Bonjour,Que pensez-vous de cette citation de Barbey d’Aurevilly qu’il a fait sur les Fleurs du Mal de Baudelaire, par rapport aux Contemplations de Hugo svp ?"Il y a ici une architecture secrète, un plan calculé par le poète, méditatif et volontaire. Les Fleurs du mal ne sont pas à la suite les unes des autres comme tant de morceaux lyriques, dispersés par l’inspiration, et ramassés dans un recueil sans d’autre raison que de les réunir. Elles sont moins des poésies qu’une œuvre poétique de la plus forte unité. Au point de vue de l’art et de la sensation esthétique, elles perdraient donc beaucoup à n’être pas lues dans l’ordre où le poète, qui sait bien ce qu’il fait, les a rangées."Selon moi, l’idée principale de cette citation est :Architecture secrète = intimité de l’auteur/sa vieDonc il faudrait poser une problématique en rapport avec cette idée générale
Les Contemplations, comparées aux Fleurs du mal
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Bonjour,
Je ne comprends pas comment et pourquoi vous faites le lien entre "architecture secrète" et "intimité de l’auteur / sa vie". L’architecture choisie par un auteur n’est pas forcément le reflet de sa vie ou de son intimité. De plus, je ne crois pas que la citation sous-entende cela.
Pour moi, le secret et l’intimité sont liés. Donc je pensais qu’à travers son oeuvre, il transmettait une part de son intimité.
Que pensez vous quelle sous entende ?
Bonjour.
L’idée principale de cette citation, c’est que selon Barbey d’Aurevilly, Les Fleurs du mal seraient un recueil de poèmes comportant une unité, composé selon un plan volontaire, bien architecturé, bien construit, avec une structure et un ordre. Tandis que les poèmes des Contemplations, au contraire, auraient été rassemblés par Hugo sans plan préconçu, au hasard de l’inspiration lyrique, sans qu’il y ait une volonté d’ordre et de rangement comme chez Baudelaire, même si cet ordre et ce rangement ne sont pas forcément évidents à la première lecture. C’est pour cela que Barbey d’Aurevilly parle d’architecture "secrète" (non évidente, cachée) pour ce recueil Les Fleurs du mal.
Mais pour moi, justement, Hugo avait bien organisé son recueil avec d’abord son enfance/adolescence (Livre 1), la jeunesse et l’éveil des sentiments amoureux (Livre 2), l’entrée dans l’âge adulte et perte des illusions (Livre 3), le deuil (Livre 4), l’exil (Livre 5) et l’interrogation sur la mort, sur Dieu (Livre 5) ?
Les Fleurs du mal sont composées comme un itinéraire, le parcours d’un esprit qui tente d’échapper à sa condition insupportable d’homme. C’est l’examen de son idéal et de ses échecs successifs. L’exposition requiert toute la première partie, la plus longue où Baudelaire va à la découverte de sa dualité, cause de son mal, « Spleen et Idéal ».1 Dualité de l’expérience de l’artiste (I – XXI) placé entre le ciel qui l’attire et le sol qui le retient, entre les deux sources divine et infernale de la beauté.2 Dualité de l’amour (XXII – LXIV) charnel et mystique, éros et agapè. Finalement l’amour reste ambigu.3 Dualité de l’expérience de la solitude (LXV – LXXXV) : emporté par l’Idéal ou accablé par le Spleen, le poète découvre la fêlure de son âme, sa blessure secrète.Les cinq actes sont les tentatives du poète pour échapper à cet insupportable tête-à-tête avec lui-même.1 La tentative de la charité romantique : las de l’introspection, le poète se tourne vers les « Tableaux parisiens ». Il a pitié de la mendiante, de la négresse, des vieillards. Cependant ces souffrances le renvoient à sa fatigue et à sa lassitude morale.2 La tentative des paradis artificiels avec « le vin » : loin de faire naître la poésie, il donne soif.3 La tentative de la débauche, des fleurs vénéneuses, des « fleurs du mal » : toutes ces curiosités malsaines le détruisent et le conduisent à la mort.4 La tentative du blasphème : Baudelaire se tourne vers le « plus beau des anges », Satan. Dans un effort de lucidité, il voit son cri de désespoir aller grossir le fleuve de révolte qui ne peut atteindre un Dieu inaccessible.5 Dernière tentative : la Mort avec ses multiples avatars entre lesquels le poète ne sait choisir celui qui lui serait destiné.Le dénouement est constitué par CXXVI : « le voyage » qui résume tous les échecs des tentatives précédentes mais qui laisse pressentir que la mort sera elle-même un échec, un « paradis artificiel » de plus.Mais il y a aussi un autre itinéraire secret, celui qui permettrait de passer au-delà de la réalité, voir notamment "Correspondances", itinéraire qui ferait de la poésie une voie de connaissance.
Glad.obl24, j’ai dit que c’était "selon Barbey d’Aurevilly"…. Tu n’es pas forcé d’être de cet avis. Tu pourras contredire ce point de vue si tu le juges contestable.
En tout cas, Barbey d’Aurevilly ne voit pas l’ "architecture secrète" comme un point commun entre les deux recueils.
Tu remarqueras tout de même que le classement de Hugo, lui, justement, est "évident" et n’a rien de "secret" comme celui de Baudelaire.
Donc doit-on comprendre par "Les Fleurs du mal ne sont pas à la suite les unes des autres comme tant de morceaux lyriques, dispersés par l’inspiration, et ramassés dans un recueil sans d’autre raison que de les réunir", que les Contemplations ne sont pas organisées et sont comme ces "morceaux lyriques dispersés par l’inspiration" ?
Il semble bien que c’est ce que veut dire Barbey d’Aurevilly.
De toute façon j’imagine que le devoir porte sur les Fleurs du mal uniquement, peu importe que ce soit par comparaison avec Hugo. Il faut montrer l’importance de l’architecture globale du recueil détaillée par Jean-Luc.Je crois plutôt d’ailleurs que la différence porte sur le mot "secrète" car chez Victor Hugo c’est évident et présenté de manière très didactique (Autrefois" "Aujourd’hui" avec en plus les dates…). Alors que chez Baudelaire c’est beaucoup moins évident mais pourtant tout aussi structuré.D’ailleurs il paraîtrait peu raisonnable de considérer que "les Contemplations ne sont pas organisés"
Non le devoir porte sur Les contemplations, il s’agit d’une dissertation avec citation. La consigne c’est : En vous appuyant sur des exemples précis, vous direz en quoi cette analyse peut, ou non, s’appliquer aux Contemplations de Victor Hugo.Donc en fait pour mon plan, je dois dire qu’il y a :• une architecture évidente, montrée (par rapport à "architecture secrète") , • mais qu’il y a tout de même une organisation réfléchie (ce n’est pas un simple recueil de poèmes dispersés n’importe comment : "morceaux lyriques, dispersés par l’inspiration")• l’art et la sensation esthétique ?Que veut il dire par "elles sont moins des poesies qu’une oeuvre poétique de la plus grande unité" ? Il veut qu’on prenne le recueil dans son ensemble ?
Je crois plutôt d’ailleurs que la différence porte sur le mot "secrète"
Tout à fait d’accord, j’en avais fait la remarque un peu plus haut.
Dans ce genre de dissertation avec citation, ai je le droit de faire un plan qui suit la citation ?
Non le devoir porte sur Les Contemplations, il s’agit d’une dissertation avec citation. La consigne c’est : En vous appuyant sur des exemples précis, vous direz en quoi cette analyse peut, ou non, s’appliquer aux Contemplations de Victor Hugo.
Merci d’avoir enfin précisé le sujet… Mais j’ai dû changer à nouveau le titre de la discussion.
Bonsoir,
Que veut-il dire par "elles sont moins des poésies qu’une œuvre poétique de la plus grande unité" ? Il veut qu’on prenne le recueil dans son ensemble ?
L’unité est ici à la fois l’architecture (secrète ou non) qui signifie un projet préalable, une intention réfléchie, une unité de ton, d’inspiration. Cette unité artistique ne peut être perçue que par la lecture complète de l’œuvre. En contrepartie, Les Contemplations permettraient de n’être parcourues qu’au-travers des morceaux choisis, ce qui pointe sur la qualité ou l’intérêt inégal du recueil.
Pour la petite histoire, il faut savoir que Hugo était un forçat de l’écriture. Tous les jours il produisait une grande quantité de vers qu’il utilisait ensuite au gré des besoins de ses publications. Cet aspect a été plus marqué à la fin de sa vie, après son AVC où il a publié des recueils avec des pièces bien antérieures inutilisées.
Oui Jehan, j’avais tout à fait compris comme toi. Donc ça change tout, car la citation n’évoquait que les FDM. Pourquoi alors chercher à opposer les 2 recueils ? Au contraire, cette citation s’applique aussi aux Contemplations (sauf que c’est moins "secret"). On peut discuter l’idée que les poèmes perdent beaucoup à être lus indépendamment, dans le désordre. Mais on ne peut réfuter l’idée qu’ils ont été réorganisés selon une intention bien spécifique.
Donc , il faudrait que je trouve une problématique qui se base sur la structure du recueil ?
Et qu’en est il de "l’art et la sensations esthétique" ? d’Aurevilly parle toujours de l’architecture ?
Je t’ai répondu à ce sujet un peu plus haut.
Quant à la problématique, elle devrait porter, selon moi, sur unité apparente et unité profonde.
Je réponds à ta deuxième question. Selon moi, la réponse est oui. Le poète-architecte construit son recueil avec un but précis : l’art et l’esthétique sont au centre de ses préoccupations.
Une cathédrale n’est pas uniquement faite pour prier…
Merci !
Mon début de plan pourrait-il convenir SVP, il n’est pas terminé, c’est juste pour savoir si je suis dans la bonne voie :
I. UNE ARCHITECTURE EVIDENTE, AUTOUR DE THEMATIQUES BIEN DEFINIES
a) L’amour/Bonheur/Nature (Livre 1, livre 2)
b) Batailles politique/poétiques/Exil (livre 3, livre 5)
c) Deuil/Vision de la mort (livre 4, livre 6)
II. UNE ARCHITECTURE CHRONOLOGIQUE
a) Temporalité du recueil
b) Poèmes qui perdraient bcp à ne pas être lus dans l’ordre
Je n’ai pas encore trouvé de c) et de III.



