Je suis en pleine lecture du "De amicitia" et j’ai quelques questions de syntaxe, Quam ob rem cum illo quidem, ut supra dixi, actum optime est, mecum incommodius, quem fuerat aequius, ut prius introieram, sic prius exire de vitaPour cette raison, comme je l’ai dit plus haut, le meilleur sort lui a été réservé, et le plus inconfortable pour moi pour qui il eût été plus juste que je sortisse en premier de la vie comme j’y étais entré en premier ? Passons sur la tournure qui ne m’était pas familière "agere bene/male cum aliquo" Le "fuerat" marque ici le conditionnel (étendant ainsi la règle au verbe "esse", ce qui arrive parfois, la règle qui veut que les verbes marquant la possibilité, la convenance ou le devoir comme posse, debere, decet,… à l’indicatif en latin puissent avoir une valeur irréelle) ? Donc "fuerat" : ce qui eût été plus juste ? le "quem" qui introduit la relatif : l’accusatif fonctionne-t-il comme sujet d’une proposition infinitive dont le verbe serait "exire" ? Où le pronom occupe, comme souvent, une double fonction : marquage de la subordination relative (QU- FUERAT) à un premier niveau et marquage de la fonction au niveau de la proposition infinitive (-EM … EXIRE) ? "cuius disputationis fuit extremum fere de immortalitate animorum, quae se in quiete per visum ex Africano audisse dicebat"Scipion dont la toute fin de la discussion fut au sujet de l’immortalité de l’âme,qu’il disait avoir entendue dans son sommeil par un songe de l’Africain.J’ai bien compris que "quae" occupe une double fonction : marquage de la subordination relative (QU- … DICEBAT) et COD du verbe de la proposition infinitive (AUDISSE). Mais dans ce cas, j’attendrais plutôt "QUAM" à l’accusatif féminin singulier, immortalité qu’il disait avoir entendue dans un songe par une vision". Est-ce à dire que "QUAE" est un accusatif neutre pluriel qui signifierait "les preuves" (immortalité de l’âme dont il disait avoir entendu des preuves dans une vision) ?"sensu enim amisso fit idem, quasi natus non esset omnino, quem tamen esse natum et nos gaudemus et haec civitas dum erit laetabitur"En effet, la sensation ayant été perdue, la même chose advient, comme s’il n’était au final pas né, lui de la naissance duquel nous nous réjouissons - et cette cité célébrera sa naissance tant qu’elle vivra.L’accusatif du pronom relatif QUEM fonctionne-t-il comme sujet d’une proposition infinitive dont le verbe est "natum esse" renvoyant à Scipion ? Nous nous réjouissons toutefois qu’il soit né ? Les verbes de sentiments se construisent plus généralement avec une complétive introduite par "QUOD" et un verbe au subjonctif, mais j’imagine que la proposition infinitive est possible.
Questions sur le "De amicitia" (Cicéron)
3 réponses
Bonjour, Je suis en pleine lecture du "De amicitia" et j’ai quelques questions de syntaxe, Passons sur la tournure qui ne m’était pas familière "agere bene/male cum aliquo" Le "fuerat" marque ici le conditionnel (étendant ainsi la règle au verbe "esse", ce qui arrive parfois, la règle qui veut que les verbes marquant la possibilité, la convenance ou le devoir comme posse, debere, decet,… à l’indicatif en latin puissent avoir une valeur irréelle) ? Donc "fuerat" : ce qui eût été plus juste ?« Aequum est » est une expression signifiant « il serait juste ». ( voir « difficile est » = « il serait difficile »). La tournure « aequius fuerat » se rencontre déjà chez Plaute, elle signifie « il aurait été plus juste ».Le "quem" qui introduit la relatif : l’accusatif fonctionne-t-il comme sujet d’une proposition infinitive dont le verbe serait "exire" ? Où le pronom occupe, comme souvent, une double fonction : marquage de la subordination relative (QU- FUERAT) à un premier niveau et marquage de la fonction au niveau de la proposition infinitive (-EM … EXIRE) ? La proposition relative est toujours relativement autonome. Ainsi le relatif peut être rattaché pour le cas non pas à la relative mais à une proposition secondaire qui la suit. C’est ce qui se passe ici : « quem » est à l’ accusatif sujet de l’infinitif « exire ».J’ai bien compris que "quae" occupe une double fonction : marquage de la subordination relative (QU- … DICEBAT) et COD du verbe de la proposition infinitive (AUDISSE). Mais dans ce cas, j’attendrais plutôt "QUAM" à l’accusatif féminin singulier, immortalité qu’il disait avoir entendue dans un songe par une vision". Est-ce à dire que "QUAE" est un accusatif neutre pluriel qui signifierait "les preuves" (immortalité de l’âme dont il disait avoir entendu des preuves dans une vision) ?…quae se in quiete…dicebat : Je sous- entendrais un verbe tel que « narrabat » tiré de « disputationis » : narrabat (ea) quae se in quiete….dicebat.= il racontait ce qu’il disait avoir entendu…L’accusatif du pronom relatif QUEM fonctionne-t-il comme sujet d’une proposition infinitive dont le verbe est "natum esse" renvoyant à Scipion ? Nous nous réjouissons toutefois qu’il soit né ? Quem natum esse : même remarque que pour « quem fuerat aequius. »Les verbes de sentiments se construisent plus généralement avec une complétive introduite par "QUOD" et un verbe au subjonctif, mais j’imagine que la proposition infinitive est possible.Les verbes de sentiment se construisent avec une complétive introduite par « quod » et subjonctif OU indicatif. Mais aussi et sans problème avec une infinitive. C’est le cas de verbes tels que doleo, gaudeo, queror,…Bon dimanche !
Je reviens sur …quae se in quiete…dicebat .
Je sous- entendrais un verbe tel que « narrabat » tiré de « disputationis » : narrabat (ea) quae se in quiete….dicebat.= il racontait ce qu’il disait avoir entendu…: EN FAIT, il est mieux de sous-entendre non pas "narrabat" mais "disserebat" qui se construit avec l’accusatif d’un pronom neutre : disserebat ea quae



