Condorcet, Sur l’admission des femmes au droit de cité

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous ! J´ai une analyse linéaire que je dois présenter dans 3 jours sur un extrait de "Sur l’admission des femmes au droit de cité" de Nicolas de Condorcet. 

Ayant déjà trouvé la problématique et les mouvements (Voir pièces jointes) , je ne repère cependant presque aucun procédé pour justifier mes idées principales. 

Pourriez-vous m´aider à repérer des procédés ?

Votre aide me serait tellement précieuse… 

Voici l´extrait du texte porté à l´étude :

L’habitude peut familiariser les hommes avec la violation de leurs droits naturels, au point que parmi ceux qui les ont perdus, personne ne songe à les réclamer, ne croie avoir éprouvé une injustice. Il est même quelques-unes de ces violations qui ont échappé aux philosophes et aux législateurs, lorsqu’ils s’occupaient avec le plus de zèle d’établir les droits communs des individus de l’espèce humaine, et d’en faire le fondement unique des institutions politiques.

Par exemple, tous n’ont-ils pas violé le principe de l’égalité des droits, en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ? Est-il une plus forte preuve du pouvoir de l’habitude, même sur les hommes éclairés, que de voir invoquer le principe de l’égalité des droits en faveur de trois ou quatre cents hommes qu’un préjugé absurde en avait privés, et l’oublier à l’égard de douze millions de femmes ?

Pour que cette exclusion ne fût pas un acte de tyrannie, il faudrait ou prouver que les droits naturels des femmes ne sont pas absolument les mêmes que ceux des hommes, ou montrer qu’elles ne sont pas capables de les exercer. Or, les droits des hommes résultent uniquement de ce qu’ils sont des êtres sensibles, susceptibles d’acquérir des idées morales, et de raisonner sur ces idées ; ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d’un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens.

Voici ma problématique et mes mouvements :

En quoi le texte de Condorcet propose-t-il une réflexion universelle sur le thème de l’égalité ?

Mouvement 1 : Condorcet propose une hypothèse générale sur l’origine et les effets des injustices.

Mouvement 2 : Condorcet dénonce progressivement l’exclusion des femmes de la vie politique.

Mouvement 3 : L’auteur poursuit par une argumentation convaincante sur l’égalité entre les sexes et plus largement entre les individus.

Il ne me reste qu´à identifier les procédés, mais je n´en trouve pas…

Veuillez m´aider svp

Bonjour,Ce début d’analyse est bienvenu. Il peut être amélioré en te montrant plus précis. Par exemple, pour le 1, au lieu d’employer "hypothèse", cite clairement "l’habitude", ce confort intellectuel de la tradition…Tu cherches des procédés. Attache-toi à examiner comment ce texte argumentatif cherche à convaincre (usage de la raison) et à persuader (appel aux sentiments).Pour le premier aspect, recherche les connecteurs logiques qui structurent la démonstration et la rendent imparable. Le deuxième paragraphe utilise des interrogations oratoires…Pour le second, relève la force des mots : "violation" (2 fois), "exclusion", "tyrannie", "absolument", "abjuré"… Le 1er paragraphe utilise l’argument d’autorité avec "philosophes et législateurs". Étudie les rythmes : binaires pour la persuasion, ternaire pour la conviction. https://www.etudes-litteraires.com/versification/rythmesExemples : "celui qui vote contre le droit d’un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens." Rythme ternaire dont l’équilibre tue toute contestation."personne ne songe à les réclamer, ne croie avoir éprouvé une injustice." Rythme binaire qui renforce l’insouciance.

Bonjour,

Oui, comme te l’indique Jean-Luc, il faut te montrer plus précis, y compris sur ta problématique, à propos de ce texte qui confirme les qualités intellectuelles, scientifiques aussi bien que morales de cet homme novateur.

Le sujet en est précis même si le premier paragraphe semble se présenter sous la forme d’une introduction générale. Le sujet est bien : De l’admission des femmes au droit de cité. Jamais, et ce malgré le travail des philosophes et législateurs travaillant au bien et aux droits communs une vraie démocratie n’a réellement été envisagée, tant que les femmes n’exercent pas les droits de citoyenneté. Dans la Déclaration des droits de 1789, il dénonce le viol du principe de l’égalité en droits dont les femmes sont victimes, victimes consentantes ou inconscientes par la force de l’habitude. (Premier paragraphe)

Avec une logique toute scientifique, et irréfutable, il détruit cette logique commune qui vise à écarter les femmes des droits de cité. (Et si quelqu’un s’avise de dire que la femme est inférieure à l’homme, qu‘il n’y a pas de femmes de génie, il saura répondre que c’est le résultat de conduites iniques, que c’est parce que les femmes n’ont pas accès à l’éducation, que la plupart des hommes ne sont pas des génies, qu’il existe des femmes plus intelligentes que certains hommes auxquels on ne retire pas le droit de citoyen… )

Et dans le paragraphe 2, il ne le fait pas progressivement, mais directement, par l’exemple. Pour les procédés, les interrogations oratoires, l’appel à la raison, plus qu’aux sentiments d’ailleurs, à mon avis, Jean-Luc t‘a déjà bien guidé.

Il est vrai que le troisième paragraphe élargit le propos (« Ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ») Reste que le sujet essentiel de cet extrait précis est celui du droit des femmes.