Je ne reviendrai pas sur ce choix que tu assumes, mais je continuerai à t’aider sur les points particuliers que tu soulèveras.
Est-ce que l’héritage des enfants de Dieu sur la terre ressemble à cet héritage borné du père de famille, où les fils ont une part d’autant moins large qu’ils en donnent une part plus grande à leurs frères ?
C’est un raisonnement par analogie. Les enfants de Dieu que nous sommes avons tous reçu en héritage un monde beau, riche, débordant de biens qui nous permet de vivre heureux (ici je suis dans l’implicite, mais Lamartine vise un public qui a été élevé dans la foi chrétienne). Dieu a répandu largement ses dons, il n’a pas privilégié tel ou tel de ses enfants. S’il y a une injustice dans la répartition, elle est le fait des hommes qui ne se comportent pas comme leur Père divin, mais en pères humains qui distribuent injustement leur héritage. Lamartine appuie son argumentation sur des valeurs supérieures censées être partagées par son auditoire.
Décidément, pour ce commentaire je change tout le temps…
Je reviens sur votre idée Jean Luc, je vais donc faire :
I) LES ESCLAVES ET LA PATRIE
a) Vouloir une patrie : aspiration légitime (paragraphe des questions rhétoriques avec explications)
b) Une destination universelle ("non, vous le savez bien" à "c’est le champ de Dieu")
c) Opposition à Dieu ("celui qui borne" à "insensé")
II) PATRIOTISME : UN SOUHAIT GLOBAL (pour ces sousparties je n’ai pas de titre mais je suis l’ordre du texte)
a) question "ne serait il pas temps […] entre les peuples"
b) définition du patriotisme "le patriotisme est le premier sentiment […] ce serait un nomade"
c) "pourquoi est il si beau de mourir pour son pays ?"
III) DIFFÉRENCE ENTRE LES DEUX PATRIOTISMES
a) patriotisme négatif " il y en a qui se compose de toutes les haines" à "il suffit d’ignorer, d’injurier et de haïr"
b) patriotisme positif "qui se compose de toutes les vérités" à "est le cendre"
c) retour vers le passé "c’est le patriotisme des religions" à "mourir pour leur patrie"
PS: Désolée je change souvient d’avis, mais c’est la première fois que je bloqué autant sur un texte… Désolée je pose beaucoup de questions…
Puis-je encore m’adresser à vous si j’ai un souci de compréhension dans le texte ?
Merci beaucoup !!!
Bonne soirée
Mais bien sûr que je vais continuer à t’aider.
Je pense que ton professeur t’a donné ce texte parce que c’est un modèle d’argumentation. Tu dois trouver thème, thèse, stratégie argumentative, enchaînement logique des arguments, types d’argument et quelques procédés remarquables. Regarde bien le début des pages que je t’ai conseillées.
Le plan commence à prendre forme. Il doit révéler le cheminement intellectuel, la structure du raisonnement.
Lamartine agit à partir de présupposés, il veut convaincre une droite monarchiste, conservatrice, traditionaliste qui se réfugie derrière un patriotisme nationaliste pour justifier son immobilisme. Il va donc essayer de démontrer les contradictions dans les positions de ses adversaires politiques. Il en montre aussi les dangers. Ce texte est difficile parce qu’il faut le replacer dans son contexte historique.
Pour ton II, je te propose quelques pistes
II) PATRIOTISME : un terme à déminer
a) des définitions insuffisantes qui créent l’incompréhension et l’inimitié
b) le patriotisme conçu comme une appartenance familiale élargie (valeur fondatrice positive)
c) le patriotisme invite au dépassement de soi (proche du sacrifice religieux) note l’emphase
Bonjour, merci ça m’a bien aidé.
Jai bien avancé mais dans le désordre…
Par contre j’ai un doute pour la phrase "le patriotisme est le premier sentiment, le premier devoir de l’homme […] la famille élargie" . J’ai noté que "est" est un présent de vérité générale, c’est bien le cas ?
Et pour la suite de la phrase qu’entend Lamartine par "la nature attaché à son pays…" ?
Bonne journée
Oui, présent de vérité générale, bien sûr
Quant à "l’homme que la nature attache à son pays avant tout"…
La proposition relative complète le nom "homme" = La nature rattache l’homme à son pays avant tout.
Ok merci j’avais un doute pour le présent de vérité générale.
Donc pour reprendre la phrase, on doit comprendre que la nature rattache d’abord l’homme à son pays. Mais que veut il dire par "par les liens de la famille et de la nationalité, qui n’est une famille élargie" ?
La famille élargie, c’est le monde, en gros ?
La famille élargie, c’est l’ensemble des personnes qui ont la même nationalité, la même patrie.
Si on relie la phrase "le patriotisme est le premier sentiment […] ce serait un nomade" et la phrase "pourquoi est il si beau de mourir […] nous avons tout reçu" On peut dire pour résumer que le patriotisme, c’est un sentiment d’adhésion à une famille, c’est aussi un devoir. Pourquoi se sacrifier pour la patrie ? Car c’est une grande famille
Quelques lignes plus loin, Lamartine dit "Je déteste bien, je méprise bien, je hais bien …" :selon moi, c"est ironique, il prend la parole des "nationalistes", mais que veut ddire "bien" ici, c’est comme s’il disait "je méprise effectivement " ?
Merci Bonne soiree
"Bien" signifie ici "convenablement, de la façon qu’il faut". Oui, bien sûr, c’est ironique.
Avez vous compris la comparaison entre "les nationalités diverses" et "les unités partielles,de cette grande unité generale"… ? Pour moi, les nationalités diverses sont comparées à différentes patries qui forment le monde (qui est l’unité générale) et le reste est très flou. Ai-je raison ou pas du tout ?
Bonne soirée
Il en est un autre qui se compose au contraire de toutes les vérités, de toutes les facultés, de tous les droits que les peuples ont en commun, et qui, en chérissant avant tout sa propre patrie, laisse déborder ses sympathies au delà des races, des langues, des frontières, et qui considère les nationalités diverses comme les unités partielles de cette grande unité générale dont les peuples divers ne sont que les rayons, mais dont la civilisation est le centre !
Il y a un patriotisme général qui considère les divers patriotismes des autres nations (unités partielles) comme faisant partie d’une unité générale qui les englobe. Cette unité générale est fondée sur tout ce que les peuples ont en commun, malgré leurs différences et malgré les frontières. On pourrait dire que ce patriotisme général a pour patrie l’humanité tout entière, dans ce qu’elle a de plus civilisé…
Je crois aussi que ce "bien" a une connotation morale. "Je déteste bien" pourrait aussi se comprendre comme "j’agis bien en les détestant" ce qui est paradoxal et donc ironique.
Honnêtement, ça reste très très flou. Donc le patriotisme en général "pense" que le patriotisme des autres nations fait partie d’une unité plus grande. Mais quel rapport avec les rayons et la civilisation au centre ?
C’est une métaphore géométrique. Tu sais ce qu’est le rayon d’un cercle…
La grande unité qui englobe tout est comparée à un cercle, c’est le patriotisme général.
Et les rayons à l’intérieur de ce cercle (les patriotismes divers des peuples) convergent tous vers un centre unique, le centre du cercle, la civilisation, valeur commune à tous les peuples.
Je pense avoir compris, en fat il fallait que je schématise la comparaison pour mieux comprendre. MERCI BCP !!
Bonjour, en ce qui concerne le premier paragraphe "Non vous le savez bien; le domaine du père commun des hommes est sans bornes; il s’étend avec la civilisation et avec le travail à mesure que des races nouvelles se présentent pour le cultiver; c’est l’infini en espace, en droits, en facultés, en développements; c’est le champ de Dieu."
pour moi, l’univers "grandit" avec les nouvelles patries qui apportent civilisation et travail, et le domaine de Dieu = infini en espace, droits…
Mais, je n’ai pas compris "c’est l’infini […] en facultés, en développement"
Le domaine du père est la création. Cette création a été confiée à l’homme pour qu’il l’améliore (voir la Genèse). Cette amélioration est matérielle (par le travail) mais aussi spirituelle (civilisation = humanisation mais aussi religion qui transcendent les particularismes patriotiques), d’où cette belle formule finale, le champ de Dieu.
Il faut comprendre que le domaine du père commun (Dieu) est infini par opposition au domaine du père humain, fini (borné, limité). Cet infini est non seulement concret (espaces = terres ; développements = produits économiques) mais spirituel (facultés = potentialités, talents ; droits, développements = activités intellectuelles civilisatrices)
Ahh d’accord rien à voir avec ce que je pensais, Merci