En voyant ces nombreux fils de discussion sur les bons choix de prépa, cela évoque pour moi cette question. N’est-ce pas irrationnel de penser que, toutes choses égales par ailleurs, un élève aurait de meilleurs résultats en allant dans une prépa plutôt qu’une autre, si la distinction ne s’opère qu’en terme de classement de la prépa en question ? In fine, la seule chose importante c’est l’école qu’on intègre, non ? A moins que la prépa influe les conditions d’accès en master de manière significative (étant donné un certain rang d’admissibilité aux concours) ?
C’est l’étudiant qui fait l’école, ou le contraire ?
8 réponses
Pour moi : oui, c’est l’étudiant qui fait l’école, et ensuite c’est un cercle vertueux. Si tu as un certain niveau et que tu te retrouves entouré d’élèves excellents, tu peux être amené à surpasser ton niveau pour être à la hauteur. L’ambiance, le rythme des cours, le rythme de travail en dehors des cours, tout cela est influencé par les élèves qui se trouvent dans le groupe et a forcément des répercussions sur ton propre travail. Bien sûr certains n’ont pas besoin des autres pour se surpasser, et a contrario un rythme trop soutenu peut avoir l’effet inverse (découragement) sur certaines personnalités. Je parle de façon générale et selon ma propre expérience lointaine et maintenant celles de mon fils et ma filleule.
log, c’est seulement que l’esprit de l’ENS n’est pas l’esprit du bac. Un étudiant peut être très bon dans n’importe quelle situation ou presque (ce qui ne veut pas dire que les circonstances ne sont pas importantes), mais pour l’ENS, il faut être parmi les 5% meilleurs de gens qui ont été très bons. Donc non seulement c’est autrement difficile, mais en plus, c’est difficile d’y croire. Et quand on est dans un établissement où traditionnellement on met des gens tous les ans dans ces écoles, c’est plus facile d’y croire et donc de travailler pour. Et donc, il y a autour de vous plus de gens qui y croient et qui travaillent pour, et ça, notamment au moment de la période entre les écrits et la préparation des oraux, ça fait une différence énorme, je pense.
Donc comme souvent avec les questions agents/structures : ce sont les étudiants qui font la prépa, évidemment, mais ce faisant, c’est aussi la prépa qui fait les étudiants.
Je ne pense pas que ça ait d’implication sur la suite en master, par contre, à part pour des questions géographiques.
Il y a aussi, je pense, beaucoup d’étudiants qui y vont parce que c’est cohérent par rapport à leur parcours : ils ont fait de bons collèges, de grands lycées, donc ils vont en prépa puis dans les grandes écoles.
Donc, dire que c’est l’étudiant qui fait l’école ou se demander si c’est le contraire… Souvent, je dirais qu’un type d’étudiant est ""naturellement"" (avec beaucoup de guillemets) adapté à un type d’école, et ces écoles sont parfaites pour ce profil d’étudiants.
Artz : vous soulignez un point très important que je n’avais pas considéré, la proportion d’étudiants qui finissent par intégrer. Je suis d’accord avec votre analyse, et du coup il me semble important d’établir une distinction entre les prépa ECS ou MPSI d’un côté, et les A/L ou B/L de l’autre. Avec les premières, une grande proportion d’étudiants peut intégrer une école de niveau correct, ce qui enlève une partie de l’aspect "tout ou rien pour très peu". Je pense que mon raisonnement au départ était plus applicable aux prépas éco ou scientifiques.
Cette distinction me semble indispensable, @log.
Au regard des seuls concours des ENS, il me semble difficile d’en rester à une explication psychologique. Dans ma "petite" prépa, il était clair que l’enseignement prodigué, s’il préparait bien entendu à ces concours, avait d’abord une vocation plus générale et que les enseignants auraient procédé différemment s’ils avaient eu face à eux une promotion où davantage de monde était en mesure d’accéder à l’admissibilité ou à l’admission. J’imagine que c’était différent dans des prépas où l’entrée est plus sélective. Depuis, les prépas littéraires ont vu leurs débouchés se diversifier.
Je suis parfaitement d’accord avec @Artz z et @Ascagne qui en savent beaucoup sur ces sujets. Je désire apporter ma pierre à ce qui a été dit. J’étais à LLG à un moment où les statistiques disaient que c’était une très bonne prépa, mais loin derrière H4 (disons 16 admis à l’ENS Ulm vs 29 à H4) ; l’année où j’ai khûbé nous fûmes en 22 à intégrer, à H4 23. Depuis, les inscriptions dans les deux lycées sont beaucoup plus homogènes que lorsque LLG avait moins d’admis. Pourquoi? Parce que les très bons élèves qui visent l’ENS, en terminale, choisissent de se diriger – pour la plupart – vers des CPGE où il y a un bon nombre d’admis, en faisant en sorte que le système se reproduise en une sorte de cercle vicieux. C’est donc l’étudiant qui fait la CPGE ou la CPGE qui fait l’étudiant ? Les deux !
Tu as raison, Theriakos96, ce sont effectivement les deux… sauf pour quelques étudiants d’exception qui réussiront, dans quelque endroit qu’ils se trouvent, car ils ont ont une telle indépendance d’esprit, une telle autonomie, une telle intelligence innée des choses qu’ils n’ont quasiment pas besoin de professeurs.



