Bonjour
Savez-vous comment différencier l’argot du langage familier ?
Et déjà, y a t-il une véritable différence entre les deux ?
Merci beaucoup
12 réponses
Bonjour
Savez-vous comment différencier l’argot du langage familier ?
Et déjà, y a t-il une véritable différence entre les deux ?
Merci beaucoup
Pour l’argot, voir ici. => Argot — Wikipédia (wikipedia.org)L’argot est vraiment une langue à part entière, spécifique selon les milieux. Il existe trois registres de langue : familier, courant et soutenu.Exemple :1. Ramène-toi !2. Tu viens ?3. M’accompagnes-tu ?
@S_D Comme l’indique la page wikipedia, un argot est un langage spécifique à un groupe d’individus. C’est une sorte de jargon destiné à n’être compréhensible que par quelques-uns. Cela dit, il est très fréquent qu’un mot ou une expression argotique passe peu à peu dans le vocabulaire utilisé par tous, et en général ces mots-là deviennent familiers. Par exemple l’expression "en loucedé" vient de l’argot des bouchers et signifie "en douce". Pourtant, aujourd’hui, pas besoin d’être boucher pour en comprendre le sens et l’utiliser, c’est maintenant une expression familière. Donc l’appartenance aux registres peut être changeante dans le temps, et un grand nombre de mots familiers ont une origine argotique.@fandixhuit C’est un peu hors sujet, mais ça me tient à cœur… La classification en trois registres, que l’on trouve dans toutes les grammaires, m’étonne toujours beaucoup. Je ne la trouve pas du tout opérante, en particulier en situation d’enseignement : le problème, pour moi, c’est le registre "courant". En effet, ce n’est pas possible de travailler avec cette notion dans une salle de classe, ce qui est "courant" pour moi n’est pas du tout la même chose que ce qui est "courant" pour mes élèves ! 😁 Ça a vraiment été conçu par des grammairiens dans leur tour d’ivoire… Donc j’utilise désormais systématiquement ce qu’on m’avait appris en linguistique à la fac d’anglais et qui me semble beaucoup plus réaliste : il y a un "pool" de mots ou de structures grammaticales "neutres", qui ne sont pas marqués en termes de registre, et il y en a qui, au contraire, peuvent colorer une phrase soit vers la familiarité puis vulgarité, soit vers le registre soutenu.Comme ça on est d’accord avec mes élèves : "j’ai le seum", c’est à la fois courant (pour eux) et familier (ils ne l’utilisent pas quand ils s’adressent à quelqu’un qui est hors de leur cercle de familiarité).
Par contre, ces trois registres sont toujours enseignés… C’est vrai que ta remarque est pertinente et je comprends mieux la perplexité de certains jeunes élèves devant cette classification !
Pour sa part, comme il l’indique dans l’introduction, le Robert, pour un mot donné, ne précise la mention COUR. (courant, au sens de "connu et employé de tous") que par opposition à d’autres acceptions plus techniques, plus savantes, plus littéraires, plus désuètes dudit mot.
> @""#p566760 @S_D Comme l'indique la page wikipedia, un argot est un langage spécifique à un groupe d'individus. C'est une sorte de jargon destiné à n'être compréhensible que par quelques-uns. Cela dit, il est très fréquent qu'un mot ou une expression argotique passe peu à peu dans le vocabulaire utilisé par tous, et en général ces mots-là deviennent familiers. Par exemple l'expression "en loucedé" vient de l'argot des bouchers et signifie "en douce". Pourtant, aujourd'hui, pas besoin d'être boucher pour en comprendre le sens et l'utiliser, c'est maintenant une expression familière. Donc l'appartenance aux registres peut être changeante dans le temps, et un grand nombre de mots familiers ont une origine argotique.@fandixhuit C'est un peu hors sujet, mais ça me tient à cœur… La classification en trois registres, que l'on trouve dans toutes les grammaires, m'étonne toujours beaucoup. Je ne la trouve pas du tout opérante, en particulier en situation d'enseignement : le problème, pour moi, c'est le registre "courant". En effet, ce n'est pas possible de travailler avec cette notion dans une salle de classe, ce qui est "courant" pour moi n'est pas du tout la même chose que ce qui est "courant" pour mes élèves ! 😁 Ça a vraiment été conçu par des grammairiens dans leur tour d'ivoire… Donc j'utilise désormais systématiquement ce qu'on m'avait appris en linguistique à la fac d'anglais et qui me semble beaucoup plus réaliste : il y a un "pool" de mots ou de structures grammaticales "neutres", qui ne sont pas marqués en termes de registre, et il y en a qui, au contraire, peuvent colorer une phrase soit vers la familiarité puis vulgarité, soit vers le registre soutenu.Comme ça on est d'accord avec mes élèves : "j'ai le seum", c'est à la fois courant (pour eux) et familier (ils ne l'utilisent pas quand ils s'adressent à quelqu'un qui est hors de leur cercle de familiarité).Merci pour votre réponse, mais dans ce cas, on peut dire finalement que le vrai argot est quelque chose d’assez rare puisque les mots et expressions familières qu’utilisent les jeunes sont généralement connus par tous les jeunes dans le pays (surtout à notre époque des réseaux sociaux).
"La meuf, je suis vénère, j’ai le seum…" = courant pour les élèves sans doute. Mais enfin, ils savent bien qu’en classe, ils ne parlent par de la meuf d’Aragon. Je pense qu’il existe une frontière chez eux dont ils sont conscients.
seum ?
Fandixhuit : "La meuf, je suis vénère, j’ai le seum…" = courant pour les élèves sans doute. Mais enfin, ils savent bien qu’en classe, ils ne parlent par de la meuf d’Aragon. Je pense qu’il existe une frontière chez eux dont ils sont conscients.C’est bien ce que dit TheRedRoom :Comme ça on est d’accord avec mes élèves : "j’ai le seum", c’est à la fois courant (pour eux) et familier (ils ne l’utilisent pas quand ils s’adressent à quelqu’un qui est hors de leur cercle de familiarité).Pour Hippo : https://fr.wiktionary.org/wiki/seum
@ TheRedRoom
Je veux bien. Dans ce cas, "colorer une phrase vers…" => Quel terme utiliser ? Une nuance ? Les élèves ont besoin de certitudes. Même si nous savons que les appellations catégoriques sont fausses ou biaisées, il faut bien trouver une solution.
Je sors du sujet. Mais le problème va se poser pour les mouvements littéraires, les types de textes, etc. De mon temps d’ailleurs😉, on ne parlait pas de types de textes mais de genres. Ce qui revient au même.
Donc, toute appellation est relative.
Accordons aux grammairiens le souci de clarté.
@S_D Ca dépend un peu de quelle définition d’ "argot" on prend… mais pour moi, oui, l’argot est plus rare que le registre familier.@fandixhuit Effectivement, toute classification a ses limites, et je ne prétend pas avoir une solution universelle… j’ai juste remarqué qu’en classe, et en particulier quand on fait de la traduction, quand on travaille sur des vrais énoncés littéraires ou journalistiques, alors ça devient compliqué de classer les mots en 3 catégories. D’une part, tout le monde ne va pas mettre les mots dans la même case. D’autres part, cela créé l’illusion qu’il y a 3 catégories étanches, ce qui a tendance à semer la confusion dans l’esprit des élèves. Je préfère considérer que l’ensemble du texte est constitué principalement de termes neutres (mots outils, etc.) et que certains mots, certaines expressions ou certaines structures permettent de définir le registre de toute la phrase ou du paragraphe ou du texte (on parle alors de "marquage"). Parce que dans une phrase, on n’a jamais TOUS les mots qui appartiennent au même registre.Par exemple : 1 - "J’ai garé ma voiture dans le parking."On peut s’accorder à dire que le registre de cette phrase est un registre dit "courant". Selon les termes que j’utilise, on peut dire que cette phrase n’est pas marquée, elle est neutre, car elle n’utilise que des mots neutres qui peuvent s’accommoder de n’importe quel registre (et elle pourrait tout aussi bien être suivie de "nonobstant le panneau l’interdisant aux non-résidents" que de "et j’ai trouvé que c’était un sacré merdier, ce parking".)2 - "J’ai garé ma bagnole dans le parking."Ce type de phrases, en revanche, je le trouve problématique à analyser en classe avec la classification habituelle. Dans cette phrase, la plupart des mots sont "courants" (le verbe garer, le mot parking… la structure syntaxique parfaitement banale). En revanche, le mot "bagnole", lui, est familier. Alors beaucoup d’élèves se demandent comment des mots de registres différents peuvent coexister dans la même phrase… Et donc, à l’échelle de l’énoncé entier, c’est le registre "courant" ou le registre "familier" ? Car c’est bien cela qui importe, c’est d’identifier le registre de l’énoncé entier, et non pas vraiment des mots pris individuellement. (Typiquement, en traduction, on n’a pas toujours la possibilité de marquer le registre sur exactement le même terme, il faut considérer l’ensemble.)Il faut faire comprendre aux élèves que, bien que les mots "garer" et "parking" soient "courants" (ou, dans ma terminologie, "neutres"), l’ensemble de la phrase relève bien du registre familier.
J’ai lu ton analyse avec intérêt, d’autant qu’ancienne prof d’allemand, je me suis trouvée dans le même cas pour les traductions.
Cela dit, le terme "neutre" me paraît bien l’équivalent de "courant".
"Il faut faire comprendre aux élèves que, bien que les mots "garer" et "parking" soient "courants" (ou, dans ma terminologie, "neutres"), l’ensemble de la phrase relève bien du registre familier."
Dans ce cas, c’est un terme, "bagnole", qui l’emporte, donc un mot pris individuellement… Pas facile en effet. Mais le ressenti du lecteur doit jouer.
Merci d’avoir pris le temps de t’expliquer longuement.