@vemissa
J’ai suggéré la piste de la mémoire involontaire parce que je ne l’avais pas relevée dans le plan, mais elle n’est pas à traiter dans le C2.
Pour A, je crois qu’il faut ajouter que l’enfant est méprisé ou tenu pour quantité négligeable, en tout cas sans intérêt (qui ne mérite pas d’être nommé). J’ai toujours été frappé par la réhabilitation de l’enfance dans le christianisme. Il ne faut pas oublier les sacrifices humains, souvent ceux d’enfants.
Le christianisme révèle un Dieu qui s’incarne d’abord comme un nouveau-né privé de parole, lui qui est le Verbe. Il révèle également que l’enfance est LE chemin d’accès au royaume des cieux. « Si vous ne redevenez pas comme des petits-enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux »’Évangile de saint Matthieu (Mt 18, 3) [2] L’enfance est donc une porte à rouvrir pour entrer dans le monde divin.
Il faudrait aussi regarder chez Rousseau ce qui concerne l’éducation de l’enfance, le respect de son autonomie, le refus du dressage. La raison de l’adulte ne peut imposer ses concepts à un être qui existe d’abord par ses sens et son affect.
Merci infiniment Jean-Luc.Je pense que les mots clés majeurs de cette citation sont "rien de ce qui se passe" et "nom". On peut se demander qu’est-ce qui se passe dans cette période de la vie? pourquoi elle n’a pas de nom? Ce qui se passe dans l’enfance: le développement du corps, de la conscience, du regard, des sentiments de l’enfant, de son rapport au monde et aux autres./ Mais il y a aussi la démesure de l’enfant, sa dépendance, sa fragilité vis-à-vis des autres, sa tyrannie,….Nom: réfère à l’acte de nommer qui est un acte sacré par lequel on donne une forme sémantique et conceptuelle à une notion. Tout ce qui se rapporte à l’enfance n’a-t-il pas de nom ou refuse-t-on de le nommer? pourquoi refusera-t-on de la nommer? qui refuse de la nommer?I- L’enfance est innommable car on la méprise :1- Elle est l’âge de l’ignorance:2- l’enfant est guidé par ses pulsions et son besoin d’éprouver du plaisir : II- Elle est ineffable :1- car tout se vit instantanément :2- Car les mots ne peuvent traduire l’étonnement de l’enfant devant le monde :III- Au lieu de la saisir par les mots, il faudrait la chercher par le cœur et la retrouver grâce à l’art:1- la mémoire involontaire ou la mémoire affective qui font de l’enfance un état d’âme :2- une écriture qui reste fidèle à la poésie de l’enfance:
Une "problématique" amusante (parce qu’à la limite de la parodie des codes universitaires) serait : de quoi l’enfance est-elle le nom ? Et cela vous donne plus de latitude, ensuite, dans le développement. En l’état, III est recevable ; si vous avez accès à une bibliothèque, il y a quelques pages de Marcel Conche, dans Orientation philosophique, sur l’enfance, qui pourraient vous intéresser (passim, mais plus précisément, dans le chapitre qui traite de la fin du "cosmos" à l’époque actuelle, dont le titre m’échappe). Il faut nuancer I davantage, pour faciliter la transition avec II. II-2 est juste (voir toutes les critiques adressées au langage, accusé de neutraliser la fluidité de l’existence).