Bonsoir,En niveau licence de littérature, je recherche des pistes sur un sujet de composition de 1984 proposé par mon professeur:"En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poèmel’émeut, mais le laisse en lui-même et plus intensément lui-même." (Pierre Reverdy)En somme, j’ai bien compris que la poésie permet l’émotion et la découverte de soi en renouvelant un contact sensible, par l’intermédiaire de sonorités par exemple… Cependant, je bloque un peu sur le plan de la thèse de cette première partie de ma composition…Pouvez-vous m’éclairer ? Pensez-vous qu’il soit judicieux de mettre une sous-partie sur les sonorités et rythmes ou est-elle trop "simple et vague" ?Merci d’avance !
En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poème…
11 réponses
Bonsoir NSAX,
Il me semble que ce sujet définit la poésie comme un lyrisme personnel qui permet au lecteur de communier intensément avec l’auteur.
Pour ta thèse, déjà j’explorerais la piste proposée par Hugo dans la préface de son recueil de poèmes, Les Contemplations (1856) : « Ah ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! Insensé qui croit que je ne suis pas toi ! »
La poésie comme miroir, comme langue universelle, à la différence du roman qui renvoie à un monde extérieur, la poésie invite à l’intériorisation.
Travailler sur la musicalité en tant que telle ne me paraît pas une bonne idée car elle peut être au service d’autres finalités comme dans l’épopée ou la poésie descriptive… Par contre j’étudierais les conditions à remplir pour que le lyrisme soit communion, et là la musicalité (une certaine musicalité) a son rôle à jouer. Dans ces conditions, les figures d’image sont importantes. Demande-toi si le surréalisme peut justement créer facilement cette connivence. De même est-ce que le regard nouveau de la modernité est une invitation à intérioriser ?
Bonjour,
Comme le dit Jean-Luc, l’objet de la dissertation ici me semble être la distinction entre l’approche par le lecteur du roman et de la poésie. Selon Reverdy, dans le roman fonctionne le principe d’identification du lecteur en un personnage. En revanche, en poésie, le lecteur reste la personne qu’il est, et c’est donc avec une distanciation qu’il approche le texte poétique, dans une bien plus grande mesure qu’il n’approche le roman. Plus encore, le texte poétique renforce le sentiment pour le lecteur d’être lui-même.
Sur les différentes positions que peut adopter le lecteur face à un texte, je te conseille de t’intéresser aux instances lectrices proposées par Michel Picard : Le liseur, le lu et le lectant.
je te conseille de t’intéresser aux instances lectrices proposées par Michel Picard : Le liseur, le lu et le lectant.
Le lectant ! Bon sang, quelle misère que d’en être réduit à faire une licence de lettres !
Pourquoi donc, Laoshi ?
Eh bien, je parlais pour moi, c’est tout. Je n’aimerais pas me farcir (pardonne-moi le ton relâché) les essais de Monsieur Picard sur la lecture.
Désolée pour ce mouvement d’humeur.
Pas de soucis, j’aimerais justement comprendre : ses théories sont contestées dans le milieu littéraire ? Si il s’agit de la dimension psychanalytique qui se cache derrière, alors je comprends sans soucis. Cependant, il me semble que ça ne concerne qu’une petite partie de son travail, et le reste n’est pas forcément à jeter. Je ne savais pas que l’ensemble de sa théorie était remise en cause (en tout cas, en effet, en licence de lettres, mes professeurs allaient plutôt dans le sens de ses propos).
Pas de souci.
Il ne s’agit pas de la validité ou non des thèses ou des théories de cet universitaire, suffisamment reconnu je crois. Simplement la prose dont tu me parles est tout simplement illisible pour moi. S’il vous faut la lire, et si vous le pouvez, lisez, faites confiance à vos professeurs ! (et un peu aussi à vous- mêmes. Pour ma part, je n’ai plus à le faire et j’en suis satisfaite.
D’accord, je comprends mieux.
Merci pour vos pistes ! Pouvez-vous m’aiguiller pour mes trois sous-parties:j’ai pensé à pointer l’axe du caractère universel de la poésie puisque le poète parle pour l’ensemble des lecteurs, pourquoi ?1- la poésie loin des instances narratives du récit : peu de personnages, pas de poète caractérisé qui dépendrait de l’intermédiaire d’un autre= donc rupture avec l’identification aux personnages comme dans le roman2- la poésie laisse le lecteur lui-même en adoptant un partage des émotions universelles au sein d’un langage poétique reflétant la sensibilité humaine où chaque mot est travaillé (sonorité, rythme, néologismes…)= la versification permet de ne pas avoir un langage transparent comme dans le roman pour faciliter l’identification aux personnages = l’émotion du lecteur se trouve dans la forme 3- ??? je n’arrive pas à formuler une troisième sous-partie suffisamment cohérente… je bloque un peu sur les arguments d’une troisième sous-partie, qu’en pensez-vous ? Qu’en pensez-vous ?
Pouvez-vous m’aiguiller pour mes sous-parties ?



