Bonjour,
Je n’arrive pas à reconnaître dans un texte, s’il s’agit d’un genre judiciaire, démonstratif ou délibératif. Y a t’il des figures de style propres à chaque genre ?
Par exemple, dans mon texte, l’auteur (Ronsard) s’adresse au peuple de France en 1563. Il s’imagine païen et adorateur du soleil et de la lune. Il fait une comparaison du soleil à "l’oeil du monde". Selon moi, ce serait plus démonstratif non ?
Merci d’avance
Bonjour,Le genre ne se définit pas par des procédés mais par sa finalité : https://www.etudes-litteraires.com/rhetorique/genres-discoursSelon la finalité, certains procédés seront privilégiés. https://www.espacefrancais.com/leloquence/#Les-trois-genres-dloquence
Bonjour, dans ce cas là, si l’auteur exprimé son admiration du soleil, ça veut dire qu’il loue et donc c’est un discours epidictique ?
Il faudrait voir l’ensemble du passage.
https://www.biblisem.net/meditat/ronsremo.htm voila le lien, je n’ai pas réussi à copier coller le texte, c’est du vers 1 à 32, j’ai fait un découpage aussi avec:v1-6: exordev.7-22: narrationv.23-28: confirmationv.29-32: péroraison
Bonsoir,
Ce poème est antiphrastique, Ronsard y développe un ton ironique en montrant la régression que serait un comportement païen chez des chrétiens. Adorer une divinité solaire est déraisonnable quand la science nous a montré que c’était seulement un astre, etc.
Ce discours est plutôt délibératif dans la mesure où Ronsard se comporte comme un prédicateur qui justifie ses choix et adresse une "remontrance" à son lectorat. On peut noter des traces du genre épidictique quand il fait l’éloge de ses aïeux, forts dans la foi.
Je ne vois pas très bien le ton ironique dans l’extrait… Pour c’était juste une "hypothèse" : Ronsard imagine qu’il est païen et fait un hymne / éloge du soleil ? Mais je ne comprends pas à quoi peut servir l’hymne au soleil dans ces vers 1 à 32…
La nuit j’adorerais les rayons de la Lune,Au matin le Soleil, la lumière commune,Tu ne perçois vraiment aucune ironie dans ces vers ?Comment peut-on adorer (sens fort) la Lune ? déifier un satellite ?Quant au Soleil, sa lumière est commune.Par la suite, ce n’est pas un éloge du Soleil, simplement un rappel de ses propriétés dans le style antique avec en arrière-pensée le constat qu’un astre matériel ne peut être le siège, notamment le regard (œil) spirituel et immatériel de Dieu.
Dans ce cas, je vois pas l’intérêt de ces vers … Ronsard se moque du paganisme en s’imaginant païen et donc il se moque des "valeurs" du paganisme (soleil l’une différents dieux) ?
Ronsard veut montrer que le retour au paganisme dans un siècle où la science progresse à grands pas, notamment l’astronomie, serait une régression. En fait ce qui va se développer à partir de la Renaissance est la libertinage philosophique. S’inspirant d’Épicure, le libertinage est un courant de pensée né au XVIe siècle en Italie (Cardan, Paracelse, Machiavel).
En fait, j’ai l’impression qu’en survolant l’extrait, je le comprends, mais j’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il s’agit d’un discours délibératif. Normalement, le discours délibératif, d’après mon cours : renvoie à un discours dont la fonction est de persuader ou dissuader. Il s’adresse donc à une assemblée publique. En effet, c’est au forum, dans un conseil, ou encore au Parlement qu’on persuade ou dissuade d’entreprendre la guerre, d’élever un bâtiment, d’accomplir telle ou telle action concernant l’ensemble de la société. Le genre délibératif renvoie par conséquent au futur, puisqu’il s’efforce d’amener l’auditoire à prendre une décision qui engage l’avenir. Le genre délibératif met essentiellement en œuvre les valeurs de l’utile et du nuisible.
Et je ne vois pas ça dans ces 32 vers …en plus, le discours est à la fois au conditionnel et au présent. Je vous avoue que j’ai i l’impression d’être un peu bête à pas comprendre…
Question à part : ici, on a bien de l’ethos non, puisque l’ethos est l’image que l’orateur donne de lui-même dans le discours ? Il n’y a pas de pathos ni de logos
De ce que j’ai compris :
v.1-6 : il rejette la chrétienté, et s’imagine en païen.
v.7-12 : hypothèse ironique du coup avec "adorerais" de l’adoration de Ronsard pour le soleil, qu’il compare à "l’œil du monde", les rayons du soleil sont les yeux de Dieu.
v.13-22 : soleil = esprit = âme du monde
v.23-28 : toujours hypothèse de l’adoration de Ronsard mais pour les différents dieux cette fois (Bacchus, Neptune, …)
v.29-32 : retour à la réalité avec "mais" , Ronsard est bel et bien chrétien
Je répète ce que j’ai écrit
Ce discours est plutôt délibératif dans la mesure où Ronsard se comporte comme un prédicateur qui justifie ses choix et adresse une "remontrance" à son lectorat. On peut noter des traces du genre épidictique quand il fait l’éloge de ses aïeux, forts dans la foi.
Ronsard ne rejette pas sa foi chrétienne, bien au contraire
Certes, Que Dieu par son esprit de grâce a mise en moi,
Voyant la Chrétienté n’être plus que risée,
J’aurais honte d’avoir la tête baptisée,
Je me repentirais d’avoir été Chrétien
[…]
Il maintient son adhésion au christianisme fût-ce au prix du martyre.
Et le soleil dans tout ça , il est personnifié, c’est ça ou il a un lien avec Dieu ("le Soleil […] l’oeil du monde", " les rayons du Soleil sont ses (Dieu) yeux radieux") ?
Dans certaines religions païennes, le soleil était un dieu : Amon-Ra chez les Égyptiens, Apollon chez les Grecs et les Romains. Ronsard reprend les attributs mythologiques.
D’accord, merci !
Et on est d’accord que Ronsard cherche à mettre sous les yeux du lecteur le Soleil avec des procédés qui permettent l’hypotypose ? Avec une métaphore des rayons du Soleil comparés aux yeux de Dieu, des énumérations ("rond, vagabond et ferme"), des polysyndètes (avec répétition de "et"), des hyperbates ("Les rayons du soleil sont ses yeux radieux, qui donnent vie à tous, nous maintiennent et gardent, Et les faicts des humains en ce monde regardent")
Aucune hypotypose (aucun effet de réel), simplement une allégorie, avec des symboles dans des métaphores filées.
Ah bon ! parce que ma prof m’a justement dit d’analyser les figures qui permettent à Ronsard d’élaborer une hypotypose…
Il n’y a point d’hypotypose dans ce que tu citais concernant les yeux.On peut considérer comme telle les versQui d’un trait de ses yeux nousL’esprit, l’âme du monde, En repos sans repos, oisif et sans séjour,dans ce débordement d’activité du soleil. Là, plus de description métaphorique, mais du mouvement et des caractéristiques réelles.
ahh d’accord, je viens de comprendre
Pour revenir au discours délibératif, j’ai dit qu’il s’agissait d’une adresse au peuple. Le discours commence par une hypothèse (avec "si" et le conditionnel). J’ai aussi dit qu’il y avait un mouvement qui part de l’hypothèse jusqu’à la réfutation de l’hypothèse car il maintient son adhésion à la chrétienté. J’ai parlé des 5 étapes de l’orateur :
inventio : il utilise des arguments de l’ethos : il élabore une image de soi. Je n’ai pas vu d’arguments relevant du pathos. Et pour le logos, je pensais à ce que vous avez dit : "Adorer une divinité solaire est déraisonnable quand la science nous a montré que c’était seulement un astre". Dans mon cours, il y a noté que généralement, exorde = lieu de l’ethos; et la péroraison, le lieu du pathos. Mais j’ai pas l’impression qu’il fasse appel aux émotions du vers 29 à 32.dispositio : exorde = v. 1-6; narration = toute la partie sur le soleil ; confirmation = partie sur les dieux ; péroraison = v.29-32style : style haut avec des références mythologiques, style moyen et bas aussi je pensevoix et gestuelle et procédés mnemotechniques qu’on ne peut pas analyser à l’écrit