Bonjour, j’aurais besoin de votre aide pour faire une explication de texte sur la partie que vous trouverez écrite ci joint, mais je ne sais absolument pas comment procédé, la philosophie étant nouveau pour moi et n’ayant pas trop compris les explications de mon professeur. Je vous remercie d’avance pour votre aide.Texte de Emil Cioran, Précis de décomposition :Son sang mal composé a permis l’infiltration d’incertitudes, d’ébauches, de problèmes; sa vitalité mal disposée, l’intrusion de points d’interrogation et de signes d’étonnement. Comment définir le virus qui en rongeant sa somnolence, l’a accablé de veilles au milieu de la sieste des êtres ? Quel ver s’est emparé de son repos, quel agent primitif de la connaissance l’a obligé au retard des actes, à l’arrêt des envies ?
Cioran, Précis de décomposition - Son sang mal composé a permis…
13 réponses
Bonjour,
C’est un texte difficile parce qu’allusif, indirect.
Le champ sémantique est celui de la maladie. Mais le mal est allégorique, il ne concerne pas le corps car les symptômes renvoient à l’activité intellectuelle…
Peux-tu continuer de toi-même ?
Dernier indice : le mal est paradoxal, il réveille mais paralyse. Ne serait-ce pas une forme du scepticisme ?
C’est ce qu’il me semblait bien avoir compris que cette maladie ne concernait pas le corps mais l’activité intellectuelle, la conscience. Mais je ne sais absolument pas comment m’y prendre, comment commencer ?, je n’ai jamais fait d’explication de texte en philosophie
Je reviendrai ce soir pour t’aider. Il faut ici jouer sur les connotations.
Bonsoir,
A priori, nous serions dans une modalisation péjorative : le titre "précis de décomposition","Son sang mal composé"; "sa vitalité mal disposée", le champ lexical de la maladie : les "mal", "virus", "ver", "accablé"…
Ce mal n’est pas nommé : "Quel" et interrogations malgré les symptômes.
Il menace les processus vitaux.
Mais ce mal est intellectuel, il a créé un malaise.
Pourtant ce mal est-il un mal ? quelques expressions peuvent nous faire douter : "signes d’étonnement", "rongeant sa somnolence", "sieste des êtres" (ces deux dernières expressions suggèrent un manque de lucidité, une routine abrutissante).
Cependant ce mal qui réveille la conscience entrave l’action.
Conclusion : Peut-on nommer ce mal ? Faut-il s’en plaindre ? Cioran suggère que l’homme s’est endormi dans une vie végétative faite d’habitudes, il est anesthésié. Le virus de l’étonnement crée un inconfort qui pourrait être salutaire. Ce doute qui s’insinue en nous pourrait s’appeler le scepticisme. Mais dans son état premier, il inhibe.
En complément, Cioran évoque-t-il les limites paradoxales du doute généralisé, nécessaire mais dangereux ? Prépare-t-il la promotion du doute raisonné, application en quelque sorte du principe de précaution à la pensée philosophique ?
Bonjour, voici ce que j’ai réussi a faire, je ne sais pas si c’est bien, je n’arrivais pas trop a organiser mes idées. Cioran, dans son texte y introduit en effet les concepts de la santé et de la maladie. Ainsi l’homme agissant est il sur la voie de la guérison ? Se perdre dans les détours est le symptôme d’une maladie et donc d’une vitalité diminuée. L’homme est cet être dont la mauvaise constitution biologique le prédispose à ne pas savoir quoi faire et à préférer être malade que bien. Cette maladie, ce mal, dont parle Cioran est allégorique. En effet, il ne concerne pas exactement le corps car les symptômes renvoient plus à l’activité intellectuelle, à la conscience, c’est cette conscience qui transforme l’homme en un être maladif, en pensant continuellement, en se remettant en question, en étant incertains, en pensant tout simplement, c’est le principe même de la conscience qui est totalement l’opposé de l’inconscience, car une personne inconsciente ne pense pas ses actes, elle a souvent des excès de confiance, une certaine immaturité et n’est pas très intelligente. Il est évident que dans ce texte le personnage désigné par la troisième personne du singulier : « mon sang » (l.8) renvoie à la fois à l’homme en général, mais également à l’écrivain, c’est-à-dire Emil Cioran. Cioran lui-même parle de ses troubles physiques, de sa décomposition, la phrase : « son sang mal composé » (l.8) renvoie aux incertitudes naissant en lui, au doute, son énergie se perd, se dissipe, il n’avance pas, il a une perte de vitalité. Le vocabulaire utilisé fait allusion, quant à lui au corps, au psychisme : « composé » (l.8), à l’écriture elle-même : « points d’interrogation » (l.9) et aux émotions, tel que : « l’étonnement » (l.10). Ainsi, l’homme est un être maladif de nature, dont la maladie se manifeste par une inquiétude qui ne semble se calmer. De la ligne 10 à 12, l’allusion à des causes extérieures tel que : « virus » (l.10) ou bien : « ver » (l.11) qu’on ne peut combattre, suggère l’insomnie permanente dont souffrait Cioran ou bien l’homme en général, il s’abandonne pour une fois à la somnolence et ce piège qui paralyse ses actes et ses désirs et l’isole du commun des mortels. Il se demande comment définir ce virus ? (l.10 à 11). On appelle souvent cela la mélancolie. Mais sa mélancolie était très lourde, très pesante. A la fin, lorsqu’il emploi la phrase : « agent primitif de la connaissance » (l.11 à 12), cela est intéressant car ça signifierait qu’il se dirait avoir acquis des connaissances ou avoir envie de connaitre ? Mais serait ce ça le démon qui l’empêche d’avancer : « retard des actes, arrête des envies » (l.12) ou bien les lignes 11 et 12 pourrait signifier que sa maladie c’est de se perdre dans ses détours, animal qui est un être maladif qui se perd dans des détours.
En effet, beaucoup de confusion, pas de ligne directrice, pas de progression.Relis ce que j’ai écrit plus haut.Quelques notations intéressantes à développer :c’est cette conscience qui transforme l’homme en un être maladif, en pensant continuellement, en se remettant en question, en étant incertains, en pensant tout simplement, c’est le principe même de la conscienceon sang mal composé » (l.8) renvoie aux incertitudes naissant en lui, au doute, son énergie se perd, se dissipe, il n’avance pas, il a une perte de vitalité.On appelle souvent cela la mélancolie (ou même dépression, désespoir). Mais sa mélancolie était très lourde, très pesante. A la fin, lorsqu’il emploie la phrase : « agent primitif de la connaissance » (l.11 à 12), cela est intéressant car ça signifierait qu’il se dirait avoir acquis des connaissances ou avoir envie de connaitre ? (
D’accord, merci, mais je ne vois pas du tout comment organiser mes paragraphes, de quoi parler dans l’un de quoi parler dans l’autre.
Si tu es d’accord avec mon analyse, reprends-la avec tes propres termes en y ajoutant tes judicieuses notations relevées plus haut.
Bonjour, voila ce que j’ai réussi a produire, j’ai essayé de reprendre des éléments de votre analyse et de réorganiser mes idées. Cioran, dans son texte y introduit en effet les concepts de la santé et de la maladie. Ainsi l’homme agissant est-il sur la voie de la guérison ? Se perdre dans les détours est le symptôme d’une maladie et donc d’une vitalité diminuée. L’homme est cet être dont la mauvaise constitution biologique le prédispose à ne pas savoir quoi faire et à préférer être malade que bien. Cette maladie, ce mal, dont parle Cioran est allégorique. En effet, il ne concerne pas exactement le corps car les symptômes renvoient plus à l’activité intellectuelle, à la conscience, c’est cette conscience qui transforme l’homme en un être maladif, en pensant continuellement, en se remettant en question, en étant incertains, en pensant tout simplement, c’est le principe même de la conscience qui est totalement l’opposé de l’inconscience, car une personne inconsciente ne pense pas ses actes, elle a souvent des excès de confiance, une certaine immaturité et n’est pas très intelligente. Il est évident que dans ce texte le personnage désigné par la troisième personne du singulier : « mon sang » (l.8) renvoie à la fois à l’homme en général, mais également à l’écrivain, c’est-à-dire Emil Cioran. Cioran lui-même parle de ses troubles physiques, de sa décomposition, la phrase : « son sang mal composé » (l.8) renvoie aux incertitudes naissant en lui, au doute, son énergie se perd, se dissipe, il n’avance pas, il a une perte de vitalité. Le vocabulaire utilisé fait allusion, quant à lui au corps, au psychisme : « composé » (l.8), à l’écriture elle-même : « points d’interrogation » (l.9) et aux émotions, tel que : « l’étonnement » (l.10). Comme nous pouvons le constater, il y a un champ lexical péjoratif, prenons déjà pour exemple le titre du livre de Cioran, « Précis de décomposition », la décomposition revient donc au mal, Cioran et l’homme se décompose, ils sont rongés par ce mal. Nous pouvons également constater de la ligne 10 à 12, l’allusion à des causes extérieures tel que : « virus » (l.10) ou bien : « ver » (l.11) qu’on ne peut combattre, qui suggère l’insomnie permanente dont souffrait Cioran ou bien l’homme en général, il s’abandonne pour une fois à la somnolence et ce piège qui paralyse ses actes et ses désirs et l’isole du commun des mortels. Il se demande comment définir ce virus ? (l.10 à 11). On appelle souvent cela la mélancolie. Mais sa mélancolie était très lourde, très pesante. A la fin, lorsqu’il emploi la phrase : « agent primitif de la connaissance » (l.11 à 12), cela est intéressant car cela signifierait qu’il se dirait avoir acquis des connaissances ou avoir envie de connaitre ? Mais serait ce ça le démon qui l’empêche d’avancer : « retard des actes, arrête des envies » (l.12). Pour finir, nous pouvons également dire que les lignes 11 et 12 pourrait signifier que sa maladie c’est de se perdre dans ses détours, un animal qui est un être maladif qui se perd dans des détours. Ce mal dont Cioran et l’homme souffre n’est pas nommé, en effet Cioran emploie le terme : « Quel » (l.11), il s’interroge malgré ses symptômes sur ce mal, quel est ce mal qui le ronge ? Ce mal est-il un mal ? quelques expressions peuvent nous faire douter : « signes d’étonnement » (l.10), « rongeant sa somnolence » (l.10), « sieste des êtres » (l.11). Peut-on nommer ce mal ? Faut-il s’en plaindre ? Cioran suggère que l’homme s’est endormi dans une vie végétative faite d’habitudes, il est anesthésié. Le virus de l’étonnement crée un inconfort qui pourrait être salutaire. Ce doute qui s’insinue en nous pourrait s’appeler le scepticisme. Mais dans son état premier, il inhibe.
Bonjour,
L’introduction ne peut convenir parce que le véritable malade est l’homme abruti agissant. Celui qui est inhibé par ses interrogations est sans doute malade aux yeux de ses congénères, mais il est plus vivant et plus humain qu’eux.
Il manque un mot important que je n’ai d’ailleurs pas cité parce que j’espérais que tu le trouverais : lucidité.
Ton texte ne met pas assez en valeur la formulation ironique de la maladie. Le véritable malade est celui qui vit dans la routine et ne s’étonne de rien, ne se rebiffe pas.
D’accord je vois, merci infiniment pour votre aide je vais essayer d’améliorer mon intro et de rajouter les éléments manquants.
Si les conditions de l’exercice, savoir que c’est un devoir de Terminale 2020/21, sont vérifiées, le choix de ce texte me semble très imprudent, pour dire le moins.
Il ne sera pas pédagogiquement rentable, je gage, de planter les trois quarts de la classe en les confrontant à un travail qu’ils ne peuvent pas faire.
Et au plan philosophique, je ne suis pas convaincu de l’intérêt de pousser un peu plus l’élève dans sa pente naturelle, - je parle du relativisme, pour faire court - , lui donnant en quelque sorte sa pâtée.



