Diderot, La Religieuse - Le quatrième jour…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je dois dégager une problématique sur l’extrait d’un texte de Diderot plus précisément la "Religieuse" p 78-80 GF (Gallica p.111-113), de "Le quatrième jour" à "la vie sociale.

 Le quatrième jour, ce fut une momerie qui marquait bien le caractère bizarre de la supérieure. À la fin de l’office, on me fit coucher dans une bière au milieu du chœur ; on plaça des chandeliers à mes côtés, avec un bénitier ; on me couvrit d’un suaire, et l’on récita l’office des morts, après lequel chaque religieuse, en sortant, me jeta de l’eau bénite, en disant : Requiescat in pace. Il faut entendre la langue des couvents, pour connaître l’espèce de menace contenue dans ces derniers mots. Deux religieuses relevèrent le suaire, éteignirent les cierges, et me laissèrent là, trempée jusqu’à la peau, de l’eau dont elles m’avaient malicieusement arrosée. Mes habits se séchèrent sur moi ; je n’avais pas de quoi me rechanger. Cette mortification fut suivie d’une autre. La communauté s’assembla ; on me regarda comme une réprouvée, ma démarche fut traitée d’apostasie ; et l’on défendit, sous peine de désobéissance, à toutes les religieuses de me parler, de me secourir, de m’approcher, et de toucher même aux choses qui m’auraient servi. Ces ordres furent exécutés à la rigueur. Nos corridors sont étroits ; deux personnes ont, en quelques endroits, de la peine à passer de front : si j’allais, et qu’une religieuse vînt à moi, ou elle retournait sur ses pas, ou elle se collait contre le mur, tenant son voile et son vêtement, de crainte qu’il ne frottât contre le mien. Si l’on avait quelque chose à recevoir de moi, je le posais à terre, et on le prenait avec un linge ; si l’on avait quelque chose à me donner, on me le jetait. Si l’on avait eu le malheur de me toucher, l’on se croyait souillée, et l’on allait s’en confesser et s’en faire absoudre chez la supérieure. On a dit que la flatterie était vile et basse ; elle est encore bien cruelle et bien ingénieuse, lorsqu’elle se propose de plaire par les mortifications qu’elle invente. Combien de fois je me suis rappelé le mot de ma céleste supérieure de Moni : « Entre toutes ces créatures que vous voyez autour de moi, si dociles, si innocentes, si douces, eh bien ! mon enfant, il n’y en a presque pas une, non, presque pas une, dont je ne pusse faire une bête féroce ; étrange métamorphose pour laquelle la disposition est d’autant plus grande, qu’on est entré plus jeune dans une cellule, et que l’on connaît moins la vie sociale : ce discours vous étonne ; Dieu vous préserve d’en éprouver la vérité. Sœur Suzanne, la bonne religieuse est celle qui apporte dans le cloître quelque grande faute à expier. »

Cependant je n’arrives pas a dégager une problématique concrète, est-ce qu’une âme charitable pourrait m’éclairer merci.

Bonjour,

Tu as bien compris qu’il s’agissait de briser la volonté de sœur Suzanne. En lien avec le projet philosophique, que peux-tu dire des intentions de Diderot dans cet extrait ?

Bonjour Luc,

Oui, j’allais partir sur une problématique qui relève l’indignation et la folie des couvents, mais je ne sais pas si c’est trop large.

une problématique qui relève l’indignation face à la folie des couvents,Je l’améliorerais comme suit :Comment Diderot mène-t-il son combat philosophique contre la vie conventuelle au moyen du témoignage de Suzanne ?En effet tu pourras montrer la gradation, comment on passe du bizutage (momerie) ridicule à l’exclusion (comme pour les lépreuses), pour finir par la manipulation de la part du pervers narcissique.En outre le témoignage est par définition efficace, ce que Suzanne éprouve est incontestable. Diderot se contente de donner la parole à son héroïne. Il ne juge pas directement.Diderot ici persuade en jouant sur nos sentiments.