Du côté de chez Proust

Littérature

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Celle-ci me plaît particulièrement:

« … Elle rejetait fièrement en arrière ses épaules détachées de son buste et sur lesquelles sa tête posée presque horizontalement faisait penser à la tête « rapportée » d’un orgueilleux faisan qu’on sert sur une table avec toutes ses plumes. »

J’espère que personne, à l’époque, ne s’y est reconnu! 😏

4e et dernière page de Un amour de Swann. Ouf !- « … il était clair que si elle ne le connaissait pas personnellement, c’était en vertu de tous les principes indéracinables et entêtées auxquels ses épaules touchaient en arrière, comme à ces échelles sur lesquelles les professeurs de gymnastique vous font étendre pour vous développer le thorax. » - « Et elle murmura « c’est toujours charmant », avec un double ch au commencement du mot qui était une marque de délicatesse et dont elle sentait ses lèvre si romanesquement froissées comme une belle fleur, qu’elle harmonisa instinctivement son regard avec elle… »- « … ajouta t- il en ôtant son monocle pour l’essuyer, comme il aurait changé un pansement… »- « Je ne sais pas si l’héroïsme serait d’un format très portatif dans le monde… »- « … un éclat de rire écumant et joyeux, les traits de son visage concentrés, accouplés dans le réseau de son animation, le yeux étincelants, enflammés d’un ensoleillement radieux de gaieté… »- « … elle n’a eu le temps, comme une jolie mésange que d’aller piquer pour les mettre sur sa tête quelques petits fruits de prunier des oiseaux et d’aubépine ; il y a même encore de petites gouttes de rosée, un peu de la gelée blanche qui doit faire gémir la duchesse. »- « - Enfin, ces Cambremer ont un nom bien étonnant. Il finit juste à temps, mais il finit mal ! dit-elle en riant. – Il ne commence pas mieux, répondit Swann. – En effet cette double abréviation !… – C’est quelqu’un de très en colère et de très convenable qui n’a pas osé aller jusqu’au bout du premier mot. – Mais puisqu’il ne devait pas pouvoir s’empêcher de commencer le second, il aurait mieux fait d’achever le premier pour en finir une bonne fois… » (Bon, rien d’extraordinairement amusant mais relativement intéressant). - « Mais si on parvenait par la pensée à ôter aux propos de Swann la sonorité qui les enveloppait, les moustaches d’entre lesquelles ils sortaient… »- « cette grande nuit impénétrée… »  - « Je n’ai jamais rien vu d’aussi fort […] rien d’aussi fort… depuis les tables tournantes ! » (À propos de la sonate de Vinteuil).-« Mais cet avenir intérieur, ce fleuve, incolore et libre, voici qu’une seule parole d’Odette venait l’atteindre jusqu’en Swann (problème de syntaxe : on sait bien qu’il s’agit de lui) et, comme un morceau de glace, l’immobilisait, durcissait sa fluidité, le faisait geler tout entier ; et Swann s’était senti soudain rempli d’une masse énorme et infrangible qui pesait sur les parois intérieures de son être jusqu’à le faire éclater… » - « … faisant circuler partout un peu de la ténébreuse horreur qu’il avait ressenti en entendant l’aveu relatif à la Maison Dorée, et, comme les bêtes immondes dans la désolation de Ninive, ébranlant pierre à pierre tout son passé. »- « Par moments, les vagues sautaient jusqu’au bord… »- « …elle le regardait avec des yeux pleins de tendresse prêts à se détacher comme des larmes pour tomber sur lui… »- « … le bruit des vagues qui sautaient » (2e occurrence).[upl-image-preview url=https://www.zupimages.net//up/20/26/qnzp.png]

Hé bien, je n’avais pas lu Un amour de Swann d’aussi près! Il faut reconnaître que bien des comparaisons sont surprenantes et que ça valait de s’y arrêter! Mais j’en avais assez de tous ces états d’âme, et cela m’a manifestement déconcentrée!

En tout cas, merci pour ces extraits instructifs!

En tout cas, ça ne donne pas envie de s’y remettre - ni probablement de le lire pour ceux qui y auraient encore échappé ! 😁

Oh, Freddy 😪 ! Il y a aussi des passages extraordinaires où Proust analyse si bien la jalousie de Swann ! Limite pathologique bien sûr, mais la jalousie, d’une manière générale est un sentiment très-très humain !