Signification de plusieurs phrases de Musset dans La Confession d’un enfant du siècle

Littérature

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Bonspor Balteo,Question 4:Comment comprendre la phrase suivante: “Les hommes doutaient de tout : les jeunes gens nièrent tout.” Est-ce que Musset oppose ici les “hommes” aux “jeunes gens” ces derniers niant les doutes des premiers ?Musset oppose bien les jeunes gens aux hommes. En fait il dénonce la mollesse des adultes et souligne la radicalité désespérée de la jeune génération professant un nihilisme courageux autant que destructeur.Et enfin, que veut dire Musset quand il oppose “l’enthousiasme du mal” à “l’abnégation du bien” ?Qui osera jamais raconter ce qui se passait alors dans les collèges ? Les hommes doutaient de tout : les jeunes gens nièrent tout. Les poètes chantaient le désespoir : les jeunes gens sortirent des écoles avec le front serein, le visage frais et vermeil, et le blasphème à la bouche. D’ailleurs le caractère français, qui de sa nature est gai et ouvert, prédominant toujours, les cerveaux se remplirent aisément des idées anglaises et allemandes, mais les cœurs, trop légers pour lutter et pour souffrir, se flétrirent comme des fleurs fanées. Ainsi le principe de mort descendit froidement et sans secousse de la tête aux entrailles. Au lieu d’avoir l’enthousiasme du mal nous n’eûmes que l’abnégation du bien ; au lieu du désespoir, l’insensibilité. Des enfants de quinze ans, assis nonchalamment sous des arbrisseaux en fleur, tenaient par passe-temps des propos qui auraient fait frémir d’horreur les bosquets immobiles de Versailles. La communion du Christ, l’hostie, ce symbole éternel de l’amour céleste, servait à cacheter des lettres ; les enfants crachaient le pain de Dieu.Il faut remettre cette affirmation dans son contexte. Musset relève comment les jeunes esprits français mal préparés ont pu être empoisonnés par les romantismes allemand et anglais. D’une part, Goethe et Les Souffrances du jeune Werther. D’autre part, le roman gothique anglais avec son sulfureux satanisme. Ces deux origines, incompatibles avec l’esprit français trop tendre et trop léger, n’ont pu développer une mystique délétère, "l’enthousiasme du mal", et se sont résorbées dans une incapacité morale, "l’abnégation (renoncement) du bien".

Bonsoir, pour ce qui est d’une petite contribution je ne crois pas du tout que les jeunes héros napoléoniens aient les yeux fermés. Au mieux, ils ont des œillères, en témoigne le héros de "La Chartreuse de Parme" de Balzac…

Bonjour Simeone,

La Chartreuse de Parme est de Stendhal.

Bonjour à tous,

Merci beaucoup pour vos réponses détaillées et pertinentes ! Je vais méditer tout ça.

@Jean-Luc

Je me disais qu’il conviendrait peut-être de changer le titre de la discussion qui est actuellement: "Signification d’une phrase de Musset dans La Confession d’un enfant du siècle".

Quelque-chose comme "Signification de certaines phrases du deuxième chapitre de La Confession d’un enfant du siècle" serait plus pertinent maintenant que la discussion contient plusieurs questions sur plusieurs phrases.

Qu’en pensez-vous ?

C’est fait. Quelqu’un vient de me devancer !