Bonjour, Je me posais des questions sur les derniers vers d’un poème d’Olivier de Magny que voici:Anne, je vous supplie, à baiser apprenez, À baiser apprenez, Anne, je vous supplie, Car parmi les plaisirs qu’en amour on publie, Les baisers sont divins quand ils sont bien donnés. Je suis, et comme moi plusieurs sont étonnés, Ayant ainsi la bouche en beauté accomplie, Et de si bonne odeur l’ayant ainsi remplie, Qu’à baiser un peu mieux vous ne vous adonniez. Ce n’est pas tout que d’être ensemble bec à bec, Les lèvres se pressant d’un baiser toujours sec, Il faut que l’une langue avec l’autre s’assemble, Ores à son ami doucement la donnant, Ores à son ami doucement la prenant, La suçant, étreignant et mordant tout ensemble.J’ai du mal à comprendre la signification du "Ores" dans ce contexte. Les diverses acceptions du CNRLT ne me semblent pas convenir (https://www.cnrtl.fr/definition/ores)Je me suis demandée s’il ne s’agissait pas des Heures mythologiques (Ὧραι, Ō̂res) mais ce ne me semble pas convenir. Auriez vous une explication ou un synonyme à me proposer?Merci d’avance
Olivier de Magny, Anne, je vous supplie…
13 réponses
J’aurais spontanément pensé à une déesse membre du groupe "Ôres" ?
Posez éventuellement la question sur le fil "langues anciennes" ?
Ne vous semble-t-il pas que ores… ores a le sens de tantôt… tantôt indiqué dans votre lien ?
Je pense que Lamaneur n’a pas tort et a trouvé la solution.
Bonjour, merci pour vos réponse, il semblerait que ce soit bien cela. Je ne sais pas pourquoi, en testant cette option, ça ne me semblait pas fonctionner.
Par ailleurs, comment prononceriez-vous les "ores" dans e contexte? Plutôt comme "Or" ou "O-rès"?
Merci d’avance
Hum… le CNRTL indique [ɔ:ʀ] ("or"). Mais, on est en alexandrins. Si on veut les respecter à la fin, il faut prononcer : o-re-za-son ami… (désolé… je suis une bille en écriture phonétique).Simple interprétation de ma part…
Oui, c’est ça, on doit prononcer ici comme dans "dorezédéja", avec liaison et sans élider le e.
Merci! J’étais confuse car la récitation d’Eric Ruf avait quelque peu tronqué la fin du poème (qui ne correspond pas au texte original trouvé sur Gallica) et j’en avais trouvé une autre qui elle ne respectait pas le nombre de pieds! Le mystère est ainsi clos.
Quelle est la version qui ne respecte pas le nombre de pieds ?
Vous pouvez entendre la fin de l’enregistrement de Caroline Cler ici: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8807646s.media#
Merci pour ce lien. C’est extrêmement intéressant en fait. Le phrasé est instructif.
Elle ne fait pas la liaison entre "ores" et "à son ami". Mais elle met un "temps fort" (forte accuentuation) sur le "o" de "ores" et une très légère pause après le "r". Oserais-je appeler cette pause un "pied blanc" ? Qu’en penses-tu @Jehan ?
On peut trouver la récitation du texte par E. Ruf ici : Olivier de magny - anne, je vous supplie - YouTubeElle me laisse perplexe. Déjà, il y a de petites modifications par rapport au texte que vous indiquez :beauté accomplie ---> beautés accomplies ; bon… why not?adonniez ---> adonnez ; bon… why not? Quoi que le subjonctif, gouverné par "étonné" (?), me semble préférableMais surtout, sans même s’attarder sur les modifications faites à la dernière strophe, il lui manque un vers ! C’est dommage pour un sonnet du XVIe dont la structure 4/4/3/3 ou 4/4/6 me semble assez non négociable, surtout pour un disciple de Ronsard et de du Bellay ;-)Simple avis personnel… je ne suis absolument pas spécialiste du sujet !
[upl-image-preview url=https://www.zupimages.net/up/22/06/4fwr.jpeg]La source initiale contient en effet des coquilles, voici la "bonne" version. Je ne comprends pas d’où peut bien sortir le texte d’Eric Ruf, c’est pourquoi la version de Caroline Clerc me semble plus satisfaisante. Quoi qu’il en soit, cela n’a pas altéré le sens de ma question mais rend plus clair le sens du poème en lui même (hors cette histoire de pieds)



