Bonjour à tous,Je suis en train de rédiger le plan detaillé d’un commentaire composé du texte que voici:Abbé Prévost, Histoire d’une Grecque moderne« Plus je m’attachai à ces réflexions, plus je sentis que cette manière de considérer mon aventure était flatteuse pour moi ; et m’étant toujours piqué de quelque élévation dans mes principes, il ne m’en coûta presque rien pour sacrifier les plaisirs que je m’étais proposés à l’espérance de faire de Théophé une femme aussi distinguée par sa vertu que par ses charmes. Je n’ai jamais pensé, disais-je, à lui inspirer de la sagesse ; et le goût que je lui suppose n’est qu’un heureux effet de son naturel, excité par quelques discours qui me sont échappés au hasard. Que sera-ce, lorsque je me ferai une étude sérieuse de cultiver ces riches présents de la nature ? Je me le représentai avec complaisance dans l’état où je croyais pouvoir la conduire. Mais frappé d’avance de ce portrait, que lui manquerait-il donc alors, ajoutai-je, pour être la première femme du monde ? Quoi ? Théophé pourrait devenir aussi aimable par les qualités de l’esprit et du cœur que par les charmes extérieurs de sa figure ? Eh ! quel est l’homme d’honneur et de goût qui ne se croirait pas heureux d’être attaché pour toute sa vie… Je m’arrêtai à la moitié de cette réflexion, comme effrayé de l’avidité avec laquelle mon cœur semblait s’y prêter. Elle me revint mille fois jusqu’au moment où mes sens s’assoupirent ; et loin d’éprouver le trouble dont j’avais appréhendé de me ressentir jusqu’au lendemain, je passai tout le reste de la nuit dans un délicieux sommeil. »Problématique:En quoi est-ce-que ce passage est révélateur d’une substitution des réflexions, perceptions et ressentis du narrateur ?Plan:Une illusion réflexive : du narrateur amant à l’éducateur1) Un changement de rôle voulu, fruit de ses mûres réflexions 2) Les justifications de l’absence de sentiments pour Théophé3) Une entreprise vertueuse, digne d’un homme de principes Une idéalisation de la perception de Théophé : l’image de la femme parfaite1) Une femme divine2) Le fantasme de Pygmalion3) La preuve de la flamme du narrateur pour Théophé toujours pas éteinte Une altération sentimentale : ambivalence hypocrite d’un narrateur antithéiste 1) Le désir d’Elle cachant celui du Moi : libido dominandi2) Un mensonge semi-conscient : peur de l’inceste3) Un narrateur opaque : Est-il dupe de ses sentiments ou est-ce une habile manœuvre pour duper le lecteur ?Qu’en pensez-vous ? Est-il logique, clair ?Auriez-vous des conseils/corrections à proposer ?Merci d’avance,Cordialement,Arthurrr.
Abbé Prévost, Histoire d’une Grecque moderne - Plus je m’attachai à ces réflexions…
3 réponses
Bonsoir Arthurr,
C’est un bon plan mais je te proposerais trois corrections :
1) Une femme divine me paraît exagérée, je dirais plutôt accomplie. Mais peut-être veux-tu faire allusion à la racine théos dans Théophé ?Une altération sentimentale : ambivalence hypocrite d’un narrateur antithéiste (sur quels éléments te fondes-tu pour affirmer cela ?)3) Un narrateur opaque : Est-il dupe de ses sentiments ou est-ce une habile manœuvre pour duper le lecteur ? L’affirmation qui suit contredit cette hypothèse : "Je m’arrêtai à la moitié de cette réflexion, comme effrayé de l’avidité avec laquelle mon cœur semblait s’y prêter"Bonjour Jean-Luc,
Merci pour cette réponse !



