René Char, Commune présence

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Dans le cadre d’un dossier à rendre en master MEEF Lettres modernes, je dois effectuer une explication de texte sur le poème de René Char : Commune présence dans le recueil Le Marteau sans maître ( 1934 ). Si quelqu’un a déjà pu étudier ce poème ou possède des idées, ça me serait d’une grande utilité. Entre les révisions du CAPES et les dossiers à rendre je ne vois plus le bout… Merci à ceux qui voudront bien m’aider :)

Bonjour.

Avant tout, j’affiche le texte… Ce sera plus facile pour les personnes qui pourront t’aider.

Éclaireur comme tu surviens tard

L’arbre a châtié une à une ses feuilles

La terre à bec-de-lièvre a bu le dévoué sourire

Je t’écoutais au menu jour gravir la croisée

Où s’émiette au-dessus de l’indifférence des chiens

La toute pure image expérimentale du crime en voie de fossilisation

Qui prête au bienveillant les rumeurs de l’hostile

A l’irréfléchi le destin du mutiné?

L’inhumain ne s’est pas servilement converti

Au comptoir des mots enchantés

Indiscernable il rôde sur le tracé des flaques

Et gouverne selon son sang

Gardien de sa raison de son amour de son butin de son oubli de sa révolte de ses certitudes

Charpente constellée

Sont-ils épris de leur propre mort

Au point de ne pouvoir de leur vivant l’attribuant

Se démettre déborder d’elle…

II

Tu es pressé d’écrire

Comme si tu étais en retard sur la vie

S’il en est ainsi fais cortège à tes sources

Hâte-toi

Hâte-toi de transmettre

Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance

Effectivement tu es en retard sur la vie

La vie inexprimable

La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir

Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses

Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments

décharnés

Au bout de combats sans merci

Hors d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin grossière

Si tu rencontres la mort durant ton labeur

Reçois-la comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride

En t’inclinant

Si tu veux rire

Offre ta soumission

Jamais tes armes

Tu as été créé pour des moments peu communs

Modifie-toi disparais sans regret

Au gré de la rigueur suave

Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit

Sans interruption

Sans égarement

Essaime la poussière

Nul ne décèlera votre union.

Char a 27 ans quand paraît ce recueil, le premier qui fasse date. Certains y ont vu l’influence des surréalistes, il s’en est défendu. Sont déjà en germe les caractéristiques de sa poésie : dense, les pieds sur la terre, l’alliance des contraires (rebellion de bienfaisance)(éclaireur-tard) , la force des images et une volonté farouche d’unir des mots forts qui aident à vivre : "hâte-toi/reçois/offre/modifie-toi/disparais//essaime" et sans prendre garde à "l’indifférence des chiens".

Peut-être trois dominantes qui traversent ce poème :

I. Eclaireur comme tu surviens tard / Comme si tu étais en retard sur la vie/Effectivement tu es en retard sur la vie

II. Une vie de labeur : les rumeurs de l’hostile/le destin du mutiné/rebellion/t’est refusée/sang/révolte/combats sans merci/décharné/agonie/labeur/sueur/rigueur

III. Tu :" hâte-toi de transmettre/la vie inexprimable/des mots enchantés/Tu as été créé pour des moments peu communs/jamais tes armes/Essaime la poussière"