Bonsoir à tous,En train de réfléchir à mon mémoire pour l’an prochain, je note quelques pistes pour mon potentiel corpus. Je suis à la recherche d’un auteur qui a marqué la littérature et son oeuvre par un style particulier et par un langage particulier à la manière d’un Michaux et Lautréamont. Je suis à la recherche d’un auteur à la plume rugueuse voire violente. Merci d’avance pour votre aide !
Recherche auteur similaire à Michaux et Lautréamont
13 réponses
Pierre Reverdy ?
Merci pour votre réponse, un ouvrage à conseiller de Reverdy ?
Le chant des morts peut faire un joli parallèle avec Les chants de Maldoror ?
Bonsoir,
Voilà quelques pistes qui me sont venues :
Dans la poésie du XIXe siècle, tu peux regarder le romantisme frénétique.
Saison en enfer de Rimbaud
Au XXe siècle, on ne peut faire l’impasse sur Céline.
Dans la poésie du XXe
Marina Tsvetaeva
La Grande Gaîté d’Aragon
« Cette émotion appelée poésie »
Un grand merci à vous deux. Vos propositions me sont d’une grande aide.
J’avais oublié : Pessoa et Apollinaire.
Aloysius Bertrand aussi ?
La thématique de mon mémoire engloberait l’idée d’une relation entre l’écriture de la violence et la violence de l’écriture.
Par ailleurs, si j’ai une question par rapport au mémoire en MEEF 2ND, quelqu’un pourrait-il me renseigner ?
René Char, pour la rigueur des mots et la violence des sentiments.
Les suggestions seront forcément nombreuses, même en nous circonscrivant au XXe s. De Céline à Césaire (pour ne parler que d’auteurs francophones), les tentatives abondent pour dépasser les acquis et propulser le langage vers de nouveaux horizons, qu’il s’agisse d’un projet en soi ou de l’effet collatéral de perceptions ou esthétiques nouvelles.
Votre sujet me parait trop large pour un mémoire de Master. De plus, l’idée qu’un auteur puisse "marquer la littérature" me parait hasardeuse, ou du moins mal formulée. Ce sont bien souvent les intérêts médiatiques et commerciaux (ce sont évidemment les mêmes…) qui décrètent qu’un auteur révolutionne le genre. Dans le meilleur des cas, il s’agit d’un consensus de la communauté critique et universitaire, qui s’accorde à souligner l’originalité et la richesse d’un auteur. Il faut donc d’emblée discriminer les sources bibliographiques et documentaires.
Je vous conseille de circonscrire votre sujet - j’ai l’impression que c’est ce que vous tentez de faire ici - à un seul auteur, mais un auteur qui vous plait, à vous en premier lieu, un auteur avec lequel vous développez une affinité, et non celui dont les forums ou les recherches internet affirment qu’il est le plus révolutionnaire.
Je reste partisan d’une approche de la recherche offrant plus de place à la subjectivité du chercheur, ce qui n’est pas incompatible avec les exigences éthiques. Travailler un sujet imposé par la communauté, par l’équipe ou, pire, par un mandarin universitaire, est bien un des fléaux du milieu de la recherche. Si je peux entendre certaines raisons qui motivent cette façon de faire dans le domaine des sciences dures, en lettres, je ne le conçois pas. Nous rentrons là dans un débat plus vaste. Je crois que vous n’aurez pas ce problème dans un master MEEF, qui n’est pas véritablement un master recherche.
À ce propos, il s’agit peut-être de l’unique occasion que vous aurez d’expérimenter un travail de recherche (disons, typé recherche), raison de plus pour choisir un auteur avec lequel vous entrez en résonance.
J’ajoute que choisir un auteur se singularisant par son travail sur le langage rend plus pertinente encore la préoccupation pédagogique. Ce sont souvent les auteurs qui permettent de capter l’intérêt, pour le moins émoussé, des élèves ou étudiants, tout en remettant en question les stéréotypes à propos de la littérature et de l’écriture (une vision réductrice à laquelle la communauté éducative n’est pas étrangère). Consacrer un chapitre à cet enjeu concorderait avec l’intitulé de votre master. Personnellement, cette démarche m’intéresse.
Bonne chance !
Merci pour votre réponse. Votre dernier paragraphe m’intéresse beaucoup, pouvez-vous m’en dire plus sur votre réflexion bien que je comprenne le fond de votre pensée
Les élèves du secondaire, et malheureusement de plus en plus d’étudiants, ont une vision stéréotypée de la littérature et de l’acte d’écriture. Pour eux, écrire, au sens noble du terme, est un acte réservé à une élite, qui en maîtriserait les codes. Ces codes ne sont rien d’autre, dans cette représentation fallacieuse, que le "beau langage", le soutenu, le distingué, en un mot : la pompe (au sens de pompeux, pompier). Pour moi, ce n’est qu’une forme de pédantisme. On le perçoit bien à la lecture des copies, qu’il s’agisse d’écrits théoriques (dissertations, études de texte, essais,…) ou créatifs : une majorité croient devoir recourir à une langue ampoulée, pédante, faussement savante.
Conjointement à cette représentation stéréotypée de l’écriture, l’intérêt pour la littérature, en tant qu’art et pratique, est diminué. Le prestige même qui entourait encore cette forme d’expression il n’y a pas si longtemps, même au sein de groupes hermétiques à l’art en général, est sévèrement entamé. Du respect discret pour le livre, nous sommes passés à l’indifférence, puis au mépris. C’est une question de société et le monde de l’éducation n’est pas étranger à cette situation.
Dans ces circonstances, que j’expérimente au quotidien, au lycée comme à l’université (moins à l’université, en raison du lieu et de la culture dans laquelle je vis, hors Europe), recourir à un auteur qui mobilise la langue d’une nouvelle façon me semble une bonne stratégie pédagogique. Une page de Céline, Césaire, Glissant, Michaux ou même Lautréamont, Apollinaire, Cendrars. Il sera toujours temps, ensuite, d’aborder Yourcenar (dont la prose somptueuse autant que classique réconcilie tradition et modernité ; je ne suis évidemment pas objectif puisqu’il s’agit d’un auteur que j’admire).
Il s’agit de proposer aux élèves une initiation autant qu’une remise en question salutaire, pour une idée qui n’en aurait idéalement nul besoin : la liberté. Écrire, c’est d’abord être libre.
Quand Jacques Brel écrit, dans Jojo : "Six pieds sous terre, Jojo, tu frères encore ", il recourt à la licence poétique, il est libre et demeure parfaitement compréhensible. L’énoncé en est plus puissant encore. La force d’évocation poétique est indéniable. Personnellement, j’admire la simplicité et la beauté de ce vers.
Il est possible de construire une séquence pédagogique, de quelques séances, se fondant sur quelques extraits choisis de ces auteurs "hors normes" et alternant les activités de nature différente : lecture/découverte, construction progressive et collective du sens du texte, discussion/échange, préparation aux exercices de l’épreuve visée (le cas échéant), exercices d’écriture créative ou projet, etc. Il reste tout à fait possible d’inscrire une telle séquence dans le cadre du programme ou du référentiel de votre matière et du niveau enseigné.



