J’ai quelques questions sur le rythme de certaines phrases extraites de La Confession d’un enfant du siècle de Musset.
Voici donc le premier extrait :
De temps en temps leurs pères ensanglantés apparaissaient, les soulevaient sur leurs poitrines chamarrées d’or, puis les posaient à terre et remontaient à cheval.
Est-ce bien ici un rythme ternaire avec trois membres (en utilisant la ponctuation des virgules pour le décompte) ?
De temps en temps leurs pères ensanglantés apparaissaient, (1)les soulevaient sur leurs poitrines chamarrées d’or, (2)puis les posaient à terre et remontaient à cheval. (3)
Ou bien convient-il de compter les verbes conjugués/propositions avec par conséquent quatre membres, auquel cas il s’agirait d’une accumulation ?
De temps en temps leurs pères ensanglantés apparaissaient, (1)les soulevaient sur leurs poitrines chamarrées d’or, (2)puis les posaient à terre (3)et remontaient à cheval. (4)
Pourriez-vous éclaircir mon doute ?
Merci par avance,
Voici le lien vers le texte dans son intégralité: https://fr.wikisource.org/wiki/La_Confession_d%E2%80%99un_enfant_du_si%C3%A8cle_(1840)/Premi%C3%A8re_partie
Bonjour,Il s’agit bien d’un rythme accumulatif (4 verbes sur le même plan). Ce rythme souligne le passage des pères en coup de vent par l’abondance des verbes d’action.Pour l’étude du rythme syllabique dans cette phrase complexe, nous aurions trois membres séparés par la ponctuationDe temps en temps (4) leurs pères ensanglantés (6) apparaissaient (4), (14)les soulevaient (4) sur leurs poitrines chamarrées d’or (8), (12)puis les posaient à terre (6) et remontaient à cheval (7). (13)C’est une période à trois membres d’égale importance. On peut parler d’isocolons qui produisent une cadence équilibrée. Cette disposition souligne peut-être la routine.
Bonjour @Jean-Luc
Merci beaucoup pour votre réponse.
Si je comprends bien, quand il s’agit de déterminer si le rythme est binaire, ternaire ou accumulatif on segmente la phrase en propositions (ici 4) alors que quand s’intéresse au rythme syllabique, on segmente la phrase selon la ponctuation (ici 3).
Est-ce bien le cas ? Si c’est le cas, comment expliquer que le découpage ne se fasse pas de la même manière ?
S’intéresser aux rythmes, c’est relever le retour d’éléments grammaticaux syntaxiquement semblables dans une phrase : verbes, groupes nominaux sujets ou compléments, qualificatifs…
Cette analyse porte sur la phrase entière ou simplement sur un morceau de phrase, elle colore stylistiquement le projet de l’écrivain (valeur affective, esthétique, oratoire, expressive).
Quand il s’agit d’une phrase complexe, on examine les propositions et les masses syllabiques pour mettre en valeur la mélodie (par les cadences). Ce type d’analyse est proche de la prosodie poétique.
Il s’agit donc de deux analyses différentes.
@Jean-Luc Merci pour cette précision.