Bonsoir, je m’excuse d’avance, ça risque d’être assez long…
Je suis en prépa et j’ai très envie d’arrêter (je crois qu’au fond j’ai déjà abandonné). Je ressens un mal être assez profond depuis quelques temps, et une angoisse quotidienne qui ne me lâche pas (vraiment une gêne physique, persistante, dans la poitrine même au moment où j’écris). Mais si ma décision n’est pas vraiment entièrement prise et que je viens demander conseil sur ce forum (d’ailleurs je pense poster ce même message sur des forums d’autres sites) c’est que ma situation est un peu plus compliquée que ça.
À la sortie de du lycée, il m’a semblé évident d’aller en licence d’anglais. J’étais totalement tombée sous le charme de la matière en première,la LVA en terminale était un vrai bonheur et j’étais sûre que c’est ce que je voulais faire et que je me destinais à une profession dans l’enseignement.
Cependant je déchante progressivement : je suis dubitative face à l’enseignement qu’on nous fait de l’anglais à la fac, je me rends compte que ça ne me plaît pas autant que ce que je pensais, je ne me sens pas épanouie, alors je ne m’investis pas tellement dans mon travail mais je valide quand même mon premier semestre avant que me vienne l’idée d’un nouveau projet, d’une réorientation.
Me disant que le fait de n’étudier que de l’anglais me donne vraiment l’impression de “passer à côté de quelque chose” je me dis que me diriger vers une voix plus générale et pluridisciplinaire est sûrement la solution. Alors je décide que j’irais en prépa littéraire à la prochaine rentrée. Et la raison pour laquelle je ne termine pas mon année en faisant mon second semestre en anglais est la suivante : ma première idée étant d’aller en prépa BL (parce que encore plus pluridisciplinaire que la prépa AL, et puis parce que l’idée de pouvoir étudier les sciences sociales m’attire et pour plein d’autres raisons qui seraient trop longues à énumérer ici) je me mets en tête que je me remettrai à niveau en maths pour pouvoir y aller, étant donné que j’ai arrêté les maths en première (quelle ingénieuse idée me direz-vous). J’en parle à une conseillère d’orientation de mon université qui “valide” la cohésion de mon projet.
Cependant ce n’est évidemment pas si simple, je montre une certaine résistance à cette remise à niveau en maths, je procrastine vraiment beaucoup et au final je ne fais pas vraiment grand chose (décidément les maths ce n’est vraiment pas pour moi).
Et puis tout s’enchaîne : une pandémie mondiale, un confinement, les mois qui suivent sont assez difficiles psychologiquement parlant. Et puis je me sens impuissante et perdue niveau orientation (même si je sais bien qu’il y a toujours la possibilité d’aller en prépa AL, plus accessible pour moi, mais à ce moment c’est le flou total), ma grand-mère décède, un chamboulement familial assez brusque et les conditions à ce moment n’aident vraiment pas avec l’isolement etc. Niveau santé mentale ça ne va vraiment pas les mois qui suivent, j’en arrive à un état presque dépressif je pense (et ma famille à la maison n’y voit que du feu, du moins ne s’en préoccupe pas plus que ça - ce que je peux comprendre dans un sens - et le sujet du décès passe assez vite à la trappe… enfin voilà)
Finalement je confirme ma proposition d’admission en prépa AL. Avant la rentrée on a déjà des indications sur des choses à faire : je parviens à lire 3 livres au programme de Français (dont j’apprécie d’ailleurs la lecture -,en un temps record, je me familiarise avec le programme de géo même si je peine à me mettre au boulot, je procrastine (il y aurait beaucoup à dire sur ça, j’ai une relation vraiment compliquée avec la procrastination depuis le lycée bien que j’ai toujours réussi à m’en sortir avec de bonnes notes et même une mention très bien au bac… que je ne pense pas avoir mérité aujourd’hui encore) mais je le fais ! Les programmes me paraissent intéressants, je suis plutôt enthousiaste à l’idée de commencer cette nouvelle année scolaire en prépa.
Puis la rentrée arrive. Mon estime de moi n’est pas au top je m’en rends bien compte (mais ça ce n’est vraiment pas une nouveauté) même si je m’efforce d’essayer de changer ça, de garder une bonne mindset . Je me compare déjà aux gens, je me demande ce que je fais là les premières semaines, j’ai vraiment peur de ne pas réussir à m’intégrer, et la peur de la solitude devient une grande préoccupation mais bon tout ça ce serait trop long à développer et puis j’ai déjà écris un pavé.
Au final je parviens quand même à aller vers quelques personnes de ma classe de prépa et je me fais quelques amis vraiment sympas alors cette peur de la solitude dans cette nouvelle formation finit par ne plus constituer une si grande inquiétude.
Mais sur le plan scolaire, encore une fois, j’ai du mal à me mettre au travail mais je parviens quand même (enfin c’est ce que je pensais) à m’y faire et à m’en sortir. Les profs sont vraiment géniaux et leurs cours sont vraiment construits (comparé à certains cours et profs que j’ai pu avoir en secondaire…). Mais au fur et à mesure je réalise que ma place n’est sûrement pas ici…Ce qu’il se passe c’est que j’ai l’impression de totalement être à la dérive niveau orientation. Et ces derniers temps ça ne va vraiment pas, je suis totalement perdue, j’angoisse, j’ai l’impression de ne pas avoir d’avenir, que ma vie est vouée à l’échec, je commence vraiment à perdre espoir.
J’ai eu un premier rendez-vous chez une psy cette semaine (ma mère m’y a emmené à ma demande). J’ai beaucoup pleuré (comme ce qui est arrivé ces derniers jours). J’ai parlé avec elle de mes parents, de mon ressenti actuel, de mes relations, de mes études… j’ai compris certaines choses grâce à elle, j’ai refait face à certaines choses que j’avais préféré enfouir (surtout en lien avec une situation familiale un peu compliquée, et puis ma relation avec mes parents etc).
Mais voilà, en ce moment mes études constituent un poids assez énorme sur mes épaules (en plus de réaliser que psychologiquement c’est clairement pas le top). Je me rends compte que je ne fais que me "forcer", que je n’aime vraiment pas ce que je fais et que ça ne fait qu’agrandir mon mal être de plus en plus. J’ai plus l’impression de subir ma vie qu’autre chose et de ne pas réussir à en prendre le contrôle.
Ma mère me disait de continuer la prépa en attendant de savoir ce que je veux faire ensuite - et tant pis si je ne travaille pas car ce serait bon pour ma "culture" et puis qu’arrêter ferait tâche sur mon dossier - mais rester en prépa en “errant” comme ça m’angoisse encore plus et me fait me sentir piégée. Et d’un autre côté, la seule lueur d’espoir qu’il me reste j’ai l’impression, ce serait d’arrêter mes études pendant un temps (au moins un an).
Je me dis que j’aurais tellement dû prendre une année de césure quand j’en ai avais l’occasion mais little did i know… j’étais si sûr d’avoir trouvé ma voie les deux fois et au final… me voilà dans cette situation, encore plus perdue qu’au départ. J’ai vraiment l’impression d’avoir besoin d’une pause, de me recentrer sur moi, d’apprendre à me connaître, de prendre soin de ma santé, de me cultiver de mon côté, d’explorer différents domaines, de devenir plus autonome, passer mon permis… je ne manque pas d’idées quand à cette potentielle “année sabbatique”, je sais bien que je ne me tournerais pas les pouces. La seule crainte que j’ai serait de me retrouver avec beaucoup moins de chances de trouver une formation l’année prochaine en raison de mes deux formations “abandonnées”. En même temps je dois vous avouer qu’au point où j’en suis, je me dis que ma santé devrait passer avant tout et l’angoisse que je ressens actuellement est si forte… pensez-vous vraiment qu’aucune formation ne m’acceptera? (j’imaginais des licences telles que de sociologie ou d’anthropologie… mais je n’ai vraiment aucune certitude justement… mais si sur le plan personnel mon dossier était enrichi par ce temps pris pour moi justement? Je sais que l’idée d’aller à l’étranger avec le covid c’est mort, mais par exemple passer mon bafa, m’investir sur le plan associatif etc)
Bon je m’arrête ici, j’ai beaucoup trop écrit déjà et je me sens dépassée par tout ça, c’est déjà assez dur de réduire à peu mais je développerais certains points dans mes réponses si besoin.
J’ai oublié de préciser que j’habite à la Réunion. Un détail vachement important quand même, parce que du coup ça fait un mois que je suis entrée en prépa (et pas quelques jours, non, non) et puis rapport au fait d’aller en France pour mes prochaines études - d’où ce besoin de devenir plus autonome et de prendre le temps de me “soigner” psychiquement (étant donné que le choix niveau études reste limité à la Réunion, et l’université n’est pas la mieux classée. Et puis je ressens vraiment ce “besoin” de partir, et il faut bien que ça arrive à un moment ou à un autre alors autant faire de son mieux pour s’y préparer)
Je sais, c’est vraiment excessivement long, j’en suis désolée mais je n’ai même pas la force d’y revenir pour rectifier le tir… Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire, c’est très gentil.



