Bonjour à tous,
J’ai un commentaire de texte à faire sur un extrait du cinquième chapitre de roman Frankenstein de Mary Shelley :
Ce fut par une lugubre nuit de novembre. que je contemplai mon œuvre terminée. Dans une anxiété proche de l’agonie, je rassemblai autour de moi les instruments qui devaient me permettre de faire passer l’étincelle de la vie dans la créature inerte étendue à mes pieds. Il était déjà une heure du matin ; une pluie funèbre martelait les vitres et ma bougie était presque consumée, lorsqu’à la lueur de cette lumière à demi éteinte, je vis s’ouvrir l’œil jaune et terne de cet être ; sa respiration pénible commença, et un mouvement convulsif agita ses membres.
Comment décrire mes émotions en présence de cette catastrophe, ou dessiner le malheureux qu’avec un labeur et des soins si infinis je m’étais forcé de former ? Ses membres étaient proportionnés entre eux, et j’avais choisi ses traits pour leur beauté. Pour leur beauté ! Grand Dieu ! Sa peau jaune couvrait à peine le tissu des muscles et des artères ; ses cheveux étaient d’un noir brillant, et abondants ; ses dents d’une blancheur de nacre ; mais ces merveilles ne produisaient qu’un contraste plus horrible avec les yeux transparents, qui semblaient presque de la même couleur que les orbites d’un blanc terne qui les encadraient, que son teint parcheminé et ses lèvres droites et noires.
Les accidents variés de la vie ne sont pas aussi sujets au changement que les sentiments humains. Depuis près de deux ans j’avais travaillé sans relâche dans le seul but de communiquer la vie à un corps inanimé. Je m’étais privé de repos et d’hygiène. Mon désir avait été d’une ardeur immodérée, et maintenant qu’il se trouvait réalisé, la beauté du rêve s’évanouissait, une horreur et un dégoût sans bornes m’emplissaient l’âme. Incapable de supporter la vue de l’être que j’avais créé, je me précipitai hors de la pièce, et restai longtemps dans le même état d’esprit dans ma chambre, sans pouvoir goûter le sommeil.
Et je suis censé créer un plan de commentaire puis un commentaire dessus, j’ai quelques idées mais j’ai beaucoup de mal à les structurer en un plan. J’aurais donc voulu savoir si vous pouviez m’aider à les organiser et si besoin à les compléter
Merci d’avance à tous et si j’obtiens une réponse favorable je vous communiquerai évidemment mes quelques idées.😁
j’ai pensé a 2 parties :I. l’aboutissement de son travail:a. Naissance d’un êtreb. Qui a des aspects humainsII. le choc horrifique que crée la vision de sa créature :a. Une horrification prévisibleb. Des traits humains lugubres et sans âmes (en contraste avec le souhaite de Victor)c. Un instinct de fuite face à la désillusionest-ce que mon plan vous parait juste ?si besoin je peux aussi ajouter mes exemples pour chaque parties, mais j’aurais vraiment besoins de votre aide 😫
horrifique et horrification ne sont pas du français. Garde horrible (ou un autre synonyme) et horreur.
Le plan manque de clarté au début ("qui a des aspects humains" : évidemment, c’est ce qu’il voulait faire). Importance aussi du contexte (pluie, nuit, novembre). Description symbolique (la suite ne peut que mal tourner). Progression : l’horreur commence au second paragraphe. Insister sur l’erreur fatale d’un homme qui se prend pour Dieu. C’est plus que de la désillusion.
Plan à revoir.
merci beaucoup pour votre réponse je vais essayé de rectifier mon plan pour qu’il paraissent plus comme un progression et je vais tenter d’accentuer les points fondamentaux mais merci encore 😁
Les mots horrification et horrifique sont bien français. Juste un peu vieillis et littéraires…
Je veux bien Jehan, mais franchement… 🙄
pourquoi cela ? je peux comprendre que ce ne soit pas les meilleurs termes mais c’était un premier jet et j’attendais justement vos idées ou même vos suggestions par rapport a mon plan mais il n’y a pas besoins d’être condescendant envers moi. De plus, je ne comprend pas trop votre idée de plan. Il faudrait que je fasse un plan axé sur une progression et le contexte je comptais l’utiliser dans la sous partie de "horrification prévisible" car ce sont justement ces termes qui permettent de dire que la situation est prévisible.
il faut donc d’après vous que je fasse un plan dans quelle genre ? et si vous ne le trouvé pas bien donné moi des pistes pour pouvoir l’améliorer et si je m’en réfère à vous c’est que je ne m’en sort pas seul, j’ai déjà passé pas mal de temps dessus donc je sais bien que vous n’aller pas faire le travail à ma place mais si par hasard vous avez des suggestions je prend volontiers 😁
Bonsoir,
Essaie un plan linéaire
Chaque paragraphe représente une partie
1 - le décor, l’ambiance
2 - un résultat désespérant
3 - un apprenti sorcier qui fuit ses responsabilités
merci je vais tenter de m’en inspirer, pour bien sur le complété, y ajouter les sous-parties ect… Mais encore merci pour votre aide 😀
Le fil conducteur, c’est cet échec de celui qui a voulu singer le créateur : sa conduite satanique n’a produit qu’un ersatz de vie, une vie atrophiée et malheureuse (image de la momie), proche de la mort dont elle est issue. Conclusion : il ne peut en résulter qu’un grand malheur.
Timeo, aucune condescendance de ma part. Une réponse rapide certes mais, sur ce forum, tu peux toujours compter sur une personne ou une autre. La preuve, tu as une excellente proposition par la suite. Il est dommage de faire preuve d’autant d’agressivité.
Ceci dit, si je t’ai blessé, c’était involontaire et je te fais mes plus plates excuses ! 😉
@timeo c’est pour quel niveau d’études ? Ton professeur t’a-t-il dit s’il préférait un plan linéaire ou composé ?
As-tu fait un repérage des figures de style, telles les métaphores, les comparaisons, etc. ?
On remarque par exemple le terme "faire passer l’étincelle de la vie dans la créature inerte étendue à mes pieds". Il y a une métaphore ici, elle est intéressante : étincelle (c’est-à-dire le feu) = vie. Cela permet de rapprocher la scène de la figure mythologique de Prométhée (fais des recherches sur ce personnage).
Par ailleurs, un peu plus loin, le narrateur faire remarquer que sa "bougie était presque consumée". Si le feu représente la vie, il exprime ici le fait que dans sa recherche, il a laissé une partie de sa santé, il perd un peu de sa vie, un peu de son âme en donnant vie à cette créature.
Voilà une ou deux idées à caser dans ton plan…
Bonsoir,
Je crois que "l’étincelle de la vie" renvoie plutôt aux découvertes de Volta et à l’enthousiasme pour la fée électricité.
Mais cela n’empêche pas une allusion simultanée au mythe de Prométhée…
Peut-être, mais nous sommes plutôt dans la tradition démoniaque du roman gothique anglais peu inspiré par la mythologie grecque bien que le sous-titre du récit soit le Prométhée moderne. De plus Frankenstein est considéré à juste raison comme le prototype du récit de science-fiction. La filiation avec Prométhée vise surtout à stigmatiser la révolte individualiste de Victor. Mary, en esprit converti aux Lumières, a cependant préféré dissiper les fumées sataniques chères aux romantiques en recourant au patronage du Titan plus présentable.
@Jean-Luc les références à Prométhée sont pourtant bien nombreuses dans Frankenstein, de la première jusqu’à la dernière ligne ! Que Shelley s’appuie aussi sur la tradition du roman gothique n’invalide pas les multiples références mythologiques. Par ailleurs, Shelley s’inscrit aussi dans un contexte romantique, qui utilise abondamment des figures mythologiques. On peut citer par exemple l’autre Shelley, Percy Bysshe, le mari de la première, qui écrit le drame lyrique en 4 acte Prométhée Délivré, en 1820 soit 2 ans après la parution de Frankenstein. La référence à Prométhée est loin d’être anecdotique ou cosmétique. Elle permet aussi à Mary Shelley de mettre en scène le châtiment de Victor Frankenstein, puni tel Promethée de son péché d’hubris.
Quant à ce que vous dites sur les découvertes scientifiques concernant l’électricité, vous avez parfaitement raison, d’ailleurs Victor Frankenstein explique en détail dans son récit l’objet de sa fascination scientifique. Cependant, si l’on trouve une source historique (les progrès techniques liés à la recherche concernant l’électricité) à l’inspiration de Mary Shelley, cela n’empêche pas notre auteur de l’habiller d’une forme symbolique. L’électricité est une manière de moderniser le mythe de Prométhée… d’où le Prométhée "moderne" du titre.
Je suis bien d’accord sur la référence marquée au mythe de Prométhée, d’ailleurs soulignée par le sous-titre de l’oeuvre. Ma remarque ne visait que l’expression "l’étincelle de vie".
Bonjour à tous ! désolé de pas vous avoir répondu avant et merci beaucoup pour votre aide à tous. Je ne souhaitais pas être agressif envers vous @fandixhuit. J’ai cru que vous aviez insinué que mon plan était vraiment médiocre. Donc encore désolé pour ce quiproquo 😉 Pour répondre à votre question @TheRedRoom je suis en classe de 1ère et mon professeur ne m’a pas indiqué quel type de plan utiliser. J’ai tenté de chercher des figures de styles mais c’est vrai que dans ce texte j’ai du mal à en trouver. Je trouve surtout des champs lexicaux pour appuyer mes sous-parties mais l’idée de l’étincelle, je l’avais repérée mais je n’arrivais pas à réellement en définir le sens donc merci à vous. Je pense que l’allusion au mythe de Prométhée est plus encline à compléter mon plan, mais merci aussi à @Jean-Luc pour votre aide 😁