Sens d’une citation de Charles Péguy

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Pourriez-vous m’expliquer la deuxieme parti de cette citation en gras ? je n’arrive pas à la comprendre. 🙄«Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.» "Notre jeunesse - Merci beaucoup.

Bonjour,

On peut refuser de voir parce que c’est insupportable ou contraire à ce que nous croyons. L’éducation, les préjugés, les passions peuvent déformer notre perception. De toute façon, ce que nous voyons est toujours une interprétation de la perception.

Merci Jean-Luc pour ta réponse.

Donc, il faut dire les choses meme s’ils sont contraire à nos principes ou à nos croyances. ou qui choquent. Ok ça c’est compris.

(message édité)

Plutôt il faut reconnaître les faits tels qu’ils s’imposent et essayer de ne pas les interpréter ou les déformer.

> @""#p555044 Bonjour,On peut refuser de voir parce que c'est insupportable ou contraire à ce que nous croyons. L'éducation, les préjugés, les passions peuvent déformer notre perception. De toute façon, ce que nous voyons est toujours une interprétation de la perception.Et donc le mensonge serait à rechercher dans l’étage du dessous, si j’entends bien ? D’ordinaire, on pense que le moment faux se situe entre le voir et le dire : j’ai vu quelque chose, je dis quelque chose d’autre. Le moment de la torsion se passerait dans cette région. Mais Péguy nous dit que l’erreur est antérieure : on n’a pas vu ce qu’on a vu, d’abord, prioritairement. Et c’est de ne pas avoir vu, et non de ne pouvoir dire ce qu’on a vu, que nous souffrons. Le problème de Swann, ce n’est pas qu’il ne dit pas (ou ne peut pas dire) ce qu’il voit. C’est que ce qu’il voit, il ne le voit pas, de deux manières : quand il n’y a rien à voir, il voit beaucoup de choses (Odette a posé sa main là ou a souri à Forcheville, y a rien à voir, lui, il voit bien des choses), mais en revanche quand il y a du patent, de l’ultra-visible, il tire le rideau. C’est au moment même de la visibilité maximale que sa perception s’abolit. Pour le Grand Midi nietzschéen, il chausse ses lunettes de soleil. Conseil plus pratique pour notre jeune ami : intéressez-vous à l’idée de voir ce qu’il y a à voir. Des choses, nous en voyons en permanence, mais est-ce que nous voyons, en elles ou auprès d’elles, ce qu’il y a à voir ? L’essentiel. L’important ? Prenez le cas par exemple des témoignages dans les procès. Si on examine la façon dont les gens ont vu, cru voir, puis comment ils le disent (et le texte dit bien qu’il faut le dire), cela peut donner des réflexions intéressantes. N’est qu’un exemple, si le juridique ennuie, on trouvera dans l’histoire des sciences ou ailleurs encore des cas où on avait cru voir et où en fait on n’avait pas vu du tout.