Capes de lettres modernes 2021 - Composition française

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.J’ai passé le CAPES cette année. En composition française, je suis très déçu, car je pensais avoir fait quelque chose de correct. Pas excellent, mais CORRECT… mais j’ai eu 05/20. Pouvez-vous m’aider à voir ce qui n’allait pas, alors que je pensais avoir 10/20 et au pire 08? Voici le sujet de dissertation : https://www.etudes-litteraires.com/concours/dissertation-capes  Voici le plan tel qu’il était à l’issue de 6 heures de composition (avec un petit développement du contenu des références littéraires et théoriques pour que cela soit plus intelligible) :Intro: Molière, L’Avare: les spectateurs rient à gorge déployée quand l’Avare donne des coups de pieds à La Flèche en disant des injures : “Hors d’ici tout à l’heure! […] Maître juré ! Filou ! Vrai gibier de potence!”. Ainsi est la définition de la comédie : “Une pièce ayant pour but de faire rire les spectateurs”. Mais Jean-Claude Ranger tente d’aller plus loin dans la définition. Problématique: Quelle est la fonction de la comédie? I: Dans la comédie, nous n’avons “ni douleur ni destruction” et donc rien de grave en jeu A) On fait rire pour divertir simplement--> La commedia dellarte qui divertit pour divertir avec des personnages-typesB) Cela provoque ainsi “le détachement du spectateur à l’égard des péripéties et de l’action”--> Corvin, Lire la comédie: dans la comédie, à cause notamment des procédés théâtraux (le monologue, le quiproquo…), le spectateur ressent un sentiment de supériorité vis-à-vis des personnages sur scène vue qu’il voit les choses à l’avance. Il y a ainsi mise à distance du spectateur pour qui la situation est incohérente par rapport au monde réel. Le spectateur ne prend donc pas au sérieux les péripéties de l’action.II: Pourtant, des choses “essentielles” y sont effectivement “en jeu”A) Cela peut enseigner mieux qu’une simple morale--> la préface de Tartuffe de Molière: à une époque où les religieux considéraient le théâtre comme immoral, le dramaturge se défend en disant que la comédie enseigne mieux qu’une simple morale : on ridiculise le personnage qui possède le mauvais comportement. Or, personne n’aime être l’objet de moquerie.B) Beaucoup de théoriciens ont réfléchi sur l’utilité du théâtre de manière générale [oui, je crois qu’on pouvait faire mieux en matière d’intitulé, mais c’est ce que j’ai écrit durant les 6 heures…]--> Aristote, Poétique : La mimèsis est un moyen de connaissance et la source du plaisir théâtral. En effet, l’homme est naturellement enclin à l’imitation. Il éprouve y éprouve du plaisir et apprend de cette manière-là.--> Hugo, préface de Lucrèce Borgia: le théâtre doit être une tribune et a une mission humaine, sociale et politique. Le spectateur ne doit pas quitter le théâtre sans avoir appris une morale.--> Touchard, Dyonisos, et les dieux du ciel [erreur sur le titre – c’est Dyonisos, Apologie pour le théâtre]: la fonction psychanalytique et psychologique du théâtre : libéré de toute entrave due à la morale ou au réel, il apporte au spectateur une compensation à ce que la vie implique de limites ou d’interdits.C) Le spectateur a lui-même “la clair conscience” que des choses essentielles sont “en jeu”--> Claudel, L’Echange: il s’agit d’une pièce de théâtre qui parle du théâtre de façon générale. Lechy est une actrice qui expose sa conception sur le théâtre. L’esprit de l’homme a les réponses aux questions existentielles. Or, l’homme veut voir de ses propres yeux et entendre de ses propres oreilles ce que l’esprit sait. C’est pourquoi il vient au théâtre. III: “Rien d’essentiel n’est en jeu” est essentiel pour la cultureA) Cela exprime l’absurdité de la vie--> Beckett, En attendant Godot: Les banalités de la conversation mettent au jour l’absurdité de la vie avec un humour dévastateur qui donne à la pièce entière son côté burlesqueB) Cela nous amène à des questions existentielles--> Valère, Novarina [erreur: c’est L’Acte inconnu de Novarina] : Le dramaturge est obsédé par les trous (comme l’anus) qui le renvoient à des questions existentielles: “Ô notre anus! Tu as raison de toujours fermer un oeil sur toi-même!”Conclusion : Ouverture:--> Hubert, Le Théâtre : les pièces d’aujourd’hui contiennent du comique et du tragique. La notion de “genre” n’est plus pertinente pour le théâtre de nos jours. Selon la culture du dramaturge et de ses présupposés, on peut percevoir tel élément comme comique ou tragique.--> Ionesco, Notes et contre-notes: ce dernier demande parfois à ses comédiens de jouer “à contre-texte”: un élément comique joué de manière tragique et un élément tragique joué de façon comique. La première chose qui m’est passée par l’esprit quand j’avais vu ma note est que j’ai fait un hors-sujet. Le sujet portait sur l’essence de la comédie. J’ai convoqué des textes théoriques sur le sujet de manière générale pour argumenter le fait que dans la comédie, des choses essentielles sont en jeu, grâce aux fonctions du théâtre. Mais si dans toutes les pièces de théâtre (quel que soit le genre) se trouvent des choses essentielles, alors c’est aussi le cas pour la comédie… Si dans la comédie se trouvent des choses essentielles, donc l’essence de la comédie ne peut être que “rien d’essentiel n’est en jeu”… C’est un raisonnement logique pourtant? Si ce raisonnement est cohérent, normalement, je suis censé ne pas avoir fait de hors-sujet… De même, que l’Echange de Claudel est une pièce de théâtre qui n’est pas une comédie, mais dans plusieurs extraits, le personnage donne sa conception du théâtre de manière générale (voire le deuxième axe du commentaire) : https://www.annabac.com/annales-bac/paul-claudel-l-echange Si dans le théâtre de manière générale, tu as des choses essentielles, alors la comédie ne peut n’avoir "rien d’essentiel en jeu". Je trouve que mon raisonnement est cohérent pourtant.

Bonjour, le capes est loin pour moi maintenant, je n’ai plus d’idée exacte des attentes (et j’avoue que je m’étais moi-même plantée sur cette épreuve précise !) mais n’es-tu pas allée trop vite vers une réduction du sujet en "fonctions de la comédie" ? Il me semble que tu dois analyser bien plus le sens des mots du sujet et problématiser.

Je n’ai pas de plan à proposer mais j’ai l’impression que le sujet porte plus sur le spectateur et sa réception, ce qu’il ressent au fil des péripéties de l’intrigue : dans une tragédie ou un drame romantique on est "tendu", tenu en haleine car on s’attend à "douleur et destruction" comme issue. Ce qui est en jeu est la vie du personnage, le dévoilement d’une vérité insoutenable, la vie d’un enfant, l’avenir d’un peuple…

Dans une comédie cette tension n’existe pas, on est dans une sorte de "tranquillité" en tant que spectateur, ce qui sonne ici comme un signe d’infériorité il me semble ("détachement"). Seuls les personnages sont inquiets (Vais-je revoir ma cassette ? Vais-je être obligé d’épouser un vieillard qui me dégoute ? Vais-je me faire exécuter par un spadassin ? les ravisseurs vont-ils me rendre mon fils prisonnier sur une galère ?…) mais le spectateur ne partage pas leurs angoisses car il sait bien que tout va s’arranger. Dans ce cas, qu’est-ce qui maintient notre attention et notre plaisir ?

Il est vrai que je n’ai jamais été à l’aise avec la constitution de problématiques, que cela soit à l’ESPE ou à mes autres tentatives de CAPES. Après, est-ce que c’est une problématique un peu bancale qui m’aurait fait perdre tant de points? Pourtant, le plan répond à l’enjeu de la citation. D’ailleurs, conformément au rapport du jury 2018, j’ai mis entre guillemets les mots du sujet afin de coller à la citation et ne pas aller en dehors du sujet. Je me suis toujours dit que si la problématique est un peu nulle, mais que le développement traite du sujet de la citation, cela peut compenser… J’avoue que je n’étais pas très inspiré pour la problématique… Je savais que le sujet était l’essence de la comédie, mais à part "Quelle est l’essence de la comédie?" qui est un copier-coller, je ne savais pas trop quoi formuler comme problématique.

J’ai traité du spectateur et de la réception dans le I: A) et II: C). Est-ce que pour un sujet comme cela, on peut mettre des tragédies? J’avais jugé que ce serait hors-sujet.

Qu’est-ce qui maintient notre attention et notre plaisir? Tout ce qui est dans le II:.

Je crois que je vais déplacer ce sujet dans un forum plus adéquat. Je viens de me rendre compte qu’il existe un forum pour les études supérieures, alors que je suis sur un forum BAC. ^^’

Bonjour,

Je trouve que la problématique ne convient pas. Le sujet n’interrogeait pas sur la "fonction" de la comédie, mais plutôt sur le type de "plaisir" particulier qu’elle est censée procurer au spectateur. En quelque sorte, sa légèreté, sa capacité à jouer comme les enfants, à faire comme si.

La comédie ne s’intéresse pas à "l’essentiel" parce qu’elle est conventionnelle et caricaturale, mais il peut lui arriver de le tutoyer quand elle se montre perspicace à l’égard de la psychologie humaine (Molière, Marivaux).

J’aurais parlé des personnages comiques (importance des valets), des intrigues amoureuses, du ressort fondamental de la tromperie, des types…

Pourtant la comédie peut tangenter l’essentiel dans la grande comédie par la psychologie ou la dénonciation des vices, des abus (Beaumarchais). Elle peut se révéler cruelle.

Enfin, certains auteurs modernes qui ont exploré l’absurdité de l’existence (Ionesco, Dubillard) ont dynamité le plaisir comique facile, alors que la production conventionnelle (vaudeville) continue de distraire le public.

Ainsi, selon vous, ce serait la problématique qui m’aurait fait un hors-sujet?… Dommage! Je pensais qu’un développement qui répond à la citation compenserait, parce que le développement répond au sujet. J’avais pensé aussi au fait d’avoir utilisé la préface de "Lucrèce Borgia" de Hugo. Ce n’est qu’après les écrits que j’ai appris que cette oeuvre était un drame (et pas une comédie). Mais quand je lis l’extrait de la préface, on pourrait croire qu’il s’agit du théâtre de façon générale (la vision du théâtre selon Hugo)… https://fr.wikisource.org/wiki/Lucr%C3%A8ce_Borgia/Pr%C3%A9faceLes passages qui me font penser au théâtre de façon générale…"Le théâtre, on ne saurait trop le répéter, a de nos jours une importance immense, et qui tend à s’accroître sans cesse avec la civilisation même. Le théâtre est une tribune. Le théâtre est une chaire. Le théâtre parle fort et parle haut." (l. 1-3) "Il sait bien que l’ art seul, l’ art pur, l’ art proprement dit, n’ exige pas tout cela du poète, mais il pense qu’ au théâtre surtout il ne suffit pas de remplir seulement les conditions de l’ art." (l. 26-28) … qui côtoient des passages plus dangereux: " L’auteur de ce drame sait combien c’est une grande et sérieuse chose que le théâtre.Il sait que le drame, sans sortir des limites impartiales de l’art, a une mission nationale, une mission sociale, une mission humaine. Quand il voit chaque soir ce peuple si intelligent et si avancé qui a fait de Paris la cité centrale du progrès, s’entasser en foule devant un rideau que sa pensée, à lui chétif poète, va soulever le moment d’ après, il sent combien il est peu de chose, lui, devant tant d’attente et de curiosité ; il sent que si son talent n’est rien, il faut que sa probité soit tout ; il s’ interroge avec sévérité et recueillement sur la portée philosophique de son oeuvre ; car il se sait responsable, et il ne veut pas que cette foule puisse lui demander compte un jour de ce qu’ il lui aura enseigné." (l. 7-16).