Pourrait-on trouver quelques qualités à la langue française, notamment par rapport aux langues anciennes ou même à sa grande rivale historique, l’italien?
Piste de réflexion subjective d’un lecteur et auteur sur la langue française:
La langue française possède un avantage appréciable pour la recherche d’euphonie en raison de sa très grande diversité de phonèmes (surtout vocaliques). Ces phonèmes, distribués selon une proportion entre sons vocaliques et consonantiques favorable, se caractérisent par leur extrême netteté, leur absence de rudesse (pas de sons gutturaux marqués, r à prononciation très douce…) ainsi que par leur fluidité, toutefois si l’on se livre à l’évitement des cacophonies de contiguïté. La langue française n’occasionne pas d’occurrences insistantes sur certains phonèmes qui risqueraient d’engendrer une trop grande monotonie, si toutefois l’on parvient à gérer la présence des e caducs et des sons “an” ou “en” (participes présent, adverbes…). L’absence d’accents toniques marqués, dépourvus de musicalité, a été très critiquée. Il me semble au contraire, en poésie comme en prose, que la discrétion des accents toniques communique à la langue française son ton de noblesse spécifique. Comparée à elle, tout autre langue apparaît plus ou moins comme une langue du terroir.
L’appréciation des qualités accordées ci-dessus à la langue, est déterminée par une suite de conditions qu’il incombe à l’auteur de satisfaire. C’est naturellement, dissimulée quelque peu, une introduction à la théorie de l’écriture euphonique. Larvatus prodeo! C’est aussi, indirectement, une reconnaissance de la prosodie poétique comme langue littéraire supérieure à la prose traditionnelle puisqu’elle répond aux critères mentionnées (en grande partie). Question à débattre!



