculant continuellement vers les ténèbres, rétrogradant dans la vie plutôt qu'elles n'y avancent, employant l'expérience à augmenter leur difformité, empirant sans cesse, et s'empreignant de plus en plus d'une noirceur croissante. Cet homme et cette femme étaient de ces âmes-là.
Le Thénardier particulièrement était gênant pour le physionomiste. On n'a qu'à regarder certains hommes pour s'en défier, on les sent ténébreux à leurs deux extrémités. Ils sont inquiets derrière eux et menaçants devant eux. Il y a en eux de l'inconnu. On ne peut pas plus répondre de ce qu'ils ont fait que de ce qu'ils feront. L'ombre qu'ils ont dans le regard les dénonce. Rien qu'en les entendant dire un mot ou qu'en les voyant faire un geste on entrevoit de sombres secrets dans leur passé et de sombres mystères dans leur avenir.
Ce Thénardier, s'il fallait l'en croire, avait été soldat; sergent, disait-il; il avait fait probablement la campagne de 1815, et s'était même comporté assez bravement, à ce qu'il paraît. Nous verrons plus tard ce qu'il en était. L'enseigne de son cabaret était une allusion à l'un de ses faits d'armes. Il l'avait peinte lui-même, car il savait faire un peu de tout; mal.
C'était l'époque où l'antique roman classique, qui, après avoir été Clélie, n'était plus que Lodoïska, toujours noble, mais de plus en plus vulgaire, tombé de mademoiselle de Scudéri à madame Barthélemy-Hadot, et de madame de Lafayette à madame Bournon-Malarme, incendiait l'âme aimante des portières de Paris et ravageait même un peu la banlieue. Madame Thénardier était juste assez intelligente pour lire ces espèces de livres. Elle s'en nourrissait. Elle y noyait ce qu'elle avait de cervelle; cela lui avait donné, tant qu'elle avait été très jeune, et même un peu plus tard, une sorte d'attitude pensive près de son mari, coquin d'une certaine profondeur, ruffian lettré à la grammaire près, grossier et fin en même temps, mais, en fait de sentimentalisme, lisant Pigault-Lebrun, et pour «tout ce qui touche le sexe», comme il disait dans son jargon, butor correct et sans mélange. Sa femme avait quelque douze ou quinze ans de moins que lui. Plus tard, quand les cheveux romanesquement pleureurs commencèrent à grisonner, quand la Mégère se dégagea de la Paméla, la Thénardier ne fut plus qu'une grosse méchante femme ayant savouré des romans bêtes. Or on ne lit pas impunément des niaiseries. Il en résulta que sa fille aînée se nomma Eponine. Quant à la cadette, la pauvre petite faillit se nommer Gulnare; elle dut à je ne sais quelle heureuse diversion faite par un roman de Ducray-Duminil, de ne s'appeler qu'Azelma.
Au reste, pour le dire en passant, tout n'est pas ridicule et superficiel dans cette curieuse époque à laquelle nous faisons ici allusion, et qu'on pourrait appeler l'anarchie des noms de baptême. A côté de l'élément romanesque, que nous venons d'indiquer, il y a le symptôme social. Il n'est pas rare aujourd'hui que le garçon bouvier se nomme Arthur, Alfred ou Alphonse, et que le vicomte – s'il y a encore des vicomtes – se nomme Thomas, Pierre ou Jacques. Ce déplacement qui met le nom «élégant» sur le plébéien et le nom campagnard sur l'aristocrate n'est autre chose qu'un remous d'égalité. L'irrésistible pénétration du souffle nouveau est là comme en tout. Sous cette discordance apparente, il y a une chose grande et profonde: la révolution française.
La dissertation est la suivante : André Maurois (1885-1967) écrit : "un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre. Dans la vie réelle, les êtres vivants sont des énigmes dangereuses"
Expliquez et discutez cette appréciation en vous fondant sur cet extrait et sur vos lectures !
comme plan j'ai mis :
I) Personnage + simple car il est construit avec un point de vue omniscient, beaucoup de description ..
II) On ne sait pas toujours ce que représente vraiment un personnage
(dans certaine mesure, déconstruction du personnage au XX siècle avec les nouveaux romans)
Bonsoir.
Où est ton début de travail ?
comme plan j'ai mis :
I) Personnage + simple car il est construit avec un point de vue omniscient, beaucoup de description ..
II) On ne sait pas toujours ce que représente vraiment un personnage
(dans certaine mesure, déconstruction du personnage au XX siècle avec les nouveaux romans)
Bonsoir
J'ai moi aussi une dissertation à faire sur la citation d'André Maurois. Je me demandais si il était possible de parler dans la partie these des personnages secondaires et d'arriere-plan qui sont eux aussi simplifié et sont présents pour mettre uen place une ambiance/atmosphère et donc contribuer a l'illusion romanesque?
Bonjour,
Oui, bien sûr.
Le sujet parle du héros romanesque et non du héros principal.
Bonjour j'ai une dissertation a faire sur le sujet suivant :
André Maurois a écrit : " Un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre dans la vie réelle, les êtres vivants sont des énigmes dangereuses " Discutez
J'ai pensé comme plan :
I En quoi un personnage de roman est simplifié et construit
-En quoi ?
- Pourquoi ?
II les êtres vivant sont des énigmes dangereuses
III existe-t-il des personnages qui sont des enigmes dangereuse ?
pouvez vous m'aider a completer mon sujet et m'aider a trouvé d'autres pistes ?
Merci d'avance !