Je n’aurais jamais cru trouver cette expression chez Proust, mais ici, on peut dire que c’est presque au sens propre. Comme lorsque que l’on dit : C’était un massacre en parlant de la très mauvaise interprétation d’une oeuvre musicale.
L’expression "c’est une tuerie"
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Le TLFi cite d’ailleurs un autre passage de Proust :
− Fam., p. exagér.[À propos d’un lieu où la foule est très dense, où il y a danger à s’y trouver]N’allez pas là, c’est une tuerie.Tout le ban et l’arrière-ban sont convoqués. Ce sera une tuerie, à s’assommer (Proust, Guermantes 1, 1920, p. 584).
Autre exemple dans ce sens, plus ancien encore, 1834 :
Superbe! on dit que la fin est si terrible, qu’à la répétition tous les pompiers ont pleuré… Mais aussi quelle peine pour entrer… c’était une tuerie !.. j’ai manqué d’avoir l’estomac pris dans une balustrade.
En musique, c’est une vacherie, une vanne assez classique de crtitiques musicaux : Untel a exécuté la Cinquième de Beethoven, et lorsque nous disons exécution… etc., et l’on évoque Bétove mort une deuxième fois, ou se retournant dans sa tombe, etc.
Oui, c’est ça Laoshi. J’ai parlé de Proust, car on en parle dans une autre discussion à lui consacrée.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/65200/du-cote-de-chez-proust#latest
> @""#p549022 Exact : « c'est mortel » a déjà trouvé sa connotation positive.fandixhuit je me disais que ce serait amusant de trouver des expression à connotation négative et exagérées (pour reprendre l'explication de lamaneur) qui signifieraient le contraire de leur acception d'origine. M'enfin, tout ça n'a qu'un intérêt superficiel et purement intellectuel. De toutes façons, ça évolue tous les jours. Tiens, j'entends souvent dans la bouche de mes jeunes : « trop la loose ! ». 😬Pour "c’est la loose", c’est pourtant une expression de vieux, ça avait déjà cours dans les années 1980.
> @""#p549928 J'ai entendu aussi, pas récemment : Untel, c'est une brute, en maths ! Avec la même figure, la "brute" étant normalement un animal, ou un être inculte, mal dégrossi et sauvage, alors qu'on veut exprimer exactement le contraire. J'aime bien ces antiphrases et j'avoue avoir moi-même tendance à en abuser. Pour "tuerie", je l'ai entendu presque exclusivement pour parler de gastronomie (donc l'exemple donné ne me surprend pas). Ce qu'il y a de plus doux, de plus plaisant décrit comme la violence la plus extrême : Ton omelette aux truffes, c'est une vraie tuerie ! (J'ajoute "vrai" dans le même esprit, puisque c'est faux, tout au contraire, cela me fait exister davantage, cela augmente ma puissance d'être, dirait Spinoza). On peut penser que pour exprimer le plus extrême dans l'existence, nous nous référons à son ultime extrémité, la mort. Ainsi, alors que le plaisir est pour l'humain ce qui dit au plus haut point qu'il est vivant, puisqu'il est sentant, on parle de mourir de plaisir, ou de jouir "à mort".Même remarque qu’au dessus, pour la brute, j’entendais ça dans les années 80.Et aussi, "c’est un monstre".
Et aussi, c’est un extraterrestre !
Extrait de conversation entre taupins dans les années 80 😉- je me suis vautré [au dernier contrôle], c’est la loose- ouai, moi aussi, j’ai loosé un max, mais (machin) il assure, c’est un(e) brute/extra-terrestre/monstre ce mecEn repensant à "monstre", ça fait peut-être bien assez longtemps qu’il existe un sens positif pas seulement en langage familier, on parle bien de "monstre sacré".
La louze en 1980 ? Vous m’étonnez….Ou alors vraiment la fin des années 80, l’époque des Bernard Tapie, Séguéla et consorts, avec des ouineurs et des louzeurs et toute cette quincaillerie grotesque, essentialiste et mystificatrice.
J’ai entendu ce langage pour la première fois vers 1985, j’étais en Math Sup à l’époque. Mais ceux qui le prenaient vraiment au premier degré étaient surtout des étudiants en prépa HEC, pour qui Tapie était effectivement une idole (ce qui était même déjà un sujet de plaisanteries entre nous autres scientifiques).
Laoshi : interprétation d’une oeuvre musicale
Bonjour Laoshi, si tu veux écrire œ, tu peux taper alt 0156.
Elle peut aussi utiliser le tout petit logiciel gratuit Lexibar, qui procède simplement par glisser-déposer, et qui permet également d’insérer les majuscules accentuées comme É ou À et les Ç… Très pratique.
En général, j’écris depuis mon téléphone et n’ai pas de problème. Merci tout de même à vous deux.
J’essaierai. À vrai dire, cela me gêne à chaque fois et sur un tel forum l’on écrit très souvent œuvre forcément!
> @""#p550233 J'ai entendu ce langage pour la première fois vers 1985, j'étais en Math Sup à l'époque. Mais ceux qui le prenaient vraiment au premier degré étaient surtout des étudiants en prépa HEC, pour qui Tapie était effectivement une idole (ce qui était même déjà un sujet de plaisanteries entre nous autres scientifiques).Vous avez raison, je retire ce que j’ai dit. En 1980, on était sous Giscard mais on s’apprêtait à élire un candidat socialiste. Mais dès 1984, en effet, on a vu apparaître les faces enfarinées que nous évoquons. Une tuerie !