Un (di/tri)braque dans un hexamètre

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

A-t-on quelque exemple (je mets au singulier tellement, si cela existe, cela doit être rare) de l’utilisation d’un tribraque au 5ème pied d’un hexamètre latin ?

Complément : j’étends la question à un dibraque… transférant un monobraque au 6ème pied.

Sans doute parlez- vous de l’hexamètre dactylique? Son 5è pied (-uu) ne peut pas être un tribraque et encore moins un dibraque.

Dans un sénaire iambique (u-), les 5 premiers pieds peuvent être des tribraques.

Oui, bien sûr.

J’affine : y-a-t-il une règle simple pour savoir si, pour une scansion, un "i", a priori voyelle, devient "consonne" "j"… ou une semi-consonne de type "yod" (et comment scander les semi-consonnes ?). Autre formulation : une a priori voyelle peut-elle fusionner avec la consonne qui la précède ?

Bonjour,

1)   Le « i » en latin est soit la voyelle, soit la semi-voyelle ( appelée aussi semi-consonne, c’est indifférent.) Les Romains écrivaient de la même façon le « i » voyelle et le « i » semi-voyelle. L’emploi du caractère « j » pour noter le « i » semi-voyelle (semi-consonne de type yod) date du XVIè siècle ( on parle de lettre ramiste, adjectif venant de de Pierre La Ramée). Actuellement, il semble que l’on ait renoncé au caractère « j »,, mais ce n’est pas un absolu.

2)   Le « i » voyelle ne peut pas être une consonne, pas même de type « j » puisque ce dernier est une demi-consonne.

3)   Scander une semi-consonne est mal poser le problème : on ne scande pas une seule lettre, que ce soit une voyelle, une semi-voyelle (semi -consonne), ou consonne.

4)   « j » ( « i » semi-voyelle) à l’intérieur du mot entre deux voyelles équivaut à « jj » et donc voyelle brève suivi de « jj » forme une syllabe longue par position. Notons aussi que dans la versification, la première syllabe de « aio (ajo), maior(major), maius (majus), peior (pejor), ,peius (pejus) compte toujours pour une longue.

Un dictionnaire, tel le Gaffiot marque d’habitude la longueur des syllabes. Mais ce n’est pas systématique.

5)   Vous écrivez : « Autre formulation : une a priori voyelle peut-elle fusionner avec la consonne qui la précède ? » Qu’entendez- vous par une a priori voyelle ? C’est ou ce n’est pas une voyelle. Voulez- vous préciser votre question , donner un exemple qui vous suggère que cette fusion serait possible ?

La prosodie des vers offre des particularités telles que la diérèse qui consiste à la vocalisation d’une semi-voyelle : « so-lu-o au lieu de sol-vo, Ga-i-us pour Gaius. Voir aussi la syncope : chute d’une voyelle brève en présence d’une consonne liquide : « puertia » au lieu de « pueritia » par ex.

Il y a aussi l’amuissement d’une consonne : particulièrement le « m » final d’un accusatif sg après une voyelle, ce qui explique que dans la scansion la voyelle qui précède « m » s’élide devant la voyelle initiale du mot suivant.

Si vous en avez la possibilité, il serait bon de vous procurer (si ce n’est déjà fait) un ouvrage de phonétique latine ( il vous permettra de savoir si "i" est voyelle ou semi-voyelle) et un ouvrage de prosodie/ métrique ( les grammaires de base du latin consacrent d’habitude quelques pages à ce domaine).