Bonjour,
D’abord, il faut replacer le terme bizarrerie dans son contexte. Baudelaire ne milite pas en faveur de la bizarrerie à tout prix. Il constate simplement que, dans son projet qui est de parvenir à l’idéal malgré les difficultés, le beau est toujours un peu bizarre.
Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu’il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu’il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c’est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. C’est son immatriculation, sa caractéristique. Renversez la proposition, et tâchez de concevoir un beau banal !
Curiosités esthétiques (1868) de Charles Baudelaire
Attache-toi à définir un peu plus précisément ce beau bizarre
une part d’imperfection est nécessaire pour le rendre vivant : voir le poème "la Beauté" où l’idéal classique est froid.Le bizarre, c’est l’étrange, il faut chercher hors des sentiers battus. Baudelaire choisit « d’extraire la beauté du Mal », en délaissant « les provinces les plus fleuries du domaine poétique ».c’est l’imprévu, l’insondable, la déchirure imperceptible et fugace dans le réel que le poète doit explorer sans crainte de la réprobation de l’académisme attaché à la fausse sécurité des clichés.il y a sans doute aussi, chez le dandy Baudelaire, un goût certain pour le non-conformisme et une volonté de choquer le bourgeois positiviste.
Tu peux ensuite poser le syllogisme suivant: Le véritable écrivain doit s’attacher à poursuivre la beauté, or le beau est toujours bizarre, il doit donc cultiver la bizarrerie et y persévérer.
Cependant, même si une bonne partie de l’inspiration des Fleurs offre cet aspect inattendu et scandaleux, certaines pièces comme "l’invitation au voyage", "élévation", "la beauté" restent classiques.