Bonjour à tous,Je suis en khâgne et je rencontre quelques difficultés avec mon sujet de philosophie qui s’intitule "Peut-on avoir raison tout seul ?". Voici mes premières pistes :Il me semble qu’il faut chercher à définir "avoir raison" : le pouvoir de formuler une vérité sans contradiction ?Selon mon professeur, ce qui est important dans cet énoncé, c’est le "tout seul". Je pense qu’il y a deux manières de comprendre le sujet. En effet, il ne faut pas confondre ce sujet avoir "Peut-on avoir raison seul contre tous ?". On peut avoir raison "tout seul", seul avec notre propre réflexion, sans discussion avec autrui (mais il y a une discussion avec notre propre conscience ?), c’est différent d’avoir raison tandis que les autres ont tort (on pourrait alors le prouver) comme cela peut arriver lors d’une invention ou d’une découverte scientifique (je pense à Galilée : "et pourtant, elle tourne !" ou à Pascal, préface sur le Traité du vide).Il faut aussi distinguer l’unanimité de l’opinion (accord de tous) et l’unanimité obtenue par la pensée, par la preuve. Je pense faire cette distinction dans la première partie. J’ai du mal à établir un plan, pour l’instant j’ai :I/ Non, il ne semble pas qu’on puisse avoir raison tout seul :A) Il faut distinguer "avoir raison tout seul" et "avoir raison seul contre tous" :B) Avoir raison seul contre tous est possible : découverte scientifique, preuve…C) Nécessité de la discussion : doxa VS vérité (Aristote)II/ Oui, on peut avoir raison tout seulA) Cette discussion nécessaire peut s’établir dans notre propre conscience :B) C)III/ Mais cela nécessite qu’on puisse penser par soi-même :A) Se libérer du paternalisme (Kant, Qu’est-ce que les lumières) :B) C)Voilà, j’ai fait de mon mieux mais je sais que j’ai du mal en philosophie et que je manque de références…En tout cas si vous pouviez m’aider ce serait vraiment gentil.Bonne journée à vous !
Peut-on avoir raison tout seul ?
5 réponses
Sapere aude — Wikipédia (wikipedia.org)
Et ne pas oublier Voltaire ;-) Ni Einstein ;-)
Bonjour,
N’oublie pas d’abord de définir exactement "avoir raison". En effet, la conformité à une réalité contingente ne signifie pas forcément être dans la vérité.
Ensuite, je te propose deux pistes de réflexion :
Si nous sommes correctement équipés pour raisonner, nous ne pouvons exercer pleinement ces potentialités sans une chaîne d’éducateurs (parents, maîtres, lectures, circonstances…) et l’inscription dans une culture donnée.Pour avoir raison, il faut argumenter, il faut, comme le disait Montaigne à propos des bienfaits des voyages, "frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui."Exactement : la notion de "chaîne d’éducateurs" est importante (cependant, je pense qu’on doit pouvoir trouver une meilleures formulation) : la relativité d’Einstein ou la physique quantique de Planck ou de Schrödinger, même s’ils l’ont construite sur leur bureau, ne sortent pas de rien… mais d’une profonde connaissance de toute l’antériorité accumulée depuis des siècles (Newton, Maupertuis, Lorentz, Poincaré…)… On peut faire "seul", sur un coin de table… mais tout repose à la base sur la compréhension des prédécesseurs et la capacité à en faire la synthèse. Je parle ici de sciences, mais il en est sans doute également de la littérature.
Vous devez vous efforcer de poser un problème, en conséquence de quoi votre plan n’est pas satisfaisant en l’état, et en conséquence de quoi votre traitement du sujet ne peut répondre aux exigences. On pourrait, à mon sens, partir du problème suivant parmi d’autres : en principe, on n’a pas de mal à imaginer qu’un unique individu ait raison sur tout. En pratique, c’est impensable. Est-ce alors un fait contingent (ce serait possible dans les faits) ou une nécessité qui tiendrait à tel ou tel aspect de la complexion humaine (alors ce serait bel et bien impossible) ?
D’autre part, et ces précisions sont nécessaires, autrement le traitement proposé n’adhérerait pas suffisamment à la lettre du sujet, "avoir raison" ce n’est pas "connaître la vérité" : la première expression contient une dimension polémique absolument absente de la seconde. Dès lors, peut-on réellement "avoir raison" si nous n’avons personne à convaincre, et personne à qui apporter la contradiction ? Quelle différence entre "avoir des raisons" (plus proche d’une dimension "objective") et "avoir raison" (à défaut de dire "subjective", d’une dimension qui du moins est tournée vers autrui et l’implique) ?



