Aragon, Le Paysan de Paris - Parmi les forces naturelles…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je me permets de vous demander si vous auriez quelques pistes à me faire parvenir au sujet de cette étude de texte, j’ai surtout beaucoup de mal à trouver un plan qui collerait à cet extrait.

Parmi les forces naturelles, il en est une, de laquelle le pouvoir reconnu de tout temps reste en tout temps mystérieux, et tout mêlé à l’homme : c’est la nuit. 

Cette grande illusion noire suit la mode, et les variations sensibles de ses esclaves. La nuit de nos villes ne ressemble plus à cette clameur des chiens des ténèbres latines, ni à la chauve-souris du Moyen Age, ni à cette image des douleurs qui est la nuit de la Renaissance. 

C’est un monstre immense de tôle, percé mille fois de couteaux. Le sang de la nuit moderne est une lumière chantante. Des tatouages, elle porte des tatouages mobiles sur son sein, la nuit. Elle a des bigoudis d’étincelles, et là où les fumées finissent de mourir, des hommes sont montés sur des astres glissants. 

La nuit a des sifflets et des lacs de lueurs. Elle pend comme un fruit au littoral terrestre, comme un quartier de bœuf au poing d’or des cités. Ce cadavre palpitant a dénoué sa chevelure sur le monde, et dans ce faisceau, le dernier, le fantôme incertain des libertés se réfugie, épuise au bord des rues éclairées par le sens social son désir insensé de plein air et de péril. 

Ainsi dans les jardins publics, le plus compact de l’ombre se confond avec une sorte de baiser désespéré de l’amour et de la révolte. 

Elle donne à ces lieux absurdes un sens qu’ils ne se connaissaient pas. A l’encontre de l’idée courante ce n’est pas pour le faste que Louis XIV fit construire Versailles, mais pour l’amour, qui a aussi sa majesté, avec les cachettes du feuillage taillé, les promenoirs des grottes, et le peuple dément des statues. Aujourd’hui l’hygiène tient lieu de pompe aux habitants de la ville, et c’est en son nom que dans l’inconscience ils aménagent ces retraites et verdure qu’ils tiennent naivement pour un refuge contre la tuberculose.  Et puis, la nuit descend, et les parcs se soulèvent. Comme un homme qui s’endort dans le train se balance, et sa main pend, et bientôt tout ce grand corps qui oublie la vitesse du wagon va se plier dans l’immobilité du rêve, ainsi la moralité urbaine soudain vacille sous les arbres. Une espèce de langueur qui a l’accent et la grâce de l’inconnaissable franchit les petits ponts rustiques dont plusieurs ne sont point en véritable bois. C’est alors que les gens croient chercher le plaisir. 

Dans les plis du terrain où tout les sollicite, ils sont les jouets de la nuit, ils sont les marins de cette voiture en lambeaux, et voici que déjà tout un peu d’eux-mêmes naufrage. La grande clameur de l’imagination leur fait oublier le silence. Sur les eaux d’agrément, à la cheville nue des cascades, on voit glisser le cygne Et caetera. Ici commence une région d’éclipse. Ce bruit de chaînes qui tombent, au premier pas vers le coeur sombre du jardin !”

Je vous remercie d’avance pour le temps que vous m’aurez accordé !

Une évocation picturale.

Un paysan subjugué par la nuit.

Une page poétique comme une lithographie de André Masson à qui est dédié Le Paysan de Paris.

Bonjour,

Dans ce texte qui fulgure de notations inattendues et surprenantes, il y a cependant un ordre. Une analyse linéaire pourrait mettre en valeur trois mouvements :

une allégorie surréaliste de la nuitle lien étroit entre la nuit et l’amour l’éclatement du classicisme versaillais dans la modernité prosaïque surréaliste

Le fil conducteur : la nuit est femme.

Une autre caractéristique remarquable : l’humour de dérision, la volonté de choquer les conceptions et les comportements bourgeois.