Bonjour j’ai un commentaire littéraire à faire en français et je bloque complètement, je ne comprends pas très bien le texte, et je n’arrive pas a faire mon plan. Est-ce que vous pourriez m’aider s’il vous plait…😪Voici mon texte : Quand tu dors dans mes bras je peux longuement caresser ton âmeAinsi tu ne m’as pas quitté je t’ai retenue ô ma femmeSi légère mes bras fermés qui dors dans ton souffle légerTu ne m’as pas quitté pour un songe tu n’y as pas songéSi légère que je craignais que le moindre souffle t’emporte Et que je fermais bien mes bras de peur que ton âme n’en sorteTu ne m’as pas quitté mon âme et mes bras ô ma bien-aiméeSont demeurés autour de toi fermés comme un anneau ferméComme tu es légère légère en ton sommeil puérilAbandonnée et confiante abandonnée à tes périlsÔ léger souffle de ma vie ô douce à veiller cœur sans bruitÉmerveillée que je te garde et te regarde dans la nuitJe vois venir avec lenteur au plafond la raie coutumièreLe doigt de l’aube sur sa bouche avant la musique ramièreBalle blanche comme les draps encore obscurs où nous bougeonsQui fend peu à peu les rideaux les roucoulements les pigeonsIl vient du dehors de la chambre un chambard de choses humainesLe claquement d’un volet Le jour qui reprend son domaineDes pas d’asphalte Un enrouement brutal de la rue et des rouesDes freins des voix un brimbalement de choses qui s’ébrouentPuis tout s’étire et s’étouffe et s’éteint sauf quelqu’un là qui tousseIl ne se passe rien pour nous que ce qui se passe pour tousOn se partage le malheur comme une sorte de tributMais notre bonheur est un vin que tout le monde n’a pas buLe bonheur je n’ai jamais pu me faire à son accoutumanceJe tremble pour lui tous les jours à cette heure où le jour commenceCe jour sans toi jusqu’à présent qu’on ne peut dire commencéCe jour désert d’avant le jour comme un rêve avant la penséeEt que ce soit le jour suivant ce n’est après tout qu’un détailSi l’amour chaque jour grandit c’est au côté comme une entailleEt qu’est-ce que c’est que l’amour qui n’en est qu’au commencementQuand on a tout le temps de voir tes yeux s’ouvrir immensémentL’avare jusqu’au bout de ses bras entend serrer son trésorIl ne peut pas imaginer autre dénouement à son sortComme lui je vois clairement le visage de mon destinÔ mon or entre mes bras dans la blancheur du dernier matinHeureux celui qui s’endort dans l’accomplissement de son viceJe ferai de ma mort mon chef-d’œuvre un chef-d’œuvre d’avariceJ’enterrerai dans la nuit comme un homme en plein émerveillementEt qu’on ne vienne pas dire après que je n’ai pas su commentIl ne s’est pas vu partir Ma Vie est une maison de verreEt je ferai la mort comme j’ai fait l’amour les yeux ouvertsAh ce n’est pas d’hier que je la vois venir à mes devantsJe veux la voir et de mes derniers doigts toucher ton bras vivantComme celui qui n’a que la force d’arriver à la cimeTrouve ses derniers pas dans ses genoux et roule dans l’abîmeEt si ce n’est pour aucun dieu que ce devoir est accompliIl n’en a pas moins atteint cette cime ou son cœur s’abolitC’est alors seulement que pour toi qui me verras la premièrePour toi je fermerai paisiblement mes yeux à la lumière
Aragon, Elsa - Quand tu dors dans mes bras…
8 réponses
Bonsoir,
D’abord un texte plus exact :
Quand tu dors dans mes bras je peux longuement caresser ton âme
Ainsi tu ne m’as pas quitté je t’ai retenue ô ma femme
Si légère à mes bras fermés qui dors dans ton souffle léger
Tu ne m’as pas quitté pour un songe tu n’y as pas songé
Si légère que je craignais que le moindre souffle t’emporte
Et que je fermais bien mes bras de peur que ton âme n’en sorte
Tu ne m’as pas quitté mon âme et mes bras ô ma bien-aimée
Sont demeurés autour de toi fermés comme un anneau fermé
Comme tu es légère légère en ton sommeil puéril
Abandonnée et confiante abandonnée à tes périls
Ô léger souffle de ma vie ô douce à veiller coeur sans bruit
Emerveillé que je te garde et te regarde dans la nuit
Je vois venir avec lenteur au plafond la raie coutumière
Le doigt de l’aube sur sa bouche avant la musique ramière
Pâle blanche comme les draps encore obscurs où nous bougeons
Qui fend peu à peu les rideaux du roucoulement des pigeons
Il vient du dehors de la chambre un chambard de choses humaines
Le claquement d’un volet Le jour qui reprend son domaine
Des pas d’asphalte Un enrouement brutal de la rue et des roues
Des freins des voix un brimbalement de choses qui s’ébrouent
Puis tout s’étire et s’étouffe et s’éteint sauf quelqu’un là qui tousse
Il ne se passe rien pour nous que ce qui se passe pour tous
On se partage le malheur comme une sorte de tribut
Mais notre bonheur est un vin que tout le monde n’a pas bu
Le bonheur je n’ai jamais pu me faire à son accoutumance
Je tremble pour lui tous les jours à cette heure où le jour commence
Ce jour sans toi jusqu’à présent qu’on ne peut dire commencé
Ce jour désert d’avant le jour comme un rêve avant la pensée
Et que ce soit le jour suivant ce n’est qu’après tout qu’un détail
Si l’amour chaque jour grandit c’est au côté comme une entaille
Et qu’est-ce que c’est que l’amour qui n’est qu’au commencement
Quand on a tout le temps de voir tes yeux s’ouvrir intensément
L’avare jusqu’au bout entend serrer son trésor
Il ne peut pas imaginer autre dénouement à son sort
Comme lui je vois clairement le visage de mon destin
Ô mon or entre mes bras dans la blancheur du dernier matin
Heureux celui qui s’endort dans l’accomplissement de son vice
Je ferai de me mort mon chef-d’oeuvre un chef-d’oeuvre d’avarice
J’entrerai dans la nuit comme un homme en plein émerveillement
Et qu’on ne vienne pas dire après que je n’ai pas su comment
Il ne s’est pas vu partir Ma vie est une maison de verre
Et je ferai la mort comme j’ai fait l’amour les yeux ouverts
Ah ce n’est pas d’hier que je la vois venir à mes devants
Je veux la voir et de mes derniers doigts toucher ton bras vivant
Comme celui qui n’a que la force d’arriver à la cime
Trouve ses derniers pas dans ses genoux et roule dans l’abîme
Et si ce n’est pour aucun dieu que ce devoir est accompli
Il n’en a pas moins atteint cette cime où son coeur s’abolit
C’est alors seulement que pour toi qui me verras la première
Pour toi je fermerai paisiblement mes yeux à la lumière
Je reviendrai plus tard ce soir.
Merci Jean-Luc.
Mais j’ai déjà remplacé par la bonne version dans le premier message… 😉
Merci beaucoup j’attendrai votre réponse
Bonsoir,
Aragon est le "fou d’Elsa", titre d’un de ses recueils. C’est sa muse. Dans ce poème, il exprime quelques-uns des sentiments qu’il éprouve.
Quelques pistes en lecture linéaire :
1re strophe : l’amour et la nuit, le rêve, échapper à la réalité, aller au delà de la réalité, dépasser la corporéité pour atteindre l’âme, principe immatériel et fugace…
2e strophe : la réalité reprend ses droits, moment difficile du réveil, fin du rêve, intrusion d’un monde menaçant
3e strophe : la perspective de la mort qui mettra fin à la relation, moment de vérité qui juge toute la vie, Aragon veut être celui qui a amassé l’amour (métaphore de l’avare), la mort n’est pas vécue ici comme une réalité effrayante mais comme le sacre du poète.
Le poème abonde en jeux de mots, symétries et oppositions.
Nantie de ces indications, essaie d’analyser le lexique et les images pour analyser le lyrisme d’Aragon.
Si certaines parties te paraissent obscures, reviens nous le dire.
D’accord merci beaucoup
Je voulais savoir, comme je dois crée 3 grands axes, est-ce que je peux faire le premier axe sur la première strophe, le deuxième axe sur la deuxième strophe et ainsi de suite, ou cela n’ira pas ??
C’est possible selon une analyse linéaire, c’est pourquoi je t’ai indiqué des pistes par strophes.



