Bonjour je dois trouver la thématique de ce discours.Je pensais que le sujet était son œuvre mais on m’a dit que c’était plus profond que ca, avez-vous une idée? https://www.nobelprize.org/prizes/literature/2014/modiano/25249-conference-nobel/Je pense aussi qu’il est découpé en trois parties, pour la thématique est ce que c’est le rapport entre lecteur et auteur.[lien modifié]
Trouver la thématique d’un discours de Modiano
4 réponses
As-tu lu le lien que tu mets ? il n’y parle pas de son œuvre mais de la France pendant et après l’occupation allemande. Il n’y a pas d’ambiguïté quand même…Première phrase : "Ville étrange que ce Paris de l’occupation"
L’annonce de ce prix m’a paru irréelle et j’avais hâte de savoir pourquoi vous m’aviez choisi. […] Curieuse activité solitaire que celle d’écrire. Vous passez par des moments de découragement quand vous rédigez les premières pages d’un roman. Vous avez, chaque jour, l’impression de faire fausse route. Et alors, la tentation est grande de revenir en arrière et de vous engager dans un autre chemin.l ne faut pas succomber à cette tentation mais suivre la même route. C’est un peu comme d’être au volant d’une voiture, la nuit,en hiver et rouler sur le verglas, sans aucune visibilité. Vous n’avez pas le choix, vous ne pouvez pas faire marche arrière, vous devez continuer d’avancer en vous disant que la route finira bien par être plus stable et que le brouillard se dissipera. Sur le point d’achever un livre, il vous semble que celui-ci commence à se détacher de vous et qu’il respire déjà l’air de la liberté, comme les enfants, dans la classe, la veille des grandes vacances. […] Cette insatisfaction et ce sentiment de quelque chose d’inaccompli vous poussent à écrire le livre suivant pour rétablir l’équilibre, sans que vous y parveniez jamais. À mesure que les années passent, les livres se succèdent et les lecteurs parleront d’une « œuvre ». Mais vous aurez le sentiment qu’il ne s’agissait que d’une longue fuite en avant. Oui, le lecteur en sait plus long sur un livre que son auteur lui-même. Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu’on le pratiquait avant l’ère du numérique. Au moment de son tirage dans la chambre noire, la photo devenait peu à peu visible. À mesure que l’on avance dans la lecture d’un roman, il se déroule le même processus chimique. Mais pour qu’il existe un tel accord entre l’auteur et son lecteur, il est nécessaire que le romancier ne force jamais son lecteur – au sens où l’on dit d’un chanteur qu’il force sa voix – mais l’entraîne imperceptiblement et lui laisse une marge suffisante pour que le livre l’imprègne peu à peu, et cela par un art qui ressemble à l’acupuncture où il suffit de piquer l’aiguille à un endroit très précis et le flux se propage dans le système nerveux. Cette relation intime et complémentaire entre le romancier et son lecteur, je crois que l’on en retrouve l’équivalent dans le domaine musical. J’ai toujours pensé que l’écriture était proche de la musique mais beaucoup moins pure que celle-ci et j’ai toujours envié les musiciens qui me semblaient pratiquer un art supérieur au roman – et les poètes, qui sont plus proches des musiciens que les romanciers. J’ai commencé à écrire des poèmes dans mon enfance et c’est sans doute grâce à cela que j’ai mieux compris la réflexion que j’ai lue quelque part : « C’est avec de mauvais poètes que l’on fait des prosateurs. » Et puis, en ce qui concerne la musique, il s’agit souvent pour un romancier d’entraîner toutes les personnes, les paysages, les rues qu’il a pu observer dans une partition musicale où l’on retrouve les mêmes fragments mélodiques d’un livre à l’autre, mais une partition musicale qui lui semblera imparfaite. Il y aura, chez le romancier, le regret de n’avoir pas été un pur musicien et de n’avoir pas composé Les Nocturnes de Chopin. Le manque de lucidité et de recul critique d’un romancier vis-à-vis de l’ensemble de ses propres livres tient aussi à un phénomène que j’ai remarqué dans mon cas et dans celui de beaucoup d’autres : chaque nouveau livre, au moment de l’écrire, efface le précédent au point que j’ai l’impression de l’avoir oublié. Je croyais les avoir écrits les uns après les autres de manière discontinue, à coups d’oublis successifs, mais souvent les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes lieux, les mêmes phrases reviennent de l’un à l’autre, comme les motifs d’une tapisserie que l’on aurait tissée dans un demi-sommeil.
Voilà le texte, désolé j’avais pas vu qu’il y avait tout le discours.
Bonjour,
La thématique principale est la création romanesque qui se subdivise en plusieurs considérations :
l’humilité nécessaire de l’auteur,l’autonomie de l’œuvre une fois créée,la difficulté à créer, la nécessité de persévérer, de se fier à son intuition première, Modiano semble reprendre une constations de Claudel en son temps : "Tout artiste vient au monde pour dire une seule chose ; Croyez-vous que Shakespeare, ou Dostoîevsky, ou Rubens, ou Titien, ou Wagner travaillaient pour faire de l’art ? Non pas, nais n’importe comment. pour se débarrasser de leur faix. pour mettre dehors ce grand paquet de choses vivantes, opus non factum…"la moindre valeur du récit romanesque dans l’art littéraire car il est moins pur,la nécessité de la collaboration du lecteur pour créer l’œuvre,sous la discontinuité apparaissent des récurrences qui composent l’univers personnel de l’auteur,


