Malgré les maladresses, oui, ce plan est plus cohérent.
Peut-on parler de "réalisme" dans les Fleurs du mal ?
Il faut mieux définir votre axe 1 : Baudelaire mobilise des détails du quotidien, banals et triviaux, qui peuvent parfois être choquants : objets, animaux, matières, substances, métiers dévalorisés ou honteux, comportements grossiers, inélégants, etc. Je vous laisse chercher les poèmes où ces aspects apparaissent, vous reviendrez vers nous si vous ne trouvez pas.
L’axe 2 me semble cohérent, mais vous vous aventurez sur le terrain fort dangereux de l’immoralité, qu’il faudra définir, ou au moins circonscrire : quelle immoralité, au regard de quelles valeurs, à quelle époque, etc. ? Puis expliquer pourquoi le morbide, le sensuel, le charnel, comme vous dites, seraient immoraux. L’essentiel du sujet est là, mais ce n’est pas une mince affaire.
L’axe 3 me parait intéressant, mais plus difficile encore que les 2 autres. Évoquer le diable ne suffit pas à porter atteinte à la morale religieuse. Ici, c’est une forme de complaisance pour "le diable" qui se manifeste ; le "diable" n’est qu’un avatar, une allégorie du mal, dont Baudelaire se plait à mettre en scène l’influence délétère sur les hommes… Le poète mobilise également toute une imagerie d’origine religieuse, mais appliquée à des sujets profanes : l’enfer, le paradis, le couple, l’union, les malédictions, … Il y a aussi chez lui un solide héritage classique qui nourrit l’intertextualité du recueil, des références communes que Baudelaire détourne bien souvent au profit de son projet poétique.