Montaigne : "Je n’ai point cette erreur commune de juger d’un autre selon ce que je suis."

Entraide scolaire

35 réponses · Page 2 / 2

Bonsoir,

Il m’est difficile de m’y retrouver dans ces salves de questions.

Pour clarifier ta pensée, il faudrait passer par un plan détaillé du type :

Problématique : "Dans les Essais (limitation aux chapitres indiqués) le jugement de Montaigne sur les personnes est-il dénué de toute subjectivité ?"

Nous défendrons la thèse que ce n’est pas possible.

1 - Thèse : Montaigne s’efforce de bonne foi de juger objectivement, tu reprends tes arguments

2 - Antithèse : mais il est limité par sa personnalité, son éducation, son langage même qui véhicule les concepts qui lui servent à analyser, apprécier, juger.

un Européen nourri de culture antiqueun Gascon qui se réfère au bon sens de son terroirun chrétien heurté par les conflits religieux qui déchirent son pays

3 - Dépassement : cette prise de distance lui permet d’exprimer un humanisme fondé

sur la rationalitéla tolérancela croyance dans l’unité du genre humain (inspiré des valeurs chrétiennes).

À partir de ce schéma fourni à titre d’exemple, tu peux rédiger ton développement. Ta conclusion synthétise le mouvement général du développement, tu peux lui adjoindre une ouverture (mais c’est facultatif). Tu rédiges alors l’introduction qui présentera véritablement le devoir (annonce, citation du sujet, problématique, annonce du plan)

Bonjour,J’ai finalement modifié la problématique pour qu’il me soit plus simple de construire mon commentaire… Ma problématique: "Dans quelle mesure Montaigne parvient-il à échapper à tout préjugé dans le regard qu’il porte sur les Amérindiens ?" Comme cela, mon plan détaillé:I ) Oui, en effet, Montaigne dénonce l’erreur de juger l’autre d’après soi-même ( donc on montre qu’il s’efforce de dénoncer le préjugé ethnocentriste à travers ces deux essais )…II ) Cependant, Montaigne, humaniste du XVIème s. , obéit aussi à certains conditionnements : lesquels ? …III) Mais il cherche à corriger ces déterminismes par une "méthode" qui lui est propre : laquelle ?J’ai maintenant trouvé les bonnes « idées » pour le III, mais je n’arrive pas à trouver de bons arguments avec des exemples cohérents pour le I), et le II), pour le grand I, j’aurai imaginé parler de la démarche ethnique de Montaigne pour prendre de la distance par rapport à sa société, mais je n’ai aucun autre argument ni exemple; et pour le II), je ne trouve absolument rien…. Si vous avez des idées, n’hésitez pas.Merci.

Sur le fond il y a une erreur de méthode. Un plan qui ne trouve pas d’exemple, établi a priori, est dangereux. Il faut procéder à l’inverse. Partir des exemples pour élaborer l’argumentation.

Néanmoins quelques propositions à partir des Coches

Pour I l’apport de la culture européenne a-t-il été profitable ? la description des conquérants à partir de la vision supposée des Amérindiens (mais à partir d’images issues de l’imaginaire reconstruit et naïf d’un occidental)

la critique de la diplomatie méprisante des conquérants

Pour II, Montaigne voit la civilisation européenne déclinante, réflexions sur le nouveau et l’ancien monde, la culture débilitante,

"Que n’est tombée sous Alexandre ou sous ces anciens Grecs et Romains une si noble conquête, et une si grande mutation et altération de tant d’empires et de peuples…"; le rêve mythique d’un intellectuel de la Renaissance qui idéalise l’Antiquité

Les civilisations amérindiennes souvent étalonnées par rapport aux grecque et romaine.

Bonjour,Je vous remercie vivement!Seulement, "Pour I l’apport de la culture européenne a-t-il été profitable ? la description des conquérants à partir de la vision supposée des Amérindiens (mais à partir d’images issues de l’imaginaire reconstruit et naïf d’un occidental)la critique de la diplomatie méprisante des conquérants"Je n’ai pas vraiment compris votre explication à ce niveau là du message; en effet, je devrais argumenter sur le fait que Montaigne dénonce l’erreur de juger l’autre d’après soi-même, or ici je n’ai aucun exemple concret, ni aucun argument; et c’est typiquement ce que je recherche, avez-vous quelques arguments ou exemples tirés des cannibales ou des coches pouvant m’aider? Je vous en serais très reconnaissant…Pour le II, j’ai bien compris ce que vous avancez, mais comment puis-je organiser mon paragraphe, avec quels arguments valables et tirés une fois encore des Cannibales et des Coches puis-je m’appuyer?En vous remerciant.

Ce n’est pourtant pas compliqué :

il s’efforce de dénoncer le préjugé ethnocentriste

quand il montre que l’apport de la culture occidentale n’a pas été profitable,

quand il essaie de décrire la force des conquérants à partir d’un imaginaire amérindien

quand il montre le mépris des conquérants à l’égard des autochtones

Pour II, il faut lire le texte et relever les passages où Montaigne compare de manière valorisante les réalisations amérindiennes à celles de l’Antiquité. Le conditionnement est bien le mythe de la grandeur romaine et de la sagesse grecque. Je t’ai indiqué le début d’un extrait significatif : "Que n’est tombée sous Alexandre ou sous ces anciens Grecs et Romains une si noble conquête, et une si grande mutation et altération de tant d’empires et de peuples…"

D’accord, merci beaucoup!

Pour le I, à quel moment de l’essai Montaigne montre que l’apport de la culture occidentale n’a pas été profitable, essaie de décrire la force des conquérants à partir d’un imaginaire amérindien, ou montre le mépris des conquérants à l’égard des autochtones?

Pour le I, à quel moment de l’essai Montaigne montre que l’apport de la culture occidentale n’a pas été profitable,

"Bien crains-je que nous aurons bien fort hâté sa déclinaison et sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts…"

essaie de décrire la force des conquérants à partir d’un imaginaire amérindien,

"le juste étonnement qu’apportait à ces nations là de voir arriver si inopinément des gens barbus, divers en langage, religion, en forme et en contenance, d’un endroit du monde si éloigné et où ils n’avaient jamais imaginé qu’il y eut habitation quelconque, montés sur des grands monstres inconnus, contre ceux qui n’avaient non seulement jamais vu de cheval, mais bête quelconque duite à porter et soutenir homme ni autre charge ; garnis d’une peau luisante et dure et d’une arme tranchante et resplendissante"

"Ajoutez y les foudres et tonnerres de nos pièces et harquebuses, capables de troubler César même"

ou montre le mépris des conquérants à l’égard des autochtones?

"En côtoyant la mer à la quête de leurs mines, aucuns Espagnols prirent terre en une contrée fertile et plaisante, fort habitée, et firent à ce peuple leurs remontrances accoutumées : …"

Etant donné qu’il faut citer au minimum deux arguments, et donc exemples par parties; Pour le I, puis-je utiliser ces trois arguments et donc ces trois exemples? : Montaigne montre que l’apport de la culture occidentale n’a pas été profitable, "Bien crains-je que nous aurons bien fort hâté sa déclinaison et sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts…"Il essaie de décrire la force des conquérants à partir d’un imaginaire amérindienne ,"le juste étonnement qu’apportait à ces nations là de voir arriver si inopinément des gens barbus, divers en langage, religion, en forme et en contenance, d’un endroit du monde si éloigné et où ils n’avaient jamais imaginé qu’il y eut habitation quelconque, montés sur des grands monstres inconnus, contre ceux qui n’avaient non seulement jamais vu de cheval, mais bête quelconque duite à porter et soutenir homme ni autre charge ; garnis d’une peau luisante et dure et d’une arme tranchante et resplendissante"Il montre le mépris des conquérants à l’égard des autochtones? "En côtoyant la mer à la quête de leurs mines, aucuns Espagnols prirent terre en une contrée fertile et plaisante, fort habitée, et firent à ce peuple leurs remontrances accoutumées : …"Pour le II, Montaigne voit la civilisation européenne déclinante, réflexions sur le nouveau et l’ancien monde, la culture débilitante,"Que n’est tombée sous Alexandre ou sous ces anciens Grecs et Romains une si noble conquête, et une si grande mutation et altération de tant d’empires et de peuples…"; le rêve mythique d’un intellectuel de la Renaissance qui idéalise l’AntiquitéLes civilisations amérindiennes souvent étalonnées par rapport aux grecque et romaine.Le conditionnement est bien le mythe de la grandeur romaine et de la sagesse grecque.Avec toutes ces idées pour le I et le II, puis-je enfin commencer à rédiger ma dissertation? Pour le III, j’ai développé tous mes arguments ainsi que mes exemples.Merci

Pour II,

Montaigne voit la civilisation européenne déclinante, réflexions sur le nouveau et l’ancien monde, la culture débilitante, "Que n’est tombée sous Alexandre ou sous ces anciens Grecs et Romains une si noble conquête, et une si grande mutation et altération de tant d’empires et de peuples…"; le rêve mythique d’un intellectuel de la Renaissance qui idéalise l’AntiquitéLes civilisations amérindiennes souvent étalonnées par rapport aux grecque et romaine.

D’accord merci!

Pour le deuxième argument, si je ne m’avance pas, l’exemple réside lorsque Montaigne décrit le mode de vie des grecs et des romains dans "Des Coches", faisant souvent référence à l’apparat des princes?

Pour l’introduction, je souhaitais la débuter par la phrase « Je n’ai point cette erreur commune de juger d’un autre selon ce que je suis ». Mais ça m’a l’air compliqué de débuter comme cela, tout en faisant une intro de 15-20 lignes en présentant la problématique et l’annonce du plan….

Je ne sais pas comment la formuler et la débuter…

Merci

Pour la partie I, j’ai vu avec mon professeur, seul l’argument 2 serait valable; le 1 et le 3 n’auraient pas de lien avec l’idée de la partie…

Pour la partie II, il manquerait un argument, mais je n’en trouve aucun autre qui pourrait expliquer que Montaigne obéit aussi à certains conditionnements : lesquels ?

Pour chacun de ces arguments, (ceux de la partie III et de la partie II); comment puis-je les développer et ainsi les expliquer clairement?

Pour le deuxième argument, si je ne m’avance pas, l’exemple réside lorsque Montaigne décrit le mode de vie des grecs et des romains dans "Des Coches", faisant souvent référence à l’apparat des princes?

Regarde plutôt à la fin du chapitre ce qui concerne les travaux de génie civil, les Incas ont d’après Montaigne dépassé les bâtisseurs romains.

Pour l’introduction, je souhaitais la débuter par la phrase « Je n’ai point cette erreur commune de juger d’un autre selon ce que je suis ». Mais ça m’a l’air compliqué de débuter comme cela, tout en faisant une intro de 15-20 lignes en présentant la problématique et l’annonce du plan….

Je ne sais pas comment la formuler et la débuter…

On ne commence jamais par la citation du sujet. Il te faut trouver une accroche. Par exemple, montrer que le projet de Montaigne dans les Essais est de se peindre lui-même, il est donc pour le moins surprenant et intéressant qu’il puisse écrire…

Pour la partie I, j’ai vu avec mon professeur, seul l’argument 2 serait valable; le 1 et le 3 n’auraient pas de lien avec l’idée de la partie…

Je ne suis pas d’accord avec lui. Montaigne n’y juge pas comme ses contemporains.

Pour la partie II, il manquerait un argument, mais je n’en trouve aucun autre qui pourrait expliquer que Montaigne obéit aussi à certains conditionnements : lesquels ?

Montaigne est chrétien catholique, cet aspect se perçoit aisément quand il critique la cruauté et l’hypocrisie des colonisateurs.

Merci,Pour ce qui est des arguments 1 et 3 de la partie 1, mon professeur ne vois pas de « lien » avec le but de la partie, qui est « Montaigne dénonce l’erreur de juger l’autre d’après soi-même ( donc on montre qu’il s’efforce de dénoncer le préjugé ethnocentriste à travers ces deux essais ) ».Pour la partie 2, à travers quel exemple puis-je développer que « Montaigne est chrétien catholique, cet aspect se perçoit aisément quand il critique la cruauté et l’hypocrisie des colonisateurs »; et en quoi cela explique que Montaigne obéit aussi à certains conditionnements pour juger?Pour la partie III, les deux arguments que je développerai sont la prise de distance de Montaigne (de part son étude ethnique); et le fait qu’il ne défend pas les amérindiens par émotion mais par des arguments rationnels que j’avancerai avec des exemples tirés de ma lecture.Enfin, pour ce qui est de la conclusion, à quoi dois-je aboutir après ces trois parties?Je vous remercie.

Bonsoir,

Pour ce qui est des arguments 1 et 3 de la partie 1, mon professeur ne vois pas de « lien » avec le but de la partie, qui est « Montaigne dénonce l’erreur de juger l’autre d’après soi-même ( donc on montre qu’il s’efforce de dénoncer le préjugé ethnocentriste à travers ces deux essais ) ».

Il s’agit simplement de démontrer que Montaigne ne juge pas selon le point de vue de la culture à laquelle il appartient (culture qui est un des constituants de sa personnalité).

Pour la partie 2, à travers quel exemple puis-je développer que « Montaigne est chrétien catholique, cet aspect se perçoit aisément quand il critique la cruauté et l’hypocrisie des colonisateurs »; et en quoi cela explique que Montaigne obéit aussi à certains conditionnements pour juger?

Cherche le passage où Montaigne dénonce la cruauté et l’hypocrisie des colonisateurs. Montaigne est conditionné par son appartenance au christianisme qui professe que tous les hommes sont frères et qui exige l’exercice de la charité. Ces colonisateurs ont gravement trahi l’idéal évangélique qu’ils étaient censés apporter.

La conclusion, comme je te l’ai déjà indiqué est la reprise synthétique du développement assortie éventuellement d’une ouverture (par exemple que la lecture de Montaigne aujourd’hui reste une incitation à penser librement et à militer pour un véritable humanisme).

J’en resterai là dans cette discussion