La littérature doit-elle traiter de tous les sujets, y compris les plus révoltants ?

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour je suis en spé HLP et j’ai un essai littéraire a effectuer sur ce sujet, j’ai déjà établis un plan et j’ai besoin d’aide, enfin de quelqu’un pour me dire si mon plan est correct ou non. Voici mon plan :I- valeur historique, matériela- permet de restituer les faits passés (exemples: Mein Kampf et Journal d’Anne Franck)b- dénoncer (La Douleur de Margueritte DURAS)II- valeur morala- commémorative ? b- valeur thérapeutique (pour ceux qui ont vécu des atrocités, exemple torture) : permettre de guérir c- le tombeau : de tous ceux qui n’ont pas eu de sépulture : (exemple : les victimes de génocides)Pour la deuxième parti, je ne suis pas très sûr. Voilà merci d’avance.

Il manque une partie critique. L’interrogation appelle la discussion, qui manque dans ton plan. Tu réponds oui, en donnant des arguments. Mais la réponse pourrait être nuancée. Un ouvrage comme Les bienveillantes de Jonathan Littell, encensé en France, a également reçu nombre de critiques. Si tu n’as pas lu ce pavé de 900 pages, où l’on saute d’horreurs en horreurs, tu peux te reporter à Wikipedia qui donne des renseignements assez bons à mon sens.

Bonjour,Ton plan ne répond pas à la question posée.En effet, tu te bornes à défendre la thèse qui justifie ce droit.Tu devrais pourtant en examiner les limites.Que fais-tu du sadisme ? de la complaisance ? de la provocation ? de la haine et l’appel au crime ? de la gratuité prétendument esthétique ?En d’autres termes la peinture de la violence, de la cruauté, de la bestialité, de l’horreur est-elle toujours autorisée ? Dans quelles limites est-elle acceptable ou justifiée ? Accessoirement qu’apporte de plus le traitement littéraire ?Des pages voisines qui pourraient t’inspirer https://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/annales

Une des difficutés est aussi que le caractère "révoltant"peut être fluctuant, dans le temps et l’espace.

Ce qui m’interroge, c’est aussi le verbe "devoir".

Que la littérature puisse le faire, c’est un fait (la littérature peut, en définitive, tout faire !)… qu’elle DOIVE le faire, c’est plus discutable.

Je pense que le "doit-elle" signifie implicitement "est-elle autorisée". Mais il faudra le préciser explicitement au début de l’essai. On a toujours le droit de limiter le sens d’application d’un terme à condition d’en informer le lecteur ou l’auditeur.

D’accord avec vous deux. Effectivement, le verbe devoir a son importance. Peut-on fixer une limite aux sujets dont traite la littérature ? En théorie, au nom de la liberté d’expression, non. Et pourtant…peut-être existe-t-il des limites implicites…

Quel autre moyen d’expression que la littérature pouvait et devait traiter de tous les sujets avant l’apparition des médias contemporains ?

L’avantage de la littérature est qu’il s’agit d’un écrit (les paroles s’envolent, les écrits restent) et qu’en principe le récit est structuré et a été murement réfléchi - plus encore que l’article de presse.

On peut sans crainte de se tromper affirmer que certains médias actuels comme les réseaux sociaux ou les fils d’information en continu et même la radio et la télévision ne remplissent aucun de ces critères : instantanéité (réponse du tac ou tac), absence de réflexion approfondie (si la réponse ne surgit pas dans l’instant, la question qui précède est déjà vouées aux limbes numériques) et volatilité (apparente, en tous cas).

La question serait plutôt de savoir comment la littérature peut ou doit traiter des sujets les plus délicats.

Il faut prendre plus au sérieux l’idée de "littérature".

Le parallèle qui est fait - pour les opposer, certes - entre Marguerite Duras et… Adolf Hitler me semble un peu violent, à moins qu’il ne soit baroque. Mais éviter ce genre dans une dissertation. Il ne s’agit donc pas de traiter n’importe quel écrit, mais de la littérature. Freddy l’a fort bien dit, c’est la question du comment, pas du quoi. Ce n’est pas par les sujets qu’elle traite que la littérature se spécifie, par rapport au journalisme, à l’écrit politique, à une approche scientifique, etc. La question, c’est comment ils sont présentés.

Le sujet est très intéressant, et j’ai été amenée à l’étudier pour mon mémoire sur la littérature jeunesse (et la question ’morale’ est une véritable pierre d’achoppement!). Ce qui serait bien dans ton plan, c’est que tu t’interroges aussi sur la façon pour la littérature de dire les choses, mêmes les plus scandaleuses (quels outils? quel langage? quelle représentation?) et la nature de ces sujets révoltants. L’adjectif est une ’patate chaude’ qui appelle à être défini: en quoi est-il révoltant? pour qui l’est-il? cesse-t-il d’être révoltant à une époque? (Penses à la littérature lazaréenne et ses mille façons de dire l’indicible de la déportation et du génocide: est-ce qu’il y a un scandale à dire l’inhumanité de façon parfois crue? Est-ce que ce scandale est le même que celui de la cruauté d’un Sade qui finit par renoncer au récit et lui préfère une esthétique de la liste pour énumérer les tortures subies dans Les 120 journées de Sodome?). Ton plan me paraît se concentrer un peu trop sur la question de l’utilité de traiter de ces sujets, qui pourrait se satisfaire d’une seule partie.

En espérant que ce message pourra t’aider, et qu’il ne survient pas trop tard.

Très bon courage à toi pour la suite

Nous sommes ici au cœur du problème de cette nouvelle épreuve qui me semble très problématique : un sujet vaste, très ambitieux, qui ouvrent de nombreuses pistes de réflexion, à traiter à toute vitesse (2h00) en 3 pages environ…avant de démarrer une réflexion philosophique sur un autre sujet (lié au premier)

Whoua merci beaucoup pour toutes vos réponses !! ça m’aide beaucoup.

Le sujet est très intéressant, et j’ai été amenée à l’étudier pour mon mémoire sur la littérature jeunesse (et la question ’morale’ est une véritable pierre d’achoppement!).

Vous pouvez en dire un peu plus, Djali ? Ca m’intéresse également. La pierre d’achoppement (en grec : skandalon, ça nous renvoiie au "révoltant"), c’est "la morale", pour la littérature jeunesse. Vous pouvez donner des exemples ?

L’attention portée à l’enfant consiste à ne pas le choquer, j’imagine, mais de quoi ? De ce qui pourrait affecter sa sensibilité ? Pas de morale jusque-là. Ou alors peut-être lui éviter des spectacles jugés "pas de son âge" - et nous songeons naturellement aux images ou histoires sexuelles. Ce sont les mentions principales pour des films, interdits à certains âges sur ce motif. Mais où la moralité n’est pas bien assignable, au demeurant.

Mais le choc émotionnel, ou l’incompréhension, ça ne suscite pas encore la révolte. La révolte est une réaction à l’injustice (réelle ou apparente) et plutôt un sport pour adultes.