On vous a en effet raconté des bêtises… Il ne faut pas prêter attention aux rumeurs, qui au mieux sont l’œuvre d’ignorants, au pire de frustrés.
Si vous consultez la page officielle des concours de l’éducation sur eduscol.gouv.fr, vous constaterez que CAPES et Agrégation externes imposent les mêmes conditions d’accès : un diplôme de niveau "bac + 5" (grade Master ou équivalent), sans aucune condition de discipline ou de spécialité. La suite relève de la compétence et de la préparation de chacun.
La plupart des certifiés et agrégés de lettres que je connais — et j’en connais un certain nombre — sont issus du parcours universitaire (pas toujours en lettres d’ailleurs). Je connais une agrégée effectivement passée par l’ENS.
Lorsque vous parlez des postes "prisés", vous vous projetez déjà fort loin. Il en va tout autrement dans le grand bain de la vie, votre parcours scolaire pourra y être fort secondaire… Bien entendu, les postes accessibles par concours pourront attirer des étudiants sortants de prépas ou de grandes écoles, puisqu’ils y auront été spécialement préparés. Cela dit, aucun concours de la fonction publique n’impose d’avoir fait de telles filières.
Le monde de l’édition est un monde est part : tout s’y fait par cooptation et endogamie, du moins pour les postes à responsabilités. La main-d’œuvre courante est souvent faite de stagiaires ou d’alternants, de petits contrats, d’indépendants mobilisés au gré des pics d’activité (freelance). Je n’ai connaissance d’aucune accointance particulière entre les anciens de prépas et le monde de l’édition. C’est même plutôt un secteur où on en croise assez peu.
Parmi tous les postes "privilégiés" (encore faut-il s’entendre sur le mot…) dans le domaine des lettres que je connais (directeur de maison d’édition, directeur de département,…), aucun ne sort de prépas. On trouve beaucoup d’anciens prépas parmi les enseignants de certains milieux, les inspecteurs de l’éducation nationale (IA-IPR, etc.),…
À terme, ce ne sont pas ces choses-là qui sont déterminantes. Vous subissez des contraintes, vous placez des obstacles, qui n’ont pas lieu d’être. Visez les fonctions ou concours qui vous intéressent, choisissez la meilleure voie pour y accéder en fonction de vos capacités et compétences (la distinction entre prépa et université est ici fondamentale, pour le 1er cycle). Surtout, soyez vous-même, cultivez vos affinités propres, construisez votre parcours de lecteur singulier et visez l’excellence, non par la grâce et la réputation de votre filière, mais par vous-même.