Discours de Lamartine sur l’abolition de l’esclavage

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J’aurais besoin d’aide pour un devoir. J’ai un texte à commenter, il s’agit d’un discours du 10 mars 1842 de Lamartine sur l’abolition de l’esclavage.

Déjà, pourriez vous me donner des infos sur le rôle de Lamartine dans l’abolition de l’esclavage, dans son engagement politique (je trouve que les infos trouvées sur internet ne sont pas assez fournies). Ensuite, pouvez vous me dire votre avis sur mes problématiques (pas encore sûre que je les garde): Comment Lamartine représente t’il l’écrivain engagé dans ce discours ? Comment Lamartine va persuader ses opposants par le ton (?) ?

Et j’aurais également une question d’ordre stylistique sur ce discours: quel est son registre/ton/genre ?

Merci d’avance pour vos réponses,

Bonne journée !

https://www.abolitions.org/index.php?IdPage=1504528725

Il nous faudrait des références plus précises pour t’aider car ce discours de Lamartine est bien long.

Bonjour, voici le texte: Et maintenant est-il vrai que nous soyons moins patriotes, parce que nous voulons donner une patrie à toute une race d’hommes prescrits et sans place au soleil ? Est-il vrai que nous soyons moins patriotes que ceux qui, en se félicitant d’avoir tous les biens de la vie civile, ne veulent pas que d’autres les possèdent ? Est-ce que l’héritage des enfants de Dieu sur la terre ressemble à cet héritage borné du père de famille, où les fils ont une part d’autant moins large qu’ils en donnent une part plus grande à leurs frères ? Non, vous le savez bien : le domaine du père commun des hommes est sans bornes ; il s’étend avec la civilisation et avec le travail à mesure que des races nouvelles se présentent pour le cultiver ; c’est l’infini en espace, en droits, en facultés, en développements ; c’est le champ de Dieu. Celui qui le borne et qui dit aux autres : « Vous n’y entrerez pas, » celui-là n’empiète pas seulement sur l’homme, il empiète sur Dieu lui-même ; il n’est pas seulement dur et cruel, il est blasphémateur et insensé. Ne serait-il pas temps de s’entendre enfin sur ce qu’on appelle patriotisme, afin de ne pas nous renvoyer éternellement comme des injures des termes mal définis qui dénaturent nos pensées aux uns et aux autres, et qui sèment l’erreur et l’irritation entre les hommes et entre les peuples ? Le patriotisme est le premier sentiment, le-premier devoir de l’homme que la nature attache à son pays avant tout, par-dessus tout, par tous les liens de la famille et de la nationalité, qui n’est que la famille élargie. Celui qui ne serait pas patriote ne serait pas un homme complet, ce serait un nomade. Pourquoi est-il si beau de mourir pour son pays ? C’est que c’est mourir pour quelque chose de plus que soi-même, pour quelque chose de divin, pour la durée et la perpétuité de cette famille immortelle qui nous a engendrés, et de qui nous avons tout reçu ! Mais il y a deux patriotismes : il y en a un qui se compose de toutes les haines, de tous les préjugés, de toutes les grosses antipathies que les peuples abrutis par des gouvernements intéressés à les désunir nourrissent les uns contre les autres. Je déteste bien, je méprise bien, je hais bien les nations voisines et rivales de la mienne ; donc je suis bien patriote ! Voilà l’axiome brutal de certains hommes d’aujourd’hui. Vous voyez que ce patriotisme coûte peu : il suffit d’ignorer, d’injurier et de haïr. Il en est un autre qui se compose au contraire de toutes les vérités, de toutes les facultés, de tous les droits que les peuples ont en commun, et qui, en chérissant avant tout sa propre patrie, laisse déborder ses sympathies au delà des races, des langues, des frontières, et qui considère les nationalités diverses comme les unités partielles de cette grande unité générale dont les peuples divers ne sont que les rayons, mais dont la civilisation est le centre ! C’est le patriotisme des religions, c’est celui des philosophes, c’est celui des plus grands hommes d’État ; ce fut celui des hommes de 89, celui de vos pères, celui qui, par la contagion des idées, a conquis plus d’influence à notre pays que les armées mêmes de votre époque impériale, et qui les a mieux conservés. Oui, nos pères de 89 nous montrèrent, en 92, comment ceux qui osaient aimer les hommes savaient mourir pour leur patrie !Bonne journée

De ce que j’ai compris, Lamartine s’adresse à des "alliés" à un banquet. Il leur dit (j’ai lu aussi le début du texte) que leurs adversaires leur reproche 2 choses: d’être moins patriotes et d’être des révolutionnaires car pour l’abolition de l’esclavage. Et cette partie s’interesse au point "patriote".

Paragraphe 1 : questions qui n’attendent pas de réponse des alliés, Lamartine répond lui même par "Non" + il parle de Dieu.

Paragraphe 2 : problématique sur la question du "patriotisme"

Paragraphe 3 : définition du patriotisme

Paragraphe 4 : 2 sortes de patriotisme = haines + vérité (paragraphe 5)

Mais comment organiser mon commentaire en 3 parties svp ?

Oui en effet. Les questions rhétoriques du début sont en fait des arguments.Il estime ensuite qu’il est important de s’entendre sur le mot "patriotisme" (aujourd’hui encore cette distinction est à faire) : soit il s’agit d’une forme de nationalisme aveugle qui conduit vite au racisme et à un sentiment de supériorité ; soit c’est un amour de son pays sans aucun sentiment de supériorité, mais au contraire de l’intérêt et du respect pour toutes les autres patries, un amour de l’humanité en général avec toutes ses diversités de cultures, religions, langues, etc.Quand on commente un discours, on peut envisager une partie spécifique sur les procédés argumentatifs, l’art du discours en lui-même (capter l’attention, organiser ses arguments, procédés oratoires comme les questions rhétoriques etc.)Tu peux aussi proposer une partie sur les arguments en eux-mêmes;Et pourquoi pas une partie sur le patriotisme ?

Bonjour glad.obl24,

Avant de chercher à organiser ton commentaire et à trouver un plan, il te faut définir une problématique ou un parcours de lecture.

Pour t’y aider, je voudrais d’abord te faire remarquer que tout tourne autour du sens à donner au mot patriotisme. Lamartine veut passer d’un patriotisme étroit et égoïste à un internationalisme universaliste. Il se place, en le revendiquant d’ailleurs, dans la continuité du courant progressiste des Lumières qui a donné son élan à la Révolution avec ses idées de liberté et de fraternité (tu noteras au passage la pique à l’encontre de Napoléon qui a corrompu ces idéaux par ses campagnes militaires en faisant naître les nationalismes repliés sur eux-mêmes). Le propos de Lamartine est de renouer avec la générosité des Révolutionnaires en atténuant l’opposition de l’Église catholique (nous sommes encore sous un régime monarchique en France) à l’encontre de leurs successeurs. Il utilise plusieurs arguments subtils pour y arriver :

L’étymologie, le patriotisme est l’amour de la patrie, elle-même terre des pères. Or pour les croyants, nous sommes les créatures de Dieu le Père. Donc nous sommes tous frères.Il s’appuie implicitement sur le sens de catholique qui veut dire universel.Il revendique la doctrine sociale de l’Église qui enseigne la destination universelle des biens et limite de ce fait le droit de propriété qui ne peut être un accaparement.Il dénonce le danger des nationalismes (patriotisme replié sur lui-même).

C’est un habile discours politique qui provoque les opposants et cherche à réunir.

Il faudra que tu sois sensible aux procédés oratoires.

Merci pour vos réponses !

Jean-Luc, je ne comprends pas les deux derniers points que vous avez notés, où voit on que Lamartine revendique la doctrine sociale de l’Eglise et où dénonce t-il le nationalisme svp ?

Finalement, dans ce discours, qu’est ce qu’il cherche à démontrer, quel est son but ? Que c’est un révolutionnaire et un patriote ? Qu’il est contre l’esclavage ?

Pour ma problématique, j’avais pensé à une question très simple : Comment Lamartine, par un discours engagé, essaie de convaincre son auditoire (mais de quoi ? d’être contre l’esclavage ? ); En quoi ce discours fait de Lamartine un écrivain engagé dans les questions sociales ?

Désolée pour toutes ces questions, je comprends le texte, mais ne vois pas comment l’interpréter…

Au départ, je pensais qu’il s’agissait d’un discours argumentatif, ai-je raison ou pas du tout ?

Beaucoup de questions !Je vais essayer d’y répondre une à une. où voit on que Lamartine revendique la doctrine sociale de l’Eglise et où dénonce-t-il le nationalisme svp ?pour la dénonciation du nationalisme, le 4e paragraphe,pour la doctrine sociale de l’Église, la 2e moitié du premier paragrapheFinalement, dans ce discours, qu’est-ce qu’il cherche à démontrer, quel est son but ? Que c’est un révolutionnaire et un patriote ? Qu’il est contre l’esclavage ?C’est le titre général qui est trompeur. C’est un morceau du discours. La référence à l’esclavage se situe au début mais n’est qu’un prétexte pour proposer un internationalisme généreux, renoncer à un patriotisme réducteur et source de conflits. Lamartine se présente comme un chrétien progressiste. Hugo prendra un chemin similaire moins marqué par le christianisme.Pour ta problématique identifie le thème (de quoi il s’agit) et la thèse (position retenue et assumée à l’égard du thème).C’est bien un discours argumentatif qui relève du genre épidictique (éloge ou blâme).

Pour ma problématique, je pourrais faire : Comment Lamartine, par son discours engagé, propose t’il de renoncer à un patriotisme négatif (qui vise en la haine…) ?

J’avais pensé faire une plan en 3 parties: les 2 premières parties seraient linéaires et la 3ème regrouperait tout le texte. Qu’en pensez vous ?

I. Première partie sur Dieu (l.1 à l.9)

a)

b)

c)

II. Deuxième partie sur la patriotisme (l.10 à la fin)

a)

b)

c)

III. L’art du discours

a) Un discours argumentatif (genre + arguments pour convaincre + énonciation…)

b) Capter l’attention (ponctuation + effets produit sur l’auditoire)

c)

En fait, je trouve que je n’ai pas assez de choses à dire sur ce texte…, pourtant il est plutôt clair

Est ce possible de faire un commentaire en 2 parties ?

Dans ton commentaire, ne sépare jamais le fond (les idées) de la forme (les procédés d’écriture).La problématique convient.Pour déterminer le plan, je suivrais l’ordre du texte.1 - pourquoi priver les anciens esclaves d’une patrie ? (Regarde l’histoire du Liberia) 2 - le patriotisme est une aspiration universelle3 - qu’il faut bien comprendreExamine les arguments que tu rattaches en sous-parties, essaie de déterminer leur type : analogie, argument d’autorité… https://www.etudes-litteraires.com/argumentation

Bonjour, honnêtement je ne comprends pas trop ce plan :(

Ne peut on pas parler dans une grande partie de la forme du discours ? (Ou c’est trop large pour en faire une partie ?)

Merci d’avance, bonne journée

Il ne faut jamais séparer le fond de la forme. Tu ne peux rédiger une partie sur la forme du discours.

Pourquoi ce plan est-il difficile ? Il te suffit de suivre les arguments avancés en les accompagnant des procédés qui leur donnent de la force.

1 - pourquoi priver les anciens esclaves d’une patrie ?

a - vouloir une patrie est une aspiration légitime, affirmation proposée au moyen d’interrogations oratoires, champs lexicaux de la propriété, de la paternité…

b - c’est conforme à la destination universelle des biens

c - celui qui s’oppose à ce désir s’oppose à Dieu

2 - le patriotisme est une aspiration universelle

3 - qu’il faut bien comprendre

En général on ne sépare pas le fond (les idées) et la forme (la façon de le dire). Cependant il est vrai que dans le cas spécifique des discours il arrive qu’on fasse une analyse séparée de "l’art oratoire" ou "l’habileté, l’efficacité du discours". De mon côté ça ne me dérange pas dans ce cas précis (on le trouve souvent dans les corrigés de commentaire sur des discours comme sur le célèbre discours de Victor Hugo ici https://www.hugoetbalzac.fr/blog/commentaire-compose-lecture-analytique-victor-hugo-le-discours-sur-la-misere.html ou encore là https://commentairecompose.fr/discours-sur-la-misere-victor-hugo/)

Mais Jean-Luc te le déconseille au nom du principe que nous avons rappelé et qui est en effet la règle générale à ne pas perdre de vue.

Je pense que pour moi, c’est plus simple de faire une partie complètement dédiée à la forme du texte.I) L’ART DU DISCOURSa. Discours rhétorique bien organisé (Lamartine pose le sujet dans différentes questions rhétoriques + répétition "patriote" , "patriotisme" + présent de vérité générale ? + arguments + implication de l’auditoire)b) Force de persuasion (y a t’il de la musicalité dans le discours? + Périodes (longues phrases) + proximité avec auditoire)c) Adhésion de l’auditoire (didascalies qui montrent l’adhésion)Que pensez vous de cette première partie ? Ai je oublié des choses ?

Je vous envoie de suite ce que j’ai préparé pour le II)

Et mon II) LE PATRIOTISMEa) Une aspiration universelle et légitime (définition patriotisme général, patrie : priorité + paternité [ pouvez vous m’expliquer la 3e question rhétorique au début svp, je ne vois pas bien le rapport avec le père et le fils…)b) Dieu et les Hommesc) La différence entre les deux types de patriotisme (mais n’est ce pas un peu trop long ?)Je n’ai pas de III)Qu’en pensez-vous svp ?

> @""#p547205 Bonjour, honnêtement je ne comprends pas trop ce plan :(Ne peut on pas parler dans une grande partie de la forme du discours ? (Ou c'est trop large pour en faire une partie ?)Merci d'avance, bonne journéePour analyser le contenu d’un texte, il faut parler de ce qui relève de la forme. En faisant une partie dédiée à la forme, tu risques de te répéter dans les autres parties… ou alors d’avoir deux parties qui ne traitent que du contenu (ce qui n’est pas mieux)…Certes, tu peux répartir tes arguments, mais tu te compliques la tâche. :)