Laurent Gaudé, Eldorado - Le commandant Piracci n’eut pas besoin…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,Pouvez-vous m’aider pour la première partie de ce commentaire composé. Je n’arrive pas du tout à trouver des procédés me permettant d’analyser le texte.Merci d’avanceExercice:Problématique : En quoi cette rencontre est-elle bouleversante? Première partie : Nous verrons tout d’abord que cette rencontre fait surgir chez le personnage un souvenirs très intense.Texte: extrait de Eldorado de Laurent GaudéLe commandant Piracci n’eut pas besoin de lire l’article. Tout lui revint en tête. Le Vittoria. Oui, il sesouvenait. C’était le nom d’un navire qu’il avait intercepté au large des côtes italiennes. Un bateau remplid’émigrants. Des centaines d’hommes et de femmes qui dérivaient depuis trois jours.Lorsque les marins italiens montèrent à bord, munis de puissantes lampes torches dont ils balayaient lepont, ils furent face à un amas d’hommes en péril, déshydratés, épuisés par le froid, la faim et les embruns.Il se souvenait encore de cette forêt de têtes immobiles. Les rescapés ne marquèrent aucune joie, aucunepeur, aucun soulagement. Il n’y avait que le silence, entrecoupé parfois par le bruit des cordes qui dansaientau rythme du roulis. La misère était là, face à lui. Il se souvenait d’avoir essayé de les compter ou du moinsde prendre la mesure de leur nombre mais il n’y parvint pas. Il y en avait partout. Tous tournés vers lui.Avec ce même regard qui semblait dire qu’ils avaient déjà trop de cauchemars pour pouvoir être sauvés.Ils firent monter à bord chacun d’entre eux. Cela prit du temps. Il fallut les aider à se lever. A marcher.Certains étaient trop faibles et nécessitaient qu’on les porte. Une fois à bord, ils distribuerent descouvertures et des boissons chaudes. Ce jour-là, ils les sauvèrent d’une mort lente et certaine. Mais ceshommes et femmes étaient allés trop loin dans le dégoût et l’épuisement. Il n’ay avait plus rien à fêter. Pasmême leur sauvetage. Ils étaient au-delà de ça.Il n’avait aucune idée de ce que voulait cette femme, de ce qui allait advenir, de la façon dont elle l’avaitretrouvé, mais il s’entendit dite:- Venez. Ne restons pas sous la pluie. Montez.Lorsqu’il lui tint la porte, il esquissa un geste de la main pour l’inviter à entrer, quelque chosed’imperceptible, comme pour lui toucher l’épaule et la réconforter. Mais il s’arrêta avant de parfaire songeste. Il ne réalisa pas qu’il avait eu ce même geste - deux ans auparavant - en 2004, lorsqu’il lui avait tendule bras pour qu’elle ne chancelle pas en franchissant la passerelle jetée entre les deux navires. Le mêmegeste. Et là aussi, il n’était pas allé jusqu’au bout et avait retiré sa main. C’est qu’alors, sur cette passerelleincertaine, comme ce soir en passant la porte de son immeuble, il avait senti dans le regard de cette femmequ’elle ne voulait aucune aide. Qu’elle marcherait seule et droite tant qu’elle déciderait de vivre. Alors ils’effaça devant elle et la laissa monter chez lui.

Bonjour,

J’ai peur que le libellé de ta première partie ne te laisse guère de place pour une seconde.

Néanmoins, essaie de montrer l’horreur et surtout l’abrutissement désespéré qui culminent dans le neutre dévalorisant du "ça".

Quelques pistes :

la déshumanisation : les individus ont perdu leurs caractères propres, "amas", "forêt"… à noter le renforcement hyperbolique…l’allégorie de la "misère", les personnes s’estompent derrière le symbole…le registre pathétique et son dépassement atroce dans l’indifférence.les rythmes binaires qui traduisent l’activité ou l’affectivité (la souffrance) et qui contrastent avec le calme quasi mortuaire.Les phrases nominales, les notations brèves pour dire l’insoutenable. Point de littérature, seulement un constat.