Dans mon édition des Pensées de Marc-Aurèle (collection Guillaume Budé, Les Belles Lettres), je n’ai pas exactement la même phrase. Et la traduction en français me paraît assez claire.
Voici :
(Τῷ) τὰ προγεγονότα ἀναθεωρεῖν (καὶ) τὰς τοσαύτας τῶν νῦν γινομένων μεταβολὰς // ἔξεστι καὶ τὰ ἐσόμενα προεφορᾶν.
Ce qui donne mot à mot en français :
Par le fait de considérer les choses passées (et) autant de changements qui se font aujourd’hui, il est possible aussi d’examiner à l’avance les choses qui seront.
Autrement dit :
En considérant le passé et tous les changements qui s’opèrent de nos jours, on peut également prévoir l’avenir.
L’anglais est plus redondant et poétique :
Regardez en arrière considérez le passé, avec sa succession d’empires, leur croissance et leur chute (qui s’élevèrent et s’effondrèrent) et vous pourrez également assister d’avance à l’avenir.
Le russe dit (je crois) :
Examiner de nouveau ce qui s’est déjà produit : Combien de puissances ont survécu et combien de métamorphoses !
Voir d’avance ce qui sera, cela aussi est possible.
μεταβολὰς/превращение => idée de transformation, métamorphose, peut-être plus forte que dans changing.
En fait les quatre versions me semblent voisines : Connaître le passé permet d’anticiper l’avenir;
Désolée de ne pouvoir approfondir davantage. Je manque de temps aujourd’hui.
Quelqu’un d’autre le fera peut-être.