Bonjour,
Je dois rendre une dissertation de français mais je n’arrive pas à trouver des axes. Merci pour l’aide.
Sujet: Dans quelle mesure le roman d’analyse psychologique peut-il aider a transformer la société ?
Idées:
- Les conflits intérieurs des personnages constitue un éclairage sur les forces qui guident nos actions et nos choix.
-Le poids morale et le regard de la société influence l’individu et ses décisions
Je sais que La Princesse de Cleves fait partie de ce genre, connaissez-vous d’autres romans peut-être ??
Bonsoir Ellalala,Le mot important du sujet est "transformer". Donc en quoi le roman d’analyse peut-il dans un premier temps permettre une prise de conscience, puis pousser à la réflexion, puis à la décision de changer ? Est-ce que les conflits sont symptomatiques ? Montrent-ils des aspirations nouvelles ? Dénoncent-ils des impasses ? L’auteur cherche-t-il un consensus ou s’oppose-t-il ? Y a-t-il un effet de mode amplificateur ? La ligne directrice est bien de passer d’un cas personnel, un cas d’école parfois, à un comportement social. L’auteur doit donc impliquer le lecteur, utiliser des procédés propres à le séduire et à laisser des traces de son projet. L’art du récit est alors au service d’une perspicacité psychologique et sociologique.Il existe beaucoup d’autres romans d’analyse que la Princesse de Clèves. Ce qui importe n’est pas tant la quantité que la bonne maîtrise de tes lectures. Si tu ne connais que ce récit, ce n’est pas grave, tu seras d’abord jugé(e) sur la bonne utilisation de tes connaissances. Regarde aussi du côté du roman d’apprentissage. https://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_d%27apprentissage
D’accord, Merci beaucoup Jean-Luc
Le sujet est devenu plus clair.
Je vais donc essayer de faire le plan par moi même, avec les nouveaux éléments que vous m’avez apporté et puis si je rencontre des problèmes je reviens vers vous…
Bonsoir Jean-Luc,
1/ Considères-tu La Princesse comme un roman d’apprentissage ? Pas moi. On dit que La Princesse est le premier roman "psychologique". Il faudra du temps pour arriver au "Bildungsroman".
2/ Ellala,, il me semble que c’est surtout au 19e siècle, en France, que se développe le roman d’apprentissage : tu peu citer Balzac (Les Illusions perdues) ou encore Stendhal (Le Rouge et le Noir), et d’autres…
Va voir le lien de Jean-Luc.
@fandixhuit
Bien sûr, La Princesse de Clèves n’est pas à proprement parler un roman d’apprentissage, mais il y a en elle les prémices de ce type de récit, ne serait-ce parce que le récit de Mme de La Fayette s’étale de la jeunesse jusqu’à l’âge mûr de l’héroïne et que cette dernière tire une leçon de ce qu’elle a vécu.
Bonsoir encore, cher Jean-Luc,
Tu trouves que se laisser mourir est une "leçon de ce qu’elle a vécu " ? Pas moi.
Je peux comprendre qu’une lectrice du XXIe siècle n’apprécie pas la rigueur janséniste, mais si l’on lit attentivement la fin du roman, on a bien une "leçon de vie" de la part de Mme de Clèves, qui, se voyant aux portes de la mort, relit son existence selon une perspective chrétienne austère :
Cette vue si longue et si prochaine de la mort fit paraître à madame de Clèves les choses de cette vie de cet œil si différent dont on les voit dans la santé. La nécessité de mourir, dont elle se voyait si proche, l’accoutuma à se détacher de toutes choses, et la longueur de sa maladie lui en fit une habitude. Lorsqu’elle revint de cet état, elle trouva néanmoins que monsieur de Nemours n’était pas effacé de son cœur, mais elle appela à son secours, pour se défendre contre lui, toutes les raisons qu’elle croyait avoir pour ne l’épouser jamais. Il se passa un assez grand combat en elle-même. Enfin, elle surmonta les restes de cette passion qui était affaiblie par les sentiments que sa maladie lui avait donnés. Les pensées de la mort lui avaient reproché la mémoire de monsieur de Clèves. Ce souvenir, qui s’accordait à son devoir, s’imprima fortement dans son cœur. Les passions et les engagements du monde lui parurent tels qu’ils paraissent aux personnes qui ont des vues plus grandes et plus éloignées. Sa santé, qui demeura considérablement affaiblie, lui aida à conserver ses sentiments ; mais comme elle connaissait ce que peuvent les occasions sur les résolutions les plus sages, elle ne voulut pas s’exposer à détruire les siennes, ni revenir dans les lieux où était ce qu’elle avait aimé. Elle se retira, sur le prétexte de changer d’air, dans une maison religieuse, sans faire paraître un dessein arrêté de renoncer à la cour.
Oui , OK. Mais rien à voir avec la question initiale de Ellala.
Ceci dit, je n’ignore pas le jansénisme.
Peu importe… Ces discussions sont passionnantes. ☺️
Pour ellalala, la fin de Mme de Clèves est-elle un bilan qui a transformé la société ? Elle invite quand même à réfléchir au statut des femmes. D’un côté, le siècle suivant, reprenant L’École des femmes de Molière, va considérer un peu plus la légitimité des sentiments dans le choix des femmes. Mais le roman n’a-t-il pas conforté aussi un certain nombre de ses lecteurs dans l’héroïcité de la princesse qui refuse les dangers de la passion ? Enfin la "galanterie" décrite n’a-t-elle pas été, dès la Régence, le prélude au libertinage en réaction au rigorisme janséniste ?