Bonjour,
Le renversement de perspective chez Montaigne réside dans la phrase suivante :
"Il n’y a rien, écrit Montaigne, de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes."
En d’autres termes, le barbare n’est pas celui que l’on pense. Nous nous érigeons en référence pour juger les autres. Il convient donc d’échapper à nos conditionnements culturels, à changer de paradigme (grille d’interprétation).
Tu as bien perçu le postulat. Chez Sukegawa, la barbarie est devenue la maladie, le handicap, l’anormal. Le malade, le handicapé, l’anormal n’est pas celui qu’on pense. Les thèmes de la normalité et de l’exclusion sont les nouvelles maladies d’une société qui renonce ainsi à son humanité pour s’enfermer dans le culte de l’efficacité au prix d’une solitude égoïste. Le prétendu bonheur matérialiste qu’elle promet est un leurre parce qu’elle est incapable de donner un vrai sens à la vie.