Bonjour,
Voltaire à dit : “C’est la superstition qui a fait immoler des victimes humaines, c’est la nécessité qui les a fait manger.”
Pouvez-vous m’exliquer cette citations svp. Au moins la première partie car après la virgule j’ai compris ce que cela voulais dire.
Merci d’avance !
Bonjour,
Si des humains ont peri, sans raisons avérées et justes, donc de façon arbitraire, cela provient de la superstition, qui ne se base sur aucun fondement solide. Par consequent, il s agit de morts arbitraires du fait d une simple croyance de fait arbitraire de par sa nature même.
🙂
Bonjour.As-tu cherché dans un dictionnaire la définition de "superstition" et de "immoler" ?
Bonjour,
La superstition est une croyance dévoyée, elle est particulièrement le contraire de la raison pour Voltaire. C’est elle qui conduit à la folie des sacrifices humains dans les religions primitives.
D’accord, merci à vous je comprends mieu maintenant !
@Jean-Luc
Je ne comprends pas "religion primitive"
Bonjour,
Qu’y a-t-il à expliquer ? Il s’agit des premières formes de religion.
Dans la balance, il y a, si je comprends bien, la superstition et les cannibales. La première tue, les seconds mangent. Manger est une nécessité, tuer est un crime.
Est-ce que par "superstition", Voltaire entend les premières formes grossières, rudimentaires de la religion ? Hors contexte, je ne peux rien affirmer, mais je n’y crois pas, ce serait reprendre les manières de voir de l’adversaire, de "l’Infâme". Je crains qu’il ne considère qu’une forme de religion plus savante et plus sophistiquée (suivez son regard…) ne nous mette nullement à l’abri des sacrifices humains, toutes choses égales par ailleurs.
Si l’on regarde Candide, Voltaire joue habilement de la confusion entre superstition et fanatisme. Par exemple dans le chapitre 16, l’épisode des Oreillons; il justifie le cannibalisme à la suite de Montaigne :Messieurs, dit Cacambo, vous comptez donc manger aujourd’hui un jésuite ? c’est très-bien fait ; rien n’est plus juste que de traiter ainsi ses ennemis. En effet le droit naturel nous enseigne à tuer notre prochain, et c’est ainsi qu’on en agit dans toute la terre. Si nous n’usons pas du droit de le manger, c’est que nous avons d’ailleurs de quoi faire bonne chère ; mais vous n’avez pas les mêmes ressources que nous : certainement il vaut mieux manger ses ennemis que d’abandonner aux corbeaux et aux corneilles le fruit de sa victoire.Voltaire critique l’optimisme leibnizien en s’attaquant principalement à l’évangélisation forcée des populations américaines par les Jésuites (fanatisme) qu’il considère comme un mal. Comme à son habitude, il survole le sujet. En particulier, lui qui est un défenseur de la culture contre l’état de nature (à la différence de Rousseau), n’expose pas ses préférences, trop soucieux d’égratigner ses adversaires intimes. Nous prenons Voltaire en flagrant délit de simplification au nom de l’efficacité.Dans le chapitre 6, il montre comment les deux notions s’épaulent : Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel auto-da-fé; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler.Cette confusion culmine dans la Troisième question de l’article Religion du Dictionnaire philosophique, où Voltaire définit l’eucharistie comme « la manducation supérieure, l’âme nourrie ainsi que le corps des membres et du sang de l’Homme-Dieu adoré et mangé sous la forme du pain, présent aux yeux, sensible au goût, et cependant anéanti ». Il ne croit pas à la transsubstantiation (superstition) et dénonce le "cannibalisme" quand il est catholique alors qu’il l’excuse chez les primitifs. À force de vouloir "écraser l’infâme", Voltaire se montre souvent inconséquent.
C’est plutôt, en plus d’un bel esprit, une sorte d’enquêteur, d’historien,(historien à l’ancienne, je veux dire) ce qui le condamne à végéter dans le marasme de l’expérience, quand ce n’est carrément l’anecdote. Dès qu’il tente de s’élever au niveau de l’idée, dans le champ transcendantal, il est souvent faible et confus.