Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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BonsoirJe voudrais m’assurer que j’ai bien saisi les idées de ce petit passage: Dans tout le cours de notre vie, nous ne possédons que le présent et rien au-delà. La seule différence, c’est, en premier lieu, qu’au commencement nous voyons un long avenir devant nous, et vers la fin un long passé derrière nous ; en second lieu, que notre tempérament, mais jamais notre caractère, parcourt une série de modifications connues, qui donnent chacune une teinte différente au présent. Dans l’enfance, nous sommes beaucoup plus portés vers la connaissance que vers la volonté. C’est là-dessus précisément que repose cette félicité du premier quart de la vie qui nous le fait apparaître ensuite derrière nous comme un paradis perdu. Nous n’avons, pendant l’enfance, que des relations peu nombreuses et des besoins limités, par suite, peu d’excitation de la volonté : la plus grande part de notre être est employée à connaître. L’intellect, comme le cerveau, qui, à sept ans, atteint toute sa grosseur, se développe de bonne heure, bien qu’il ne mûrisse que plus tard, et étudie cette existence encore nouvelle où tout, absolument tout est revêtu du vernis brillant que lui prête le charme de la nouveauté. De là vient que nos années d’enfance sont une poésie non interrompue. Car l’essence de la poésie, comme de tous les arts, est de percevoir dans chaque chose isolée l’idée platonique, c’est-à-dire l’essentiel, ce qui est commun à toute l’espèce ; chaque objet nous apparaît ainsi comme représentant tout son genre, et un cas en vaut mille. Notre vie est un présent continuel que nous ignorons pour penser au futur ou au passé selon les étapes de notre existence. Aussi est-il affecté par le développement de notre tempérament au fil du temps. L’enfance est l’âge de l’apprentissage car l’intellect se développe en percevant l’essentiel et en catégorisant les objets du monde.

@vemissa

Notre vie est un présent continuel que nous ignorons (le terme est trop fort, peut-être dont nous nous détournons) pour penser au futur ou au passé selon les étapes de notre existence. Aussi (je dirais "de plus") est-il (je répéterais ce "présent" pour éviter le renvoi fautif de il à vie, sujet de la phrase précédente) affecté par le développement de notre tempérament au fil du temps. (Il manque un lien logique, par exemple "Ainsi le présent de l’enfance") L’enfance est l’âge de l’apprentissage car l’intellect se développe en percevant l’essentiel et en catégorisant les objets du monde. (j’ajouterais "ce qui lui confère son charme poétique")

Merci beaucoup @Jean-Luc

Heureuse de voir que j’ai pas fait de contresens en reformulant l’idée des premières phrases.

Qu’est-ce qu’il veut dire par poésie non interrompue ?

Pour ma part, j’y vois deux sens :

le début de l’intellect qui n’a pas encore "mûri" dans le rationalisme,la capacité à aller à l’essentiel, "l’idée platonique", au cœur des choses et des êtres, au-delà des apparences.

En effet, la vie, avec toute son importance, s’offre à nous si neuve encore, si fraîche, avec des impressions si peu émoussées par leur retour fréquent, que, avec toutes nos allures enfantines, nous nous occupons, en silence et sans intention distincte, à saisir dans les scènes et les événements isolés, l’essence même de la vie, les types fondamentaux de ses formes et de ses images. Nous voyons, comme l’exprime Spinoza, tous les objets et toutes les personnes sous l’aspect de l’éternité. [….]Pendant que d’une part nous nous consacrons ainsi, avec tout notre sérieux, à la connaissance intuitive des choses, d’autre part l’éducation s’occupe à nous procurer des notions. Mais les notions ne nous donnent pas l’essence propre des choses ; celle-ci, qui constitue le fond et le véritable contenu de toutes nos connaissances, repose principalement sur la compréhension intuitive du monde. Mais cette dernière ne peut être acquise que par nous-mêmes et ne saurait d’aucune manière nous être enseignée. D’où il résulte que notre valeur intellectuelle, tout comme notre valeur morale, n’entre pas du dehors dans nous, mais sort du plus profond de notre propre être, et toute la science pédagogique d’un Pestalozzi ne parviendra jamais à faire d’un imbécile né un penseur: non, mille fois non! Imbécile il est né, il doit mourir imbécile. Merci beaucoup Jean-LucComment puis-je reformuler les expressions en gras? je n’arrive pas à trouver des synonymes adéquats.

Je pense que la première expression en gras évoque l’essence (idée platonicienne), ce qui perdure ou est invariable par opposition aux apparences contingentes et éphémères. En quelque sorte le regard de Dieu ou les yeux de l’âme.

La seconde oppose, à mon avis, l’intuition, qui est dynamisme vital, à la raison classifiante, mais stérilisante, parce qu’elle reste à la surface des choses.

Ce sont plutôt des reformulations que des synonymes.

Merci infiniment Jean-LucQu’est-ce qu’il veut dire dans cette phrase? Quoiqu’il semble que dans les scènes de notre jeune âge nous ne soyons occupés que de l’objet ou de l’événement actuel et encore en tant seulement que notre volonté du moment y est intéressée, au fond cependant il n’en est pas ainsi. En effet, la vie, avec toute son importance, s’offre à nous si neuve encore, si fraîche, avec des impressions si peu émoussées par leur retour fréquent, que, avec toutes nos allures enfantines, nous nous occupons, en silence et sans intention distincte, à saisir dans les scènes et les événements isolés, l’essence même de la vie.A quel âge réfère l’expression "notre jeune âge"?

Je crois que Schopenhauer veut réhabiliter l’attention enfantine. L’enfant paraît absorbé par l’événement ou son activité (surtout s’il y trouve son intérêt). Mais en fait, malgré les apparences, il ne focalise pas sur les aspects contingents de son expérience actuelle. Secrètement, (voire à son insu), il construit son rapport à l’existence.

Donc il n’est pas guidé par la volonté?

Plus exactement, la volonté de l’enfant est seulement engagée dans la réalisation de son activité du moment, pas dans l’élaboration de sa sagesse.