Bonjour,
Une question me vient à l’esprit. La France a été occupée par les Allemands de 1940 à 1944, certains mots allemands en ont-ils profité pour entrer dans la langue française ?
De même pour la période 1914-1918 durant laquelle les Allemands ont occupé le nord-est de notre pays.
Et à d’autres époques ? Celle des Francs en France ?
Avons-nous des mots allemands dans notre répertoire ?
Pour les mots venus des deux dernières guerres, il y a ersatz et blitz, plus quelques mots de sinistre mémoire comme Gestapo, etc.
La liste des mots issus de l’allemand est assez longue, si l’on remonte le cours des siècles. Certains ont été empruntés sans changement. Mais pour les emprunts les plus anciens, la forme allemande a souvent été francisée, et le mot d’origine, parfois, n’est guère reconnaissable.
Pour les emprunts récents de la période 1914-1950, en voici quelques-uns entrés dans le Robert :
bunker, diktat, ersatz, kommandantur, kapo, führer, oflag, stalag, nazi, panzer, schupo, schnorkel... mais aussi deux toutous : boxer, schnauzer, et pour le ski : schuss.
Au fil du temps il y a eu beaucoup d’échanges de vocabulaire entre les 2 pays.
de l’allemand au français
https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Mots_fran%C3%A7ais_d%E2%80%99origine_allemande#G
comme du français à l’allemand
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vocabulaire_fran%C3%A7ais_adopt%C3%A9_en_allemand
Et encore, le Wiktionnaire en oublie !
Par exemple huguenot (de Eidgenossen) ou chenapan (de Schnapphahn)
Eh bien ! Bravo et merci à vous.
Je suis servi.
Vos bonnes réponses me font penser à une autre : espiègle qui vient d’Eulenspiegel.
Oui, Hippocampe. Personnage légendaire sans doute. Signes distinctifs : une chouette (Eule) et un miroir (Spiegel) à la main. Je me souviens d’un film avec Gérard Philippe… Ça dit quelque chose à quelqu’un ? Il me semble que l’action était déplacée aux Pays-Bas espagnols.
Pour les mots :
, je rajoute trinken (boire) qui a donné chez nous trinquer.
Gestapo : abréviation de "Geheimstaatpolizei" = "police secrète d’état"
Nazi : abréviation de "Nationalsozialisten" = les nationaux-socialistes.
Il me semble que l’on évoquait les Allemands durant l’occupation par le terme "les fritz" = en fait une abréviation du prénom Friedrich.
Réciproquement, pas mal de mots français en Allemagne, notamment au bord du Rhin (occupation armées révolutionnaire et napoléonienne) ainsi qu’à Berlin (Révocation de l’édit de Nantes de 1685 => fuite des protestants). On trouve donc ici ou là : Trottoir, Porte-monnaie, Gendarmen (Gendarmenplatz à Berlin), etc.
Des tas de mots français dans le champ lexical de la mode, évidemment !
Évidemment !
Merci Fandixhuit.
Je ne connaissais pas l’étymologie étonnante d’Eulenspiegel.
(Tu peux, au bon endroit, proposer un mot à trouver, si tu veux.)
La France a été occupée par les Allemands de 1940 à 1944, certains mots allemands en ont-ils profité pour entrer dans la langue française ?De même pour la période 1914-1918 durant laquelle les Allemands ont occupé le nord-est de notre pays.Et à d’autres époques ? Celle des Francs en France ?Il est déplorable d’avoir à enregistrer que les échanges linguistiques, qui pourraient signifier une commuanauté, un enrichissement réciproque, sont associés à des guerres, c’est-à-dire le déchaînement de la haine et de l’homicide comme unique manière d’opérer. Mais je vous concède que ce que perd la morale, la lucidité et le réalisme le retrouvent. La guerre et le confinement, j’ajoute. J’avais mentionné (je ne retrouve plus le message) mes recherches sur l’obscure expression : "se faire appeler Arthur". Qui signifiait être battu comme plâtre, se faire engueuler, morigéner grave, furieusement réprimander. D’accord, mais pourquoi c’est Arthur et non Robert ou Edmond qui est victime de cette engueulade ? Ecartons une erreur possible : "se faire appeler" ne veut pas dire être nommé, baptisé. Quoiqu’on puisse penser qu’appeler son enfant Arthur est une forme de punition, de réprimande originaire, mais c’est un fausse piste. J’avais trouvé comme explication la brève occupation de Paris par l’armée allemande, après la défaite de 1870. Les Allemands avaient instauré un couvre-feu (tiens tiens…) à partir de 8 heures du soir (Acht Uhr, en allemand). Si on vous voyait traîner après 8 heures, on vous gueulait dessus pour vous rappeler qu’il était 8 heures. Le couvre-feu laisse des traces, à l’évidence, on donne la même origine au mot "bistrot", Nous sommes cette fois en 1815, et ce sont des Russes qui habitent Paris. Je ne sais plus si ces mesures concernaient toute la population ou seulement les soldats russes, mais ces derniers au moins étaient rappelés en caserne très tôt, l’Etat Major russe ne souhaitant pas voir les soldats traîner dans les tavernes parisiennes, semble-t-il. "Bistro" veut dire "vite", en russe. Cela aurait été prononcé régulièrement par ces soldats russes, manière de demander d’avoir rapidement un dernier chtit coup de gnôle, l’heure de revenir en casernement approchant. PS : la remarque sur les Francs est curieuse. D’après leur nom, on peut imaginer qu’ils avaient quelque légitimité à se trouver en France, ou bien?
PS : la remarque sur les Francs est curieuse. D’après leur nom, on peut imaginer qu’ils avaient quelque légitimité à se trouver en France, ou bien?
Ah mais je ne dis pas le contraire, enfin j’ai été maladroit.
La France doit beaucoup aux Francs qui, si je ne m’abuse, étaient au départ, des étrangers. N’en déplaise à certains. D’ailleurs j’habite en Île-de-France. C’est ici que les Francs ont créé l’embryon de la France. Si je ne me trompe pas. Je ne connais pas bien cette période. J’ai l’intention de m’acheter un jour un bouquin sur le sujet pour m’éclairer l’esprit. Brunehaut et Frédégonde… c’est la méchante qui a gagné.
France = Frankreich = royaume des Francs. On trouve aussi ce radical en Allemagne: Frankfurt am Main (Francfort), Frankenland (Franconie), etc. Tiens, tu as aussi Frankenstein de M. Shelley, qui ne veut pas dire grand chose dans le contexte du roman (Stein = pierre).
Les Francs sont un peuple germanique au départ. Étrange !
Ce qui me fait penser que les "Germains" sont nos cousins germains (cf. Charlemagne). Notre ennemi héréditaire, c’est l’Angleterre ! 😉
Oui, et l’Entente cordiale de 1904 n’a pas été célébrée en 2004 comme elle aurait dû l’être. Enfin la paix après des siècles et des siècles de guerre.
Quand les Francs sont venus dans nos contrées, il n’y avait pas encore d’entité "France".
https://fr.wikipedia.org/wiki/Francs#La_langue
Leur langue, le francique, est à l’origine de plus de trois cents mots du français.
Rien qu’à la lettre b, on peut citer : ban, bande, balle (paquet), baron, bâtir, besoin, bière (cercueil), blanc, bleu, blé, bord, blesser, bouter, brandir…
Ni d’entité "Allemagne".
C’est exact.
Tout ce qu’on peut dire, c’est que c’était une langue germanique.