Victor Hugo, Les Misérables (1861), partie III, livre IV "Les amis de l’ABC", chapitre 1.
Enjolras était un jeune homme charmant, capable d’être terrible. Il était angéliquement beau. C’était Antinoüs farouche. On eût dit, à voir la réverbération pensive de son regard, qu’il avait déjà. dans quelque existence précédente, traversé l’apocalypse révolutionnaire. Il en avait ta tradition comme un témoin. Il savait tous les petits détails de la grande chose. Nature pontificale et guerrière, étrange dans un adolescent. Il était officiant et militant; au point de vue immédiat, soldat de la démocratie; au-dessus du mouvement contemporain, prêtre de l’idéal. Il avait la prunelle profonde. la paupière un peu rouge, la lèvre inférieure épaisse et facilement dédaigneuse, le front haut. Beaucoup de front dans un visage, c’est comme beaucoup de ciel dans un horizon. Ainsi que certains jeunes hommes du commencement de ce siècle et de la fin du siècle dernier qui ont été illustres de bonne heure, il avait une jeunesse excessive fraîche comme chez les jeunes filles, quoique avec des heures de pâleur. Déjà homme, il semblait encore enfant. Ses vingt-deux ans en paraissaient dix- sept. Il était grave, il ne semblait pas savoir qu’il y eût sur la terre un être appelé la femme. Il n’avait qu’une passion, le droit, qu’une pensée, renverser l’obstacle. Sur le mont Aventin, il eût été Gracchus; dans la Convention, il eût été Saint-Just. Il voyait à peine les roses, il ignorait le printemps, il n’entendait pas chanter les oiseaux; la gorge nue d’Évadné ne l’eût pas plus ému qu’Aristogiton ; pour lui, comme pour Harmodius, les fleurs n’étaient bonnes qu’à cacher l’épée. Il était sévère dans les joies. Devant tout ce qui n’était pas la république, il baissait chastement les yeux. C’était l’amoureux de marbre de la Liberté. Sa parole était âprement inspirée et avait frémissement d’hymne. […]
Bonjour,
Je dois préparer ce texte pour mon oral. J’ai repéré plusieurs point dans le texte mais je n’arrive pas à rédiger les différentes parties. Les points repérés :
-des adjectifs qualificatifs qui révèlent un personnage impressionnant
- un caractère double et paradoxal : beauté et violence, charisme et dangerosité
- Enjolras est focalisé sur la révolution : c’est son obsession
- Enjolras est comme une incarnation de la révolution : Enjolras est presque l’allégorie de la révolution, c’est-à- dire de son but (le progrès), représenté par sa part de beauté, et de son moyen (le combat), représenté par sa part de violence
- temps verbal: l’imparfait de description > l’histoire s’arrête, pour faire un portrait
- figure de style n°1- l’accumulation comme un tableau peint par touches pour insister sur le fait qu’Enjolras cumule les caractéristiques apparemment rares ou contradictoires, mais bien réellement présentes ensemble en lui
- figure de style n°2 -l’asyndète c’est absence de lien logique apparent entre deux parties de phrases (quand on a une virgule, au lieu de « mais ) : dans la première phrase : l’opposition est gommée (« mais est attendu, mais n’est pas écrit) entre « charmant et terrible »> Enjolras est donc un paradoxe, non une contradiction - des images frappantes: 1) le « front haut, symbole de fierté : 2) l’homme-enfant, c’est-à-dire un personnage hors-catégorie et comme supérieur (idée d’influence surnaturelle, presque magique).
Pourriez-vous m’aider à rédiger s’il vous plaît ?
Merci d’avance,



